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Les formes de la rétribution future

Nous arrivons à la question des lieux et des formes de la rétribution future. Partout où les défunts ont déjà trouvé le chemin du séjour du soleil et de la lune, ces demeures de lumière deviennent le séjour de la récompense des fidèles. Ailleurs des lieux mythiques conçus en relation avec la course du soleil, sans être en aucune façon un royaume des morts,

131 ; C. P. Tiele, Inleiding tôt de Godsdienswetenschap, II, 97; À. Dièterich, Nekyia, 202-210, etc.

comme les Champs Elysée s, servirent comme lieux de récompense des fidèles. La lumière est le séjour des dieux et des bienheureux, mais le mot lumière est pris aussi bien dans un sens spirituel que dans un sens matériel. L'intérêt pour le lieu et pour son emplacement dans l'univers s'évanouit peu à peu pour faire place à la préoccupation d'être avec Dieu. L'Aalou des Égyptiens nous fournit un exemple d'un paradis sans lien originaire avec la lumière ou la représentation du ciel. Ailleurs le royaume des morts est partagé. Déjà chezÊzéchiel, 32, 27 ( , paraît une certaine différence dans la condition des morts dans la tombe même : quelques-uns des héros tués incirconcis sont descendus au sépulcre avec leurs armes de guerre, leurs épées sous la tôte. Mais il n'est pas permis au peuple de l'Egypte et à d'autres incirconcis d'être couchés avec ces héros-là ; leur ignominie 1 les suit dans la fosse, leurs iniquités sont sur leurs ossements, car ils avaient répandu la terreur dans le pays des vivants. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'on a développé ces germes de la doctrine de la rétribution immédiatement après la mort ; il n'y en a pas de témoignage écrit avant la partie la plus ancienne du Livre d'Iiénoch», écrite à peu près un siècle avant J.-C. Dans le pays souterrain, les morts sont répartis en justes et en pécheurs et attendent le jugement sous différentes conditions f chapitre 22). Tous les morts sont rassemblés là. « Ces endroits creux où tous les esprits des âmes des morts sont réunis ont été créés afin que toutes les âmes des enfants des hommes y soient rassemblées » (22, 3). Ils y vont rester « pendant une longue période » jusqu'au jugement. Il y a trois endroits, l'un pour les âmes des justes, un second pour les impies qui n'ont pas été punis pendant la vie, et sur qui la vengeance s'appesantira à la résurrection, un enfin pour ceux qui déjà dans la vie ont été punis, « lorsqu'ils furent frappés dans les jours

1. A. Bertholet, Die isr. Vorstellungen vom Zustanl nach dem Tode, p. 20.

2. Leur ignonimie consiste dans le fait qu'ils descendent dans la fosse en tant que a^SlV, incirconcis, v. 24 et non en tant que aniaSi, héros, v. 27. A. Bertholet, Dos Buch Hesckicl, dans Kurztr Handcommentar zum Alten Testament.

3. E. Stave, Ueberdcn Einfluss des Pamismus auf dasJudenlum, p. 192.

des pécheurs... Leurs âmes ne seront pas frappées au jour du jugement ni ne seront-elles élevées de l'endroit où elles se trouvent 1 . » Pindare, qui développait ses propres opinions sur la vie future, punit les méchants dans « le profond Tartare, où les fleuves lents delà sombre nuit vomissent des ténèbres sans Pin ». Il envoie les hommes pieux au bonheur dans le royaume des morts, dans l'Uadès, où ils jouissent d'une noble oisivité sur des prés fleuris, jusqu'à ce qu'ils naissent de nouveau, et enfin quand leurs fautes sont expiées, leurs âmes parviennent à« l'île des bienheureux » loin dans l'Océan, où elles vivront éternellement heureuses sous le gouvernement de Kronos» de Rhadamanlhe et des anciens héros *.

Le lieu du châtiment, c'est tantôt une partie de la vie de la tombe comme chez Hénoch et chez Luc et, à l'état de germe, chez Homère, tantôt le pays de la tombe tont entier ; le sombre caractère de la tombe convenait bien à cette destination. Ainsi, par exemple, chez les anciens Indiens du Massachusetts 1 . Dans l'Inde on peut entrevoir comment la tombe est devenue un lieu de tourment. « L'étroit et sombre trou », « le noir puits » des textes védiques signifient bien dans les plus anciens hymnes la tombe \ jusqu'à ce que fût venue l'idée de l'enfer. En tous cas, la conception d'un enfer se trouve sans doute déjà dans le Rigvéda \

Les pérégrinations de Pâme privée de la paix du tombeau sont aussi regardées comme un châtiment, de même que leurs migrations dans d'autres existences terrestres, dans le corps des animaux et des hommes, quand ces migrations n'étaient pas considérées comme une purification pour l'homme pieux. Ce châtiment : la renaissance à une nouvelle vie, est caractéristique des religions supérieures de l'Inde et de la Grèce, telles que le bouddhisme, Je socratisme et d'autres, religions ou systèmes qui ont méprisé la vie terrestre, corporelle. La

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