LES NERFS
De tous les points du corps se dirigent vers l'axe spinal des fils conducteurs, auxquels on a donné le nom de iierfs, et dont nous avons précédemment décrit la structure. Ils sont groupés symétriquement de chaque coté de l'axe vertical constitué par la moelle épinière.
Nous avons dit déjà, et dans le prochain chapitre nous reviendrons en détail sur les expériences qui le démontrent, que parmi les nerfs, les uns, nerfs moteurs, sont conducteurs des excitations qui produisent les mouvements, et les autres, nerfs sensitifs, conduisent aux centres nerveux les impressions reçues dans les différentes parties du corps. Identiques dans leur structure, ces deux sortes de nerfs ne diffèrent que dans leurs fonctions. Quand on coupe les nerfs sensitifs qui se distribuent à un membre, la sensibilité disparaît dans ce membre. Si on coupe ses nerfs moteurs, c'est le pouvoir d'exécuter des mouvements qui est anéanti.
Tous les nerfs sortent de chaque côté de la substance grise de
l'.MOMENTS NERVEUX. 733
hi moelle epiiiH'ic piii- deux séries de liliimeiils disposés en éventail sur les parties anlerieure et postérieure de cet axe. La réunion de plusieurs do ces lilauienls constitue les racines des nerfs. Les unes, racines aidérieurcs ou motrices . sont l'ori.qine <\('<, rierls moteurs; les autres, y-acxïvqs postérieures ow. sensitices, correspondent aux nerfs sensitifs. Elles se réunissent bientôt sous une même enveloppe et forment les troncs nerveux. Les lilets sensitifs et moteurs qui entrent dans la constitution des rameaux nerveux émanés de ces troncs ne se séparent plus qu'en arrivant aux organes.
Avant de se réunir à une racine motrice pour former un ironc nerveux, chaque racine sensitive traverse un ganglion situé dans le irou de conjugaison des vertèbres, et dont le volume est celui d'un grain de ble.
Ces ganglions sont tous constitués, comme du reste tous les ganglions nerveux , par une enveloppe fibreuse renfermant des cellules, dont quelques-unes ont jusqu'à un dixième de millimètre de diamètre, c'est-à-dire des cellules très-grosses relativement aux autres cellules nerveuses. L'enveloppe de matière fibreuse du ganglion se continue avec le névrilème du nerf et envoie des prolongements entre les cellules.
Chaque cellule des ganglions est traversée par un tube nerveux, qui se réduit à son filament central avant d'y pénétrer. Ces cellules ne font donc, en réalité, qu'interrompre la continuation des tubes nerveux. Souvent les cellules des ganglions — surtout dans le grand sympathique — au lieu de ne recevoir qu'un seul tube, en reçoivent plusieurs et, par suite, possèdent plusieurs prolongemerrts.
Un grand nombre de nerfs, surtout ceux émanés du canal rachidien, forment, en s'anastomosant entre eux, des sortes de lacis très-compliqués, nommés plexus. Dans ces anastomoses, il y a uniquement adossement des tubes nerveux, comme nous l'avons dit, et nullement abouchement ou continuité de ces mêmes fibres à la manière des vaisseaux, ainsi qu'on le pensait autrefois. Dans les cavités de la poitrine et de l'abdomen, les plexus entourent les artères, qui leur servent, du reste, uniquement de supports.
Les nerfs sensitifs sont beaucoup plus gros que les nerfs moteurs. Le nerf acoustique, qui va se distribuer à une membrane extrêmement ténue, est plus volumineux que le nerf facial, qui anime tous les muscles superficiels de la face et du cou. Cette différence tient à ce que le nombre de tubes nerveux contenu dans les nerfs sensitifs est beaucoup plus considérable que celui renfermé dans les nerfs moteurs.
Les nerfs sont rectilignes dans leur direction et ne présentent pas les inflexions et les flexuosités qu'on observe sur le trajet des artères. Tandis que les vaisseaux arrivent à leur destination par le chemin le plus long, les nerfs y parviennent par le chemin le plus court.
Les nerfs nés dans le crâne sortent de cette cavité par les orifices dont sa base est parsemée. Ceux nés dans la région de la moelle épinière sortent de la cavité rachidienne par les trous de conjugaison des vertèbres.
Suivant que les nerfs sortent du crâne ou de la colonne rachidienne, on les a divisés en nerfs crâniens et nerfs rachidiens, mais cette distinction est sans importance. Ils ont leur origine commune dans les cellules nerveuses qui constituent la substance grise de la moelle épinière, substance qui se prolonge jusqu'au centre du cerceau.
Indépendamment des nerfs crâniens et rachidiens, qui émanent directement de la moelle épinière, comme nous venons de le dire, il existe une troisième espèce de nerfs, provenant de deux cordons nerveux nommés nerfs grands sy)npatlu'(/ues, placés le long de la moelle épinière et de chaque côté de cet axe, dont ils ne sont, du reste, qu'une dépendance. Ces deux cordons naissent sur toute l'étendue de l'axe cérébro-spinal par une série de racines sensitives et motrices envoyées par chaque nerf rachidien. De la réunion sucessive de toutes ces racines résulte un long cordon, renflé de distance en distance, placé de chaque côté de la moelle épinière de la base du crâne au coccyx. Les branches qui partent de ce double cordon se distribuent principalement aux viscères du cou, de la poitrine et de l'abdomen, c'est-à-dire aux organes soustraits , à l'empire de la volonté.
KI.KMKNTS NERVEUX.