Comparez Saint Matthieu
2. Saddar, 63, 11 ; 42, 3 s: comparez West, P. T., I, p. 300, note 3. Voir cependant èdyast, 8, 14.
Quant aux châtiments en ce monde, l'Àvesta ultérieur en a dressé une table des plus détaillées; les chantres des Gftlhas n'en disent rien, à supposer qu'ils en aient eu connaissance.
Pour la rétribution future, l'Avesta se contentait de deux endroits, le paradis et l'enfer.
c) Les effets de la proportion exacte établie par le moralisme
entre le péché et la punition.
1° Au ciel et A l'enfer de l'Avesta vient s'ajouter le hamîstakàn —Dans les hymnes gàthiques, le ciel et l'enfer sont posés l'un en face de l'autre et les fidèles sont opposés aux impies ; à peine est-il fait peut-être une allusion aux incertains, à ceux qui ne sont ni bons, ni méchants ( Yasna, 33, 1). Le fragment du Hàtôxt-Nask et plusieurs passages de notre Avesta parlent des quatre demeures du ciel et de l'enfer ; d'un côté, les paradis « bien pensé », « bien parlé », « bien fait », humât a, hûxta et hvaréta et la maison du Seigneur, de l'autre : les enfers « mal pensé », « mal parlé » , « mal fait », dusmata, duiûxta,
duivaréta et la maison d'AAra Mainyu. Mais ces différents endroits ne comportent pas différents degrés de récompenses ou de châtiments. Ce sont simplement des lieux par où l'âme pénètre près de Dieu ou près du diable. Bientôt après l'époque où l'Avesta a été composé, ce qui peut s'étendre jusqu'à la fixation du canon mazdéen, sous àâhpûhr I er , 251-272 après J.-C, le moralisme introduisit dans le mazdéisme, comme ailleurs, une multitude de degrés dans la rétribution après la mort.
D'abord s'ouvrit entre le ciel et l'enfer un espace dont la représentation n'avait pas été suggérée par la contemplation de la nature, mais était née du système de morale des théologiens : la station intermédiaire, hamlstakàn. Quand l'auteur de l'Artâ-Vlrâf Nàmak,dans le chapitre 6, parle des trois sraoàôcarana qui déterminent l'entrée du défunt dans le ciel ou l'enfer, suivant qu'il s'agit d'un excédent des bonnes actions sur les mauvaises, ou d'un excédent des mauvaises actions sur les bonnes, et qu'il désigne un autre sort, celui d'hamlstakân, pour ceux chez lesquels la différence entre le bien et le mal est moins grande, il appelle en témoignage un texte de
l'Avesta aujourd'hui perdu. Mais les passages de l'Avesta ft qu'il relaie sont Irop insignifiants pour que nous puissions en déduire ce qu'il y a d'ave s tique dans celte doctrine. De ce que le livre d'Artà-Vîrâf a cité à propos du lieu intermédiaire, ces trois mots de l'Avesta ham yd saiti, M. Rolh ' a conclu que les théologiens pehlvis avaient formé le nom du lieu intermédiaire d'après un vers des Gàlhas (Yasna y 33, 1), qui contient les mots cités dans leur forme plus exacte en un seul mot composé : hêmdmyâsaitc *, « ils viennent ensemble » ou « viennent d'accord » ou « sont ensemble » \ Le verset gàthique signifie que les actions commandées par le conducteur spirituel, le ratu, sont recommandées aussi bien aux impies qu'aux hommes pieux et à ceux chez lesquels le faux ' el le juste viennent ensemble, à moins qu'il ne faille traduire : « sont égaux»*. L'auteur de la Gàlha Ahuna Vaiti, lorsqu'il écrivait ces mots 7 , ne connaissait pas plus le lieu intermédiaire que Paul ne connaissait le purgatoire quand il écrivit I Corinthiens, 3, 15. Dans l'un et l'autre cas la théologie postérieure a mis dans les mots quelque chose de plus que ce qu'il» contiennent eux-mêmes. Aucun des écrits pehlvis ne semble ignorer le lieu intermédiaire. Même lorsque le Dinkart rend compte de la traduction pehlvie des Nasks, livres perdus de l'Avesta sassanide, il nomme au moins trois fois le hamisiakdn, VIII, 14, 8 ; IX, 15, 4; 60, 40. Mais cela ne prouve pas que le texte avestique lui-même le connût.
t . Voir Annales du Musée Guimet, XXIV, 47 s.
2. Zeitschrift der deutschen morgenlaendischen Gesellschaft, 1883, 227.
3. Bartholomae veut rayer ydsaite. Dans Bezzenberger, Beitraege, XIV, 246, note i. — Quelques manuscrits ont : hdmyûsaite.
4. E. W. West traduit tomydsaile : « alike prevails », Zarathushtra's doctrine reyarding the soûl, dans The Journal of the Royal Asiatic Society, 1899, juin, p. 610.