Grand Bundahiè, A. M. G., XXII
nous permettent de rechercher la valeur qu'accordait le mazdéisme à la personnalité, en nous fondant sur l'appréciation des péchés à l'égard du prochain. A la fin du fargard 18 du Yendîdâd dont nous avons déjà parlé, sont énumérés quatre péchés graves. Le dernier, la négligence à porter les insignes de la religion, ne comporte pas d'expiation. Deux autres sont des infractions aux prescriptions de la pureté : uriner sur le devant du pied et ejicere semen pendant le sommeil. Us peuvent être lavés par la lecture de trois Âhuna Vairya, de deux bumatan^m, de trois huxâathrôtemài, par la récitation chantée de l'Ahuna Yairya et encore par la récita* tion de la formule finale le YèAhè hàt^m. Le premier de ces quatre péchés se rapporte au prochain, c'est le refus de donner assistance au pauvre qui en a besoin. Même celui-ci peut se faire pardonner, non au moyen de prières, de sacrifices et de cérémonies, mais par des dons aux pauvres. Ce chapitre du Vendldâd donne la clef de la classification des péchés établie par la théologie pehlvie, en péché hamêmâl et péché rûbântk. Le principe s'est obscurci en ce sens que des péchés qui n'ont pas de lien entre eux sont désignés sous Tune et sous ou l'autre rubrique; visiblement Y hamêmâl, à la différence du rûbânik, désigne les péchés à l'égard d'autres personnes. Vinds-î-hamêmâlân signifie le « péché contre des adversaires ». Ces péchés doivent être liquidés avec la personne à qui Ton a fait tort, avant que le prêtre ne s'en occupe. Aussi longtemps que la réparation n'est pas faite, l'offensé est regardé comme « adversaire» * ou « accusateur ». Dans le cas où le coupable mourrait avant la réparation, il devrait s'arrêter au pont Cinvat et être tourmenté jusqu'à ce qu'arrive son adversaire et que la faute puisse être expiée. La calomnie, le viol et l'adultère sont des péchés hamêmâl. Il n'y a d'autres réparations pour ceux-là que d'obtenir le pardon de la victime calomniée ou de renoncer à l'objet de sa convoitise *.