‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 78 sur 242 · John Dunn, History of the Oregon territory, p · texte numérisé non relu

John Dunn, History of the Oregon territory, p

chez les Indiens de la Virginie, pour qui d'après Heriot, les bons demeurent en bonheur auprès des dieux, tandis que les méchants sont précipités dans le Popogusso, trou profond, tandis que John Smith, au commencement du xvn e siècle, ne trouvait chez eux que la simple doctrine de la continuation * ; où. chez les Todas, qui, d'après Breeks \ appellent le ciel amunâd, et l'enfer pûférigén 9 . Il est vrai que Ton ne peut attribuer une origine sanscrite à ces deux mots. Mais les notions qu'ils désignent sont évidemment des emprunts brahmaniques \

La doctrine de la rétribution importée d'une religion supérieure peut avoir eu un eiïet considérable sans se trahir par des expressions, ni par des reproductions de son ciel et de son enfer. D'ailleurs il n'y a pas lieu de rechercher ici quel est le nombre des peuples qui sont parvenus d'eux-mêmes à l'idée de la rétribution après la mort, il nous suffit de bien établir que quelques-uns y sont véritablement arrivés.

Il est vrai, comme l'a observé M.Jean Réville, que dans quelques-uns des cas que nous allons relater, il ne s'agit pas de rétribution proprement dite ; il y a seulement une corrélation entre la vie future et la vie terrestre en tant que Ton doit s'y préparer. Les moyens nous font souvent défaut pour savoir au juste où se trouve l'idée d'un juge divin et où elle n'est pas. En tout cas tous ces exemples ne relèvent pas de notre premier chapitre, étant donnée l'influence très marquée exercée sur le sort futur par le caractère religieux de l'homme dans cette vie. La vie future apparaît ici comme un motif de la piété.

i. R. Steinmelz, Continuitât oder Lohn und Strafe im Jenseits der Wilclen, dans lntern. Archiv fur Anthropologie, XXIV, p. 594.

2. James Wilkinson Breeks, An account of the primitive tribes and monuments of the NilagifiSj p. 28.

3. Les morts doivent passer une rivière sur un pont formé d'une ficelle. S'ils tombent, ils vont à pûférigén. M. Breeks lui-même dérive pûférigén de « pûf, sang-sue; éri> place; gén, eau ». Il cite le docteur Pope, p. 28, note 4, qui dit que pûf désigne un insecte, probablement correspondant à vieux-kanarese : purlu .

4. Comparez ci-dessus p. 34 s. Chez les Todas, le péché est appelé : karma; au sacrifice funéraire on répète la formule: karma odi pond; « que le péché s'en aille », etc. Breeks, /. c, p. 23.

Si l'homme n'accomplit pas les actes prescrits par la religion, mal lui en prend au-delà de la mort. Même si l'idée d'un rémunérateur et d'une rétribution n'est pas encore nettement exprimée, la vie future a déjà dans tous ces cas quitté le domaine de la pure philosophie animiste pour celui de la religion et de la morale ; la continuation devient une rétribution.

Les Australiens n'ont pas grande réputation de culture. Le conteur de M me Parker 1 raconte qu'Eerin, un indigène, a été mis dans le cercueil et porté dans la tombe. « Une plainte s'éleva de toute l'assemblée, la sombre lamentation de la tribu montait et descendait comme une vague. Alors se leva un vieux wirreenun, qui parla et leur dit que là où était Eerin, ils iraient un jour. Il leur fallait, à cet effet, observer les lois de Byamee pour que, lorsque leur esprit viendrait à Bullimah, le pays du repos, il leur donnât la permission d'y rester et de s'y promener selon leur désir, afin de ne pas être envoyés à Eleànbah Wundah, la demeure du méchant». Dans l'Océanie, la rétribution est dans plusieurs lieux. Le manquement à un tabou, commandement de sainteté, ou une négligence dans les rites de dévotion, vous exclut du Langi, le ciel des insulaires de l'île Futuna et de la récompense que ceux des fies Marquises attendent au-delà de la mort. Les Fidjiens et les habitants des tles Gilbert, etc., croyaient qu'il leur fallait être tatoués, ceux de Bugotu, dans l'île Isabelle, qu'il fallait avoir l'image de l'oiseau-frégate sur la main pour faire un heureux voyage après la mort. Dans les Nouvelles-Hébrides, il fallait avoir planté l'arbre Emba (Pandanas), pour ne pas être dévoré dans l'autre monde *. Le paradis, pour les Taîtiens, est réservé aux membres de la grande association religieuse, les areois*. Nous avons vu de quelle façon particulière la doctrine de la rétribution a été développée chez les Karens de la Birmanie. Il faut joindre à ces peuples plusieurs tribus de l'Amérique, peut-être les Tupinambas et les Isannas au Brésil et les Caraïbes de l'Amérique centrale, maintenant disparus,

i. More Australian legendary taies, p. 93 ss.

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