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STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES ÉLÉMENTS NERVEUX

Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses représentent une sorte de sac e. institue par une niciiil)rauc. d'enveloppe rcniplio de gninulatiuns dans lesquelles se trouve un noyau, constitue liii-nième par une masse granuleuse contenant un ou plusieurs petits noyaux et entoiuec d'une membrane.

Les cellules nerveuses ne sont pas isolées. Elles envoient dans diverses directions des prolongements qui se continuent avec d'autres cellules ou avec des tubes nerveux. On a longtemps ignoré l'existence de ces prolongements h cause de la difficulté de les apercevoir au microscope en raison de leur fragilité et de leur transparence. Ils sont constitués uniquement, en eflet, par un filament central, transparent comme un fil de verre, qui se trouve, ainsi que nous le verrons plus loin, au centre des tubes nerveux. Ce n'est qu'à une certaine distance de la cellule que ce filament se revêt des parties qui le recouvrent habituellement dans les tubes nerveux.

Suivant le nombre de leurs prolongements, les cellules nerveuses ont été divisées en cellules bipolaires et en cellules midf'qioloire». Les cellules dites apolaires, c'est-àdire sans prolongements, ne sont j)lus admises par la majorité des anatomistes.

Ce sont les cellules nerveuses qui, ainsi que nous l'avons déjà dit, constituent par leur réunion la partie superficielle du cerveau, colle que les anatomistes ont désignée sous le nom de mibstance ijntse.

Fibres nerveuses. — Les fibres nerveuses ou tubes nerveux sont constitués ohc/. l'animal vivant par de petits cylindres réguliers, transparents, homogènes. Traités par des réactifs convenables, ils laissent distinguer trois parties : 1° une envelo2>pe très-mince, 2° une couche nommée moelle nerveuse ou myéline, 3o un filament central nommé cylindre de l'axe ou cylinder axis. C'est ce filament central qui est la partie la plus essentielle du nerf, car on ne le voit jamais disparaître alors que la moelle d'abord et, d'après beaucoup d'observateurs, l'enveloppe aussi disparaissent dans divci'ses régions.

l^'enreloppe du tube nerveux ou gaine de Sclnvanu est une membrane tres-mince, transparente, de nature conjonctive ; on n'est pas encore parvenu à démontrer son existence dans tous les points du système nerveux, et pour beaucoup d'observateurs elle manquerait dans les tubes qui entrent dans la constitution de la moelle épinierc et du cerveau. C'est en tout cas à un amincissement considérable de cette enveloppe que seraient dues la souplesse et la mollesse extrêmes du tissu nerveux de ces régions. Par ses réactions chimiques, elle se rapproche beaucoup de l'enveloppe des fibres musculaires.

La viij>'/tne ou moelle des neri's est une masse homogène demi-liquide et trausp.-irente quand on rexaraine sur un tube nerveux qui vient d'être séparé de l'animal vivant mais après la mort elle se coagule et se sépare en grumeaux. Elle est composée de matières grasses combinées avec un principe protéique. On la considère généralement comme destinée à isoler le cylindre-axe et, par suite, les courants qui le traversent. Les nerfs qui en sont dépourvus ont un aspect gélatineux et une couleur o-risâtre. Dans les nerfs de l'axe cérébro-spinal, ce sont les tubes riches en myéline qui prédominent. Ce sont, au contraire, les tubes pauvres en myéline, ou n'en contenant pas, qui prédominent dans le grand sympathique. Elle est plus abondante dans les tubes des nerfs moteurs que dans ceux des nerfs sensitifs. Jusqu'au 5^ mois de la vie fœtale, les nerfs de l'embryon en sont privés. Elle manque complètement chez les animaux sans vertèbres.

Le filament central du nerf ou cylindre-axe est une sorte de fil diaphane élastique, transparent comme du cristal. Il se sépare en fines granulations après la mort. Jusqu'en 1838, époque h laquelle Eemack le découvrit, son existence resta ignorée. On le considère aujourd'luxi comme l'élément essentiel des nerfs vivants. C'est la

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Fig. 259. — Cellules et fibres nerveuses du, cervelet. (On voit entre les cellules et Ks fibres la matière granuleuse qui les unit.)

seule partie qu'en effet on voie persister toujours; lorsque, sous des influences morbides, la myéline disparaît, le pouvoir fonctionnel du nerf, bien qu'amoindri, subsiste encore.

Le filament central se compose d'une matière protéique analogue par quelquesunes de ses propriétés à la substance essentielle des muscles. D'après quelques auatomistes, on pourrait apercevoir à sa surface des stries longitudinales et il serait décomposable en fibrilles élémentaires. Suivant Fromann et Grandry, lorsqu'on le traite par le nitrate d'argent, il se recouvre de stries transversales comparables à celles des fibrilles musculaires, dont il se rapproche du reste par divers caractères. Selon le dernier de ces auteurs, le cyliudi'c de l'axe serait formé de disques superposés et séparés par une substance n'ayant pas les mêmes propriétés que les disques eux-mêmes. En résumé, la structure des fibres nerveux est, comme on le voit, assez compliquée.

Ce sont les tubes nerveux accolés les uns aux autres et réunis par des éléments du tissu conjonctif qui forment la substance blanche des centres nerveux. Ce sont eux aussi qui, par leur réunion, constituent les cordons nommés nerfs. Pour former ces derniers, les tubes nerveux se réunissent d'abord en petits faisceaux entourés d'une membrane, et ces petits faisceaux primitifs, analogues aux faisceaux musculaires primitifs, se groupent bientôt en d'autres faisceaux reliés entre eux par une enveloppe de tissu fibreux nommée névrilème, qui constitue l'enveloppe commune du

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ccrdoii norvcux. Cette enveloppe se comporte k rcgiird des fuisccaux piimitils dos tubes ncivuux comme reiivcloppo des muscles h l'egurd des faisceaux 411! lus constituent. On voit naître de sa face interne des cloisons qui pénJ-trent entre les faisceaux nerveux et se subdivisent de plus en plus pour recouvrir Ics'divers faisceaux jus(|u'aux faisceaux primitifs.

Sur la surface du nevrilème cheminent des vaisseaux et des nerfs très-nombreux. Ces derniers, découverts par Sappey en 18G7, sont aux nerfs que le u.^vriR-me recouvre ce que les raso rnsorum sont aux vaisseaux.

Le diamètre des tubes nerveux est extrêmement minime, i.es plus petits ont 3 millièmes de millimètre de diamètre; les plus gros 1 centième do millimètre. On voit par ces chiffres quelle prodigieuse quantité de ces tubes doit entrer dans la constitution des nerfs d'un certain volume.

Les nerfs qui forment les tubes nerveux par leur reunion s'anastomosent frequemnient entre eux et constituent souvent des réseaux très-compliqués ; mais les filets nerveux s'adossent sans se continuer connue les vaisseaux l'un dans l'autre. L'ne pareille continuité aurait eu, du reste, pour résultat de troubler profondément les phénomènes de l'innervation, les nerfs moteurs ayant des fonctions tout à fait différentes de celles des nerfs sensitifs. Les tubes nerveux ont, en réalité, dans toute l'étendue de leur parcours une complète indépendance. Leurs anastomoses se fout uniquement par l'intermédiaire de leur envelop])c.

Indépendamment des fibres nerveuses qui viennent d'être décrites, il existe dans le grand sympathique des éléments nommés >6res^mes oryaniqucs,Jîbres de BemarL-, fbres gélatineuses, considérées généralement comme des fibres nerveuses à l'état embryonnaire. Elles ne diffèrent des fibres nerveuses ordinaires que par l'absence de myéline. Elles sont parsemées de noyaux à leur surface. Leur diamètre ne dépasse guère 2 millièmes de millimètre.

Origine et terminaison des tubes nerveux. — Un tube nerveux a toujours pour origine une eelliih; nerveuse, et le niieléulc de la cellule serait, d'après plusieurs observateurs, le point de départ du cylindre-axe. Sa terminaison se fait également par une cellule ou par des corps qui en dérivent.

Les nerfs moteurs se terminent par des plaques eu rapport avec les filnillcs musculaires et les nerfs sensitifs dans des corpuscules divers.

Lorsque le nerf moteur, après des divisions successives, est réduit uniquement à des tubes nerveux, les tubes nerveux se divisent à leur tour. Lorsqu'ils sont arrivés au faisceau musculaire où ils doivent se terminer, leur enveloppe externe s'étale sur la fibre musculaire et se confond avec le sarcolemme. La substance médullaire disl^araît, et le cylindre-axe seul pénètre sous le sarcolemme, où il s'épanouit sous la forme d'une plaque de substance granuleuse. Dans les fibres musculaires lisses, leur terminaison, du reste très-mal connue, semble se faire par un renflenient punctiforme qui se perdrait dans l'intérieur des fibres.

^ Les nerfs sensitifs se terminent par des extrémités libres luunies d'appareils spéciaux ayant reçu des noms divers {corpuscules du tact et corpuscules de Krause),inais qui ne diffèrent guère entre eux que par leurs dimensions et par leur développement plus ou moins avancé. On les a considérés comme des appareils de renforcement pour les impressions que subissent les extrémités nerveuses. Ils sont constitués par 1 enroulement des tubes nerveux privés de myéline sur eux-mêmes. Leur extrémité' est renflée et granuleuse, et c'est autour de ce renflement que s'enroule le tube nerveux. Le corpuscule entier ressemble, suivant Rouget, à nu peloton de fil dont l'extrémité renflée servirait de support au fil enroulé.

Il existe encore un autre mode de terminaison des nerfs sensitifs. Ce sont les cor-

piiscules de Facini, petits corps de 1 à 3 millimètres de longueur, qu'on trouve sur le trajet des nerfs collatéraux des doigts et des orteils. Ils sont constitue's par luie coque formée de lamelles de tissu conjonctif (périiièvre d'uprès Robin). Cette coque contient une masse demi-liquide, niée par divers ol)scrvatcurs, au centre de laquelle le cylindre-axe se termine par un renflement.

Les nerfs des sensations spéciales, comme le uerf optique et le nerf acoustique, présentent des terminaisons particulières que nous avons décrites en étudiant les organes des sens.

Quant au mode de terminaison des nerfs du grand sympathique, il est trop mal connu encore p(jur pouvoir être convenablement décrit.

Enveloppes du système nerveux. Les centres nerveux sont constitués, comme nous l'avons vu, par un axe vertical, la moelle épinière, surmontée d'une partie renflée, le cerveau.

La moelle épinière occupe le canal rachidien, c'est-à-dire la cavité qui se trouve au centre des vertèbres. Le cerveau remplit la cavité du crâne.

Ces surfaces osseuses constituent au système nerveux une première enveloppe extérieure qui le protège puis.samment et que sa structure délicate rendait nécessaire.

Outre l'enveloppe précédente, les centres nerveux sont entourés par trois membranes protectrices nommées méninges , et par le liquide céphalo-racbidien, probablement sécrété par la pie-mère. Ce dernier leur constitue une couche liquide, au sein de laquelle ils sont comme immergés. Bien que sa quantité ne dépasse pas 140 grammes, il joue un rôle prolecteur très-efTicace. Aussitôt qu'une grande quantité de sang arrive dans le cerveau, ce qui se produit, par exemple, pendant les contractions du cœur, surtout quand elles sont rapides et énergiques, le liquide céphalo-rachidien s'échappe vers la colonne vertébrale et laisse au cerveau la place nécessaire pour qu'il puisse se dilater. Si l'aftluence de sang diminue, il y a tendance au vide dans le crâne, et le liquide remonte vers le cerveau. Il oscille ainsi perpétuellement du crâne au rachis et du rachis au crâne, pour maintenir une pression uniforme autour des masses nerveuses que ces cavités contiennent.

KLÉMENTS NERVEUX. «19

Los Irois iiu'iiihriiiu'S (jui cincloiipriil les cenlivs nerveux sonl. en promiant de l'cxlérieur à l'iiiléricui' : 1" La duro-invrc, ineinbrano lilnvuso tivs-ivsislante ; 'i" Vaniclmohlr, incmliiane sôrciise; ;V' la iiir-iiirrr. nieiiilMaïK.' cellulcuse sur laquelle se raïuilienl d'innomln'ables vaisseaux.

La (lure-mi'ir tapisse les os du crâne, au périoste du(|ue| elle adhère. Dans le raehis. elle n'adhère pas aux vertèbres, dcjnt elle est séparée par un réseau veineux et une couche graisseuse. Elle se prolonge jus(ju'au coccyx. Sa surface interne est tapissée i)ar raraclmoïde.

La dure-nieie contient dans son épaisseur des canaux nommés sinus veineu.L\ dans lesquels se jettent les vaisseaux (\m reçoivent le sang de l'encéphale.

De la surface interne de la dure-mère parlent des prolongements qui servent à séparei- les diverses parties de l'encéphale. L'un, vertical, la fau.c du cerveau, sépare les deux hémisphères cérébraux. L'autre, horizontal, en forme de croissant, lentedu cervelet, sépare le cerveau du cervelet. Un troisième prolongement, nommé faux du cervelet, sépare verticalement lé cervelet en deux parties.

V arachnoïde , qui forme la seconde enveloppe du système nerveux, est une membrane séreuse, c'est-à-dire un sac sans ouverture, composé de deux feuillets intimement appliqués l'un sur l'autre. Elle est transparente et excessivement mince. L'un de ses feuillets adhère comme un vernis à la surface de la dure-mère ; mais elle n'accompagne pas cette dernière dans les diverses dépressions où elle s'engage. Elle passe connue un pont à leur surface. Le liquide céphalo-rachidien la sépare complètement de la piemère. L'arachnoïde forme une gaine aux nerfs jusqu'au moment oii ils traversent la dure-mère. Elle ne présente aucune trace de vaisseaux.

La pie-mère est une meinbrane cellulo-vasculaire qui recouvre imnK'diatement toute la surface du cerveau et de la moelle épinière; contrairement à l'arachnoïde, elle se prolonge dans toutes les anfractuosités, trous, etc. du cerveau- Elle accompagne les nerfs dans toute la longueur de leur trajet et constitue leur névrilème. Ses vaisseaux sont extrêmement nombreux. On peut la considérer

comme un véritable lacis vasculaire réuni par du tissu cellulaire. D^ns la moelle épinière, la pie-mère devient fibreuse. C'est ii elle que ce centre nerveux doit sa consistance.

Encéphale. L'encéphale est un organe ovoïde qui remplit l'intérieur du crâne. Il est constitué par l'ensemble des parties auxquelles on a donné les noms de cerveau, cervelet, isthme de Vencéplmle et bulhe rachidien.

Fig. 260. .

Coupe verticale de la tête et du cou , destinée à montrer l'encéphale et la moelle épinière*

Le poids de l'encéphale chez l'homme est en moyenne de 1300 grammes, mais il varie suivant les races et les individus. L'encéphale de Cuvier pesait 1831 gr. ; celui de Gromwell 2229 gr.; celui de lord Byron 2238 gr.; mais on n'est pas certain de ces deu\

* I) Moille ép'niere. — 2) Biilbe racliidien. — 3) Protubérance annulaire. — 4) Aibre de vie. — 3) Tente du cervelet et sinus. — G) Veine de Galion. — 7) Corps calleux. — 8) Commissure antérieure du cerveau. — 9) Trigone cérébral. — 10, 11) Cerveau. — 12) Nerf optique. — J3) Corps pituitaire. — 14) Tubercule raamillaire. 13) Quatrième ventricule. — 18) Orifice de la trompe d'Eustache. — 1") Voile du palais. — 18) Os hyoïde. — 19) Muscle géni-hyoïdicn. — 20} Muscle génio-glosse.

derniers poids. Sappcy a Iiounc un iiidisidu clicz lequel cet organe ne pesait que 1000 grammes.

En comparant la ca|)acilé des crânes des races germaniques, des nègres et des Australiens, un naturaliste américain, .M(;rton, a constate (jue si clic/ les derniers elle est représentée par 100, che/ les seconds elle l'est pai I r2 et clic/ les premières par 425.

Le poids de Tencépiiale varie aussi avec l'âge. Les recherches de Hroca ont prouvé que c'est de 30 à liO ans qu'il atteint son maximum pour décroître ensuite. Il est aussi plus lourd chez l'homme que chez la femme, plus lourd aussi chez les gens intelligents (pie chez les idiots. Nous savons, du reste, rpie plus un organe fonctionne, plus il se développe.

Dans un autre chapitre nous examinerons les rapports qui existent entre l'intelligence et le développement du cerveau. Dès à présent nous ferons remarquer que l'anatomie comparée démontre que plus le poids du cerveau est considérable relativement au poids de l'animal, plus ce dernier est élevé dans la série des êtres : d'après Leuret, chez les poissons, le poids de l'encéphale est 1 /oOGS du poids du corps; chez les reptiles l/lo2i; chez les oiseaux 1 212; chez les mammifères i 186. L'homme est de tous les animaux celui chez lequel le poids du cerveau relativement au poids du corps est le plus élevé. L'éléphant, la baleine et le dauphin sont, du reste, les seuls animaux ayant un cerveau plus lourd que celui de l'homme ; mais relativement au poids du corps leur masse cérébrale est très-inférieure à celle de ce dernier. Chez l'éléphant, le cerveau ne représente que 1/500 du poids du corps^ alors qu'il représente 1/47 de ce poids chez l'homme. Chez le bœuf et le cheval, malgré le poids élevé de leur corps, le cerveau ne pèse que 5 à 600 grammes.

La face supérieure de l'encéphale présente des replis nombreux, nommés circonvolutions , qui multiplient sa surface. Nous verrons aussi que le nombre de ces circonvolutions, nulles chez les poissons, les reptiles et les oiseaux, est proportionnel à l'intelligence de l'espèce animale ou de l'individu. C'est dans leurs interstices que circule le liquide céphalo-rachidien.

Quand on divise l'encéphale en tranches verticales, on voit qu'il est constitué par une matière blanche recouverte par une substance

o-rise. La première est composée de fibres nerveuses réunies par une substance granuleuse analogue à celle qui réunit les cellules de la substance grise. La seconde, qui n'a qu'une épaisseur de quelques millimètres, très-variable du reste avec les individus, est constituée, comme nous le savons déjà, par des cellules nerveuses disposées régulièrement le long de la continuité des fibres blanches. Ces cellules sont réunies par une matière finement granuleuse , considérée comme des éléments ner\ eux par les uns. comme une variété de tissu conjonctif par les autres.

Le nombre des cellules cérébrales est considérable. Luys en a compté jusqu'à 70 dans un millimètre carré*.

* Kous allons examiner rapidcmeul les parties qu'on rencontre dans l'ence'phale, en nous bornant à l'indication de celles dont la connaissance est nécessaire pour faire ^jien comprendre la physiologie de cet organe. Cette indication sera comple'te'e par l'étude que nous ferons à la fin de ce chapitre des relations qui existent entre les diverses parties du système nerveux.

Cerveau. — Le ceneau constitue la partie la plus volumineuse de l'encéphale. Sa forme est ovoïde; il est composé de deux parties nommées hémisphères et réunies par des organes médians. Sa face supérieure présente, outre les circonvolutions dont nous avons parlé, une scissure médiane qui reçoit la faux du cerveau. Elle sépare en deux les deux hémisphères d'avant en arrière, et se termine au corps

calleux.

La face inférieure o\\ base du cerveau présente sur laZi^ne médiane des dépressions ou des saillies représentées en partie dans la fig. 262 et qui sont d'avant en arrière: 1" l'extrémité antérieure de la grande scissure mé&iane ; 2° l'extrémité antérieure du corps calleux ; 3° la racine gi-ise des nerfs optiques ; 4° le chiasma des nerfs optiques; 5° le tuber cinereum et la glande pituitaire; 6» les tubercules mamillaires; 7" l'espace interpédonculaire; 8° le bourrelet des corps calleux; 9° la grande fente cérébrale de Bichat.

Sur les parties latérales de la face inférieure du cerveau on voit les lobes antérieurs et postérieurs, séparés par une fente nommée scissure de Sylvius. Sur cette môme face inférieure on trouve aussi l'origine de plusieurs nerfs, mais cette origine n'est qu'apparente; l'origine réelle de tous les nerfs se fait dans la substance grise de la moelle épinière ou dans ses prolongements.

Le cerveau présente dans son intérieur 3 cavités impoi-tantes : l'une, placée sur la lio-ne médiane, ventricule moyen ou troisième ventricule ; les deux autres, ventricules latéraux, placés sur les parties latérales de cette ligne, au-dessus du niveau du précédent. Les derniers, très-volumineux, envoient encore des prolongements en avant et en arrière et à leur partie supéi-ieure. Une cloison horizontale [trrgone cérébral, ou vorite à 3 piliers) sépare le 3e ventricule des deux autres. Une cloison verticale [septuvi lucidum ou cloison transparente^ sépare les ventricules latéraux. Dans l'épaisseur de cette cloison se trouve encore une petite cavité qu'on a nonunée 5^ ventricule.

A l'extrémité postérieure des 3 ventricules existe une petite saillie nommée glande

pinéale, dans laquelle, sans qu'on puisse trop imaginer pourquoi, Descartes avait placé le sie'ge de l'âme.

Les ventricules du cerveau sont recouverts par une sorte de voûte de substance blanche nommée corps calleux, constituée par les fibres qui servent à réunir les deux hémisphères cérébraux. De chaque côté de la cloison verticale dite septum lucidmn, qui sépare les ventricules latéraux, se trouve un noyau de substance nerveuse nommé corjy-s strié, formé de cellules nerveuses, et en arrière du corps strié, de chaque côté du ventricule moyen, une masse gi'osse comme un œuf de pigeon, nommée couche optique, qui est, comme nous le verrons, un centre nerveux dans lequel se jettent

l-"ig. 26:3.1— Coupe médiane et verticale du cerveau et du cervelet, montrant la face interne de {'hémisphère gauche.*

les fibres nerveuses venues des circonvolutions cérébrales, ainsi que celles émanées delà moelle épinière. C'est probablement dans les cellules qui la composent que les sensations sont élaborées avant d'être transmises à la substance grise de» circonvolutions. Elle contient, d'après Luys, 4 noyaux de substances gi"ise, qu'il désigne sovxs les noms de centres olfactif, optiqiie, acoustique et sensitif.

Cervelet. — Le cervelet est la portion de l'encéphale située à la partie postérieure et inférieure du crâne. Il est placé sous le cerveau, avec lequel il se continue

*1) Ceivcau. — 2) Bourrelet du corps calleux. — 3) Trou de Monro. — 4) Corps calleux. — 5) Septum luciduni. — 6) Trigone cérébral. — 7) Commissure grise. — 8) Commissure blanclie postérieure. - 8') Glande pinéale. — 9) Substance grise du troisième ventricule. — 10) Tubercules quadrijumeaux. — <l) Quatrième ventricule. — 12) Coupe de la protubérance. — 13) Coupe du bulbe. — M) Nerf optique. — lo) Corps pituitaire. — 16) Commissure blanche antérieure. — 17) Arbre de vie du lobe médian du cervelet. — 18) Surface du cervelet. — 10) Extrémité antérieure du lobe postérieur du cerveau.

!•: L E.M EN ■]' ri N E II V E U X.

par lus ])t'(l()ncnles CL'rt'Ixîllciix su])('iîimiis; aii-dessiis du l)ull)c racluMicii, avec lequel il se cuiitiimc par les pc'doncules eértîljelleux iiifihieurs, et en arrifîrc; de la protubc-raiice annulaire îv laquelle il est uni par li^s pédoncules ct?rel)elleux moyens. Sa face sujierienrc est se'paree du eervcau par la faux du cervelet; sa face infc'rieurc présent'.! une seissurc i)rofiindo sur la ligne médiane. Il est parsemé de nombreux sillons (!t composé, comme le cerveau, de substance hlanclie recouverte de substance grise. En se prolongeant dans sa substance grise, sa suljstance blanche forme des ramifications foliacées, à Venscmlile desquelles un a donné le nom iVarljre dévie, et qu'on aperçoit sur une coupe antéro-postéricure de cette partie de rencéphalc.

Au centre de chaque moitié du cervelet se trouve un amas de substance grise (corps rhomboidal) qui i)araît être aux fibres cérébelleuses co que sont les couches optiques vis-k-vis des fibres cérébrales. C'est de ce centre que partent les pédoncules qui relient le cervelet au cerveau et Ji la moelle. Ils vont se perdre en passant h l'état de fibrilles grises dans la substance grise de l'axe cérébro-spinnl f|ni occupe le côté opposé îi celui d'où ils dérivent.

Fis- 2fi». — Isthme de l'encéphale.**'

Parties reliant entie eux le cerveau, le cervelet et la moelle épinière. — La portion intermédiaire au cerveau, au bulbe rachidicn et à la moelle, et qui comprend les parties désignées sous les noms de protubérance annulaire , pédoncules cérébraux, tubercules quadrijumeaux et pédoncules cérébelleux, est quelquefois désignée sous le nom d'isthme de Vencéphale ou encore de moelle allonfjéc. Mais cette dénomination, qui a l'inconvénient de réunir sous un nom commun des organes d'origine et de fonctions essentiellement différentes, n'a aucun sens physiologique.

Le cervelet est relié, comme nous l'avons dit précédemment, au cerveau et à la moelle épinière par 3 paires de pédoncules: les supérieurs, qui vont au corps strié;

* I) Cordon postérieur de la moelle. — 2) Pyrainlile postérieure du bulbe rachidien. — 3) Coupe du ))édoncule cérébelleux Inférieur. — 4) Pédoncule cérébelleux supérieur. — 5) Origine du nerf acoustique. — fi) Pédoncule cérébelleux moyen. — 7) Glande pinéale.

les moyens, qui vont dans la protubérance annulaire qu'ils contribuent à former; les inférieurs, qui descendent vers le bulbe rachidien auquel ils s'unissent. Entre les pédoncules supérieurs et la glande pinéalc se trouvent de petits tubercules, tubercules ijuadrijumeaux , qui constituent l'origine des nerfs optiques et représentent les équivalents de la substance gélatineuse de la moelle épinière.

Le fndbe rachidien est l'extrémité supérieure renflée de la moelle qui se trouve sous le bord inférieur de la protubérance. Il repose sur la gouttière basilaire de l'occipital et va de la protubérance annulaire à l'entrecroisement des faisceaux antérieurs de la moelle ; sa longueur est de 3 centimètres. 8a face antérieure présente de chaque côté de la ligne médiane un renflement dit pyramide antérieure, en dehors duquel se trouve une autre saillie nommée olive. Sur sa face postérieure on voit de chaque côté de la ligne médiane les pyramides postérieures et un sillon médian , le calamus scriptoriiis. Sur ses parties latérales existent des saillies, pyramides latérales ou corps restiformes. A leurs parties inférieures, les pyramides du bulbe s'entrecroisent avec celles du côté opposé à l'exception des faisceaux les plus externes. Cet entrecroisement ou décussation se fait par le passage de plusieurs faisceaux de fibres d'un côté à la pyramide du côté opposé.

\j&, protubérance annulaire on pont de Varole est un anneau demi-circulaire défibres nen'euses placé au-dessus du bulbe sous les pédoncules cérébraux en avant du cervelet. Elle est formée de fibres blanches superficielles qui semblent l'épanouissement des pédoncules cérébelleux moyens. Entre les difi'érentes couches de fibres stratifiées qui la composent sont éparpillées un grand nombre de cellules.

Du bord antérieur de la protubérance à la couche optique vont des faisceaux de fibres blanches formant deux cordons nommés pédoncules cérébraux.

Entre la protubérance annulaire et le cervelet on trouve une cavité losangique dite 4^ ventricule, dont la paroi inférieure ou le plancher est formé par le bulbe et la protubérance. C'est en irritant cette région que Claude Bernard est parvenu h. produire artificiellement le diabète.

Moelle épinière. La moelle épinière est un axe cylindrique contenu dan.s le canal rachidien. Ses limites apparentes vont du

Kig. 265. — Coupe de la moelle épinière.*

bulbe rachidien au-dessous de l'entrecroisement des pyramides à la première vertèbre lombaire; mais, en réalité, à sa partie supérieure elle se prolonge jusque dans les parties les plus centrales du

* A) Substance grise de la moelle. — B) Substance blanche. — C) Sillon médian antérieur. — D) Sillon médian postérieur, — E) Racine postérieure des nerfs rachidiens. — F) Ganglion placé sur son trajet, - G) Racine antérieure. — H) Tronc du nerf rachidien.

i;lk.mi-:n'1"s NKiiVKUX.

ccrvciui. Dcltai'rassée de ses enveloppes, die pèse <lr '2.") ii oO i,M'ainines; son iliainètre moyen est de I I Miilliini'tics.

Nous avons (It'crit les »'nveloj)pes de la moelle cm pai'laiit de celles qui enlouicMl le cerveau. Comme ces dernières, elles sonl au nombre de .'i et ont la même slructure ; mais pour la piemère l'élément cellulenv est bien plus dominant que dans le cerveau, ec ([ui fait (pi'elle possède une très-grande résistance. De sa surface evterne naissent des prolongements dits lùjamcnls deiilelés, silués entre les racines des nerfs racliidiens, et ([ui maintiennent la moelle immobile. De sa surface interne naissent des j)rolongements très-nombreux (jui se continuent dans l'intérieur de la moelle.

La partie cenlrale de la moelle est formée par une masse de sijbslance grise composée de cellules, sa face antérieure et sa face postérieure présentent deux cordons constitués par une agglomération de fibres nerveuses et séparés par un sillon médian. Ses faces latérales présentent chacune un cordon analogue d'oii naissent les racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Elle est, comme on le voit, formée de deux moitiés symétricjues, composées chacune de 3 cordons, antérieur, postérieur et latéral, séparés par des sillons.

La moelle épinière ne remplit pas tout le canal rachidien, dont elle est, comme nous l'avons dit, séparée parle liquide rachidien*.

Structure de la moelle épinière. — En pratiquant des coupes ti-ansversales de la moelle, on rcconiiait qu'elle est l'urme'c de substance grise h, son centre et de substance blanclic à sa partie péripbe'rique. Cette dernière est, de même que celle du cerveau, composée de fibres, et la matière gi"ise de cellules reunies, comme dans rencéplialc, par une matière granuleiise. \n microscope on reconnaît que les cellules nerveuses sont place'cs dans une sorte de reticulum de tissu conjonctif, qu'on a comparé aux mailles d'une éponge. MM. Robin et Vulpian croient que ses divisions sont constituées jjar des prolongements des cellules, et que la substance granuleuse est elle-même une matière nerveuse diffuse.

Sur des coupes horizontales de la moelle on voit qu'elle est formée de deux demicylindres séparés par des sillons et réunis par des lignes placées au fond de ces sillons. A son centre se trouve un orifice, canal central de la moelle, de 2 à 3 centièmes de millimètre de diamètre.

La substance grise qui existe dans chacune des moitiés de la moelle a la forme d'un croissant à concavité externe. L'extrémité antérieure de ce croissant a reçu le nom de corne antérieure; son extrémité postérieure, celui de corne imstérieure. Au sommet de cette dernière existe une matière iPun gris jaunâtre, nommée substance '/élatineuse de Rolando qui semble principalement composée d'éléments nerveux.

Les cornes antérieures de la moelle reçoivent les racines motrices des nerfs racliidiens. Ses cornes postérieures reçoivent les ra'jines sensitives et sj'mpathiques de ces mêmes nerfs.

La substance grise constitue'e par la réunion des cellules forme autour du canal central que contient la moelle deu.x. sortes de traînées verticales qui s'étendent jusqu'à la couche optique. Elles tapissent extérieurement les parois dii ventricule moyen du cerveau ou 3^ ventricule, formé par la dilatation de la partie supérieure du canal central de la moelle. Ce dernier constitue l'axe qui supporte tout l'ensemble des fibrilles nerveuses auquel la substance grise dont elle est doublée extérieurement sert de réservoir commun.

La pie-mère envoie dans l'épaisseur de la moelle une foule de prolongements qui la divisent en petits prismes triangulaires très-noml)reux.

Fig. 266. — Coupe de la moelle au niveau du bulbe rachidien.*

(D'après une pliolographie du D^Liiys.)

Les cordons de la moelle étaient considérés autrefois comme constitués parla réunion des racines des nerfs rachidiens. Mais nous savons aujourd'hui que ces cordons sont composés de fibres nerveuses prenant leur origine dans les cellules des cornes de la moelle et se terminant dans les cellules des parties centrales de l'encéphale (bulbe, protubérance, corps strié et couches oi)tiqucs). Toutes paraissent s'entrecroiser sur la ligne médiane. C'est leur entrecroisement qui produit la commissure qui réunit les deux parties de la moelle.

D'après Luys, leî cordons latéraux de la moelle seraient constitués en grande partie par un faisceau externe des racines postérieures des nerfs, et ces cordons se rendraient aux cellules des couches optiques sans entrer en connexion avec celles de la moelle.

Les fibres nerveuses qui constituent les cordons de la moelle naissent, à toutes les hauteurs de cette dernière, des cellules de sa substance grise. Réduites à leur filament central tant qu'elles restent dans la substance grise, elles se revêtent de myéline, et d'une paroi propre lorsqu'elles sont dans Ja substance blanche.

*1, 1) Pyramides antérieures. — 2,2) Olive.v — 3, 3) Tubes afférents des olives. — 4,4) Corps resliformes. — 5) Sillon médian postérieur au niveau du bec du calamus scriptorius. — 6, 6| Partie la plus inférioiire du noyau de cellules qui donne naissance au grand hypoglosse. — 7) Sillon médian antérieur.

ELEMENTS NEliVEUX.

Les fibres des cordons postérieurs se tcriniiicraient, d'après Luys, dans les cellules du plancher du 4o ventricule. Celles des cordons antérieurs aI)outiraient au corps strié par l'intermédiaire des pédoncules cérébraux qui sont leur contintiation. Celles

Fig. 267. — Porlion inl'éricura de la moelle épinière. *

des cordons latéraux, formés, comme nous l'avons dit, par un faisceau des racines postérieures des nerfs rachidlens qui n'entreraient pas en connexion avec les cellules de la moelle, iraient directement, comme nous l'avons dit plus haut, dans les cellules de la couche optiqiic.

Circulation dans les centres nerveux. Les artères destinées à l'encéphale proviennent des artères carotide interne et vertébrale. Celles destinées à la moelle viennent des artères intercostales.

Ces artères fournissent au cerveau 3 artères cérébrales; au cervelet 3 artères cérébelleuses ; à la moelle 3 artères spinales.

La carotide interne pénètre dans le crâne par le canal carotidien et au dedans des apophyses clinoïdes se divise en artères cérébrale antérieure et cérébrale inojjeniie, qui se ramilienl à la partie antérieure du cerveau.

* I à V) Nerfs sacrés. — III , IV, V) Vertèbies lombaires. — 1) Sacrum. — 2) Coccyx. — .3) Duic-mère qui eiivcloppi' la moelle. — 4) Filet toiniina! de la moelle. — ;;, h) Prolongement de la diire-méie.

La vertébrale, branche de la sous-clavière, traverse le trou des apophyses transverses des vertèbres cervicales , pénètre dans le crtine par le trou occipital , s'anastomose avec celle du côté op-

Fig. 2ft8. —Artères du cerveau.

igné médiane

posé et forme le tronc basilaire , qui se porte vers la

jusqu'au bord antérieur de la protubérance annulaire et qui donne

naissance, par sa division, aux deux artères cérébrales postérieures

* I) Artère vertébrale. — 2) Tronc basilaire. — 3) Artère cérébrale postérieure. — 4) Artère cérébelleuse supérieure. — b) Protubérance annulaire. — C) Artore cérébelleuse inférieure et antérieure. — 7) Artère cérébelleuse inférieure et postérieure. — 8) Artère communicante postérieure. — 9) Chiasma des nerfs optiques. — \0) Artère spinale antérieure. — ll| .4rtèrc cérébrale moyenne pénétrant dans la scissure de Sylvius. — 12) Lobe antérieur du cerveau. — 13) Artères cérébrales antérieures réunies par la communicante antérieure située en avant de 9. — 16) Lobe postérieur du cerveau.

KLK.MKN'I'S iNKlJVKl X. 731

(Ic^liiu'cs il lii piiilic |)osl('i'i('iir(' du (•(•r\c;iii cl au rcrxcict. Ces ticinit'ivs sanastouiosiMil avec los aitcics vonucs de la carotide et IbriuciiL ainsi un rc-scau lie\ai;onal (iiiOii a noninié V Iw.viujonc de WiUis.

Les troncs des artères cérébrales sont placés à la base du cerveau. Toutes les (bis (ju'ils se remplissent, les vaisseau\ de la |)ie-nière se yonllent; ([uand ils se vident, ces derniers diniuiuent aussitôt de volume et l'encéphale semble ainsi s'élever et s'abaisser (OUI à loui'. .Mais ces mouvements se j)assent uni({uement dans son cMNeloppe Nasculaire; ils aui,'menlentilans rexpiialion cl diminuent ilans linspiralion.

Les mouvements du cerveau sont isochrones aux pulsations artérielles. J'ai eu occasion de les observer plusieurs lois chez des blesses auxquels des balles ou des obus avaient enlevé une portion de la boite crânienne. Mais on ne saurait les attribuer au gonflement du tissu nerveux lui-même, car ce tissu ne reçoit que des capillaires dans lesquels les battements ne se font plus sensiblement sentir comme dans les grosses artères. Du reste le tissu de lencéphale ne doit éprouver aucun mouvement de retrait ou d'amplialion. puisque le liquide ct'phalo-rachidien a pi'écisément pour fonction de le soustraire aux variations de pression qu'il pourrait avoir à subir.

Les artères spinales, au nombre de trois, une antérieure, deux postérieures, naissent des vertébrales, et se portent sur les faces antérieure et postérieure de la moelle Jusqu'à sa partie inférieure. Elles sont renforcées sur leur trajet par des artères venues : au cou, du tronc de la vertébrale, au dos, des intercostales aortiques, et qui pénètrent dans le canal rachidien par les trous de conjugaison.

Dans le cerveau, les capillaires naissent directement des artères principales au lieu d'être, comme dans les autres organes, le résultat de leur subdivision. Ils sont munis d'une couche très-épaisse de fibres musculaires. Ces capillaires sont bien moins considérables dans la substance blanche que dans la substance grise où ils arrivent à former des mailles extrêmement fines, n'embrassant chacune que deux ou trois cellules nerveuses, ce qui fait que celles-ci trouvent immédiateinent à leur portée les matériaux de leur réparation.

Les capillaires de la substance nerveuse deviennent souvent chez le vieillard le siège de dégénérescences graisseuses qui diminuent la résistance de leurs parois , ce qui nous explique non-seulement la fréquence de l'apoplexie dans les dernières périodes de l'existence, mais encore la diminution de l'intelligence et les affections cérébrales qu'on observe alors si fréquemment.

Les veines du cerveau se jettent, comme nous l'avons vu, dans des canaux nommés sinus veineux, creusés au sein de la duremère. Ce sont des canaux incomplets communiquant ensemble et qui charrient le sang de l'encéphale vers la veine jugulaire interne.

Ils reçoivent aussi, par de petites veines qui traversent le crâne, le sang de certaines veines extérieures des parois crâniennes. Il en résulte qu'il y a communication entre le sang de l'extérieur et celui de l'intérieur du crâne ; de là l'utilité d'appliquer des sangsues aux apophyses mastoïdes dans les cas de congestion cérébrale.

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