‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 81 sur 242 · L. Marillier, l. c, p · texte numérisé non relu

L. Marillier, l. c, p

2. E. Buckley, dans Chantepie de la Saussaye, Lehrbuch der Religionsgeschichte, 2* éd., I, p. 48 s.

Le plus important des livres sacrés du taoïsme traite de la causalité : la rétribution suit l'acte comme l'ombre suit le corps. Au contraire de la vieille religion des Chinois, le sinisme, et du confucianisme, le taoïsme enseigne la récompense après la mort. La punition des mauvaises actions ne retombe pas sur le coupable dans la vie à venir, mais sur ses descendants, ses fils et ses filles. C'est le bouddhisme qui a développé cet embryon de doctrine par son enfer et son purgatoire grossiers.

Chez les Sémites. — Seuls, les Israélites parmi les Sémites, ont donné une véritable théorie du châtiment et de la récompense après la mort. Mais ce ne fut qu'aux derniers siècles avant J.-C.

Chez les Chaldéens, la puissance qu'avaient les dieux et les déesses du soleil de rendre la vie aux morts, mubaIlifu-fnUi 9 ne contient pas plus l'idée de la rétribution que ne l'implique le divin séjour de Nimrod ou de SU-Napistim et de son épouse dans le champ des bienheureux au-delà des sombres eaux de l'Océan 1 . En opposition avec leurs parents de l'ouest, les Chaldéens, chez qui la conception de la nature procède peutêtre d'un peuple d'autre race, avaient imaginé une terre des morts bien loin des tombes, une terre où ils vivaient avec le soleil et la lune dans leur mystérieuse demeure par delà l'horizon. Mais ce séjour ne fut jamais un lieu de récompense. Les morts emportaient la sombre vie de la tombe dans le séjour des dieux de la lumière. Mais cette existence de la tombe, quelque sombre quelle fût, n'était pas un châtiment. En Israël, dans les anciens temps, larécompense de lapiétéest accordée surla terre; elle consiste en une longue vie et une nombreuse postérité, la punition divine s'arrête à la tombe; de même chez les Chaldéens, M. Jeremias nous fait connaître une formule de malédiction' qui comprend « l'extirpation du nom, la destruction de la race, la fin de la vie dans la misère et dans la famine, le rejet du cadavre et la privation de sépulture ». Mais si le mort qui n'avait point eu de funérailles errait sans repos, ce n'était pas

1. Fr. Jeremias, Die babylonisch-assyrischen Vorsteliungen vom Leben nach dem Tode, p. 81 ss.

uu chàlimcnl de Dieu ; c'était une conséquence delà conduite des survivants, et les morts ne manquaient pas d'en rendre ceux-ci responsables.

Chez les Égyptiens. — Doit-on compter les Égyptiens parmi les races sémitiques? M. Yodskov dans son remarquable ouvrage : Sjaeledyrkelse og NaturdyrAelse, p. lxxxvh s., rattache l'observation de Benfey et de ses disciples sur la parenté entre les langues sémitiques et les langues de l'Afrique septentrionale à l'unité ethnographique du continent africain préconisée surtout par R. Hartmann ; il en tire la conclusion que les Egyptiens et avec eux les populations africaines sont les parents des Sémites. Quoi qu'il en soit, les Égyptiens ont eu sur la vie future des idées particulières. On trouve incontestablement la doctrine de la rétribution à venir dès les anciens textes thébains 1 . Ce n'est pas dans les représentations propres au culte de R&, le dieu de l'ingénieuse théologie du soleil, mais plutôt dans celles relativesà Osiris, l'ancien, le populaire dieu des morts, que la nécessité de pureté et de justice (ma) pour avoir part à l'autre vie est le plus clairement énoncée et que cette justice revêt surtout un sens moral 1 . Déjà dans le jugement d'Ani >, celui-ci dit à Osiris : « Seigneur d'Amenti, je m'approche de toi. Il n'y a pas de péché en moi, je n'ai pas menti à ma connaissance ou rien fait avec un cœur faux. Permets que je sois pareil aux favorisés qui se trouvent autour de toi, que je devienne un Osiris, très favorisé du dieu beau, et aimé du Seigneur du monde \ » La réponse d'Osiris n'est jamais rendue ; on ne pense pas qu'elle pût contenir autre chose qu'un consentement. Dans les anciens exemplaires du Livre des Morts, il n'y a pas de descriptions du jugement après la mort; mais à partir de la XVIII dynastie, on représente le pesage de rame*.

1. C. P. Tiele, Geschiedenis van den Godsdicnst in de Oudheid % I, p. 56.

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