I-'ig. 270. — Serf trijumeau et ses branches
La section de la portion non ganglionnaire du trijumeau, c'est-à-dire de sa racine motrice, a simplement pour re'sultat la paralysie du mouvement des parties auxquelles elle se distribue, c'est-à-dire des muscles moteurs de la mâcboirc, qu'il devient alors impossible de mouvoir. ,,
Les branches terminales du trijumeau s'anastomosent avec le nerf facial.
Examinons maintenant en quelques mots la distribution des trois branches émanées du trijumeau.
Le nerf ophthalmîqiie, première branche du ganglion de Gasser, pénètre dans l'orbite par la fente sphénoïdale et se divise en 3 branches : nasal , frontal et lacrymal,
* l) Première hrancJie du trijumeau ou nerf ophthalmique. — I, 2, 3) Nerf frontal, nerf lacnmal nerf nasal, brandies de terminaison du nerf ophtlialmique. — 4) Ganglion optique et nerfs ciliaires. — II) Deuxième
hranche riu trijumeau ou nerf maxiUaire supérieur. — b) Rameau orbitaire. — C) Rameau suus-orbitaiie.
7) Sphéno-palatin. — 8) Ganglion de Meckcl. — III) Troisième branche du trijumeau ou nerf maxiUaire inférieur. — 9) Nerf anriculo- temporal. — Id) Nerf buceinaleur. — 11) Nerf lingual. — 12) Nerf dentaire inférieur. — 13) Nerf facial. — 14) Grand ncif pétreux superficiel. — \h) Corde du tympan. — IG) Rameaux du faoi.il destinés au muscle digastriqne. — 17) Nerf liypoglosse.
qui se distribuent et donnent la sensibilité h la peau du front, k la paupière supérieure nia conjonctive, à la muqueuse pituitaire, à la glande lacrymale et au lobule du nez.
Il contribue à former le ganglion opbthalmique, petit renflement de 2 millimètres de diamètre, situé sur le nerf optique à 1 centimètre du trou optique. Ce ganglion présente trois brancbes afi'érentes ou racines. Une racine motrice venue du moteur oculaire commun, une sensitive venue du nasal, une végétative veniie du grand svmpatbique. De ce ganglion partent un grand nombre de filets nerveux qui, sous le nom de nerfs éliaires, se distribuent à la cornée, ù l'iris et à la conjonctive.
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Fig. 271. — Branches des nerfs maxillaires supérieur el inférieur.*
Le nerf maxiUaire supérieur, deuxième branche du ganglion de Gasscr, sort du crâne par le trou grand rond et, arrivé sur le plancher de l'orbite, pénètre dans le canal sous-orbitaire et en sort par son orifice externe sur l'os malaire. Il se distribue à la peau, aux muscles et à la muqueuse de la lèvre supérieure, ain.si qu'aux gencives et aux dents de la mâèhoire supérieure, auxquelles il donne leur sensibilité.
Ses branches terminales sont les nerfs sous-orhitaires, ses brancbes collatérales les ne7-fs dentaires antérieurs et postérieurs qui se distribuent aux racines des dents de la mâchoire supérieure, et le rameau orbitaire qui va à l'orbite, oii il s'anastomose avec k lacrymal dont il partage la distribution.
Le nerf viaxillaire inférieur, troisième branclic du ganglion de Gasser, se compose d'une portion sensitive venue de ce ganglion et de la portion motrice du trijumeau
* i) Muscle ptérygoïdicn externe. — 2) Plérygoidien interne. — 3) Carotide externe. — 4) Artère icoiporali' superficielle. — o) Artère maxillaire interne. — 6) Nerf maxillaire supérieur. — 7) Nerfs palatins. — 8).\ci(s dentaires postérieurs. — 9) Nerf sous-orbitaire et nerf dentaire antérieur. — 10) Nerf dentaire inférieur. — 11) Nerf lingual.
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qui, ainsi que nous l'avons vu, passe sous le ganglion de Gasscr sans contracter de rapports avec lui. Il sort du crâne par le trou ovale et à sa sortie de ce trou fournit dans la fosse zygoniatique un bouquet do nerfs eoniposû de hrauclies qui se portent aux dents inferieyres iiier/s ihutairen Infi'irkunt), h. lu muqueuse des deuxtiers antérieurs de la langue {nerf linijual), ii lu muqueuse et à la peau de la lèvre inférieure, du menton et de la région temporale, auxquels elles donnent leur sensibilité, et enfin aux nmscles masticateurs, auxquels elles donnent le mouvement. Ce sont les branches se distribuant à ces derniers muscles qui représentent la portion motrice du trijumeau.
Dans son trajet, le nerf lingual reçoit la corde du tympan, bianche du facial. Il envoie des iilcts aux glandes sous-maxillaire et sublinguale.
Le m.ixillaire inférieur contribue à former le ganglion otique situé au-dessous du trou ovale. Co ganglion émet deux branches qui vont aux muscles du marteau, h la muqueuse de la caisse du tympan et au péristaphilin externe.
Sixième paire ou nerf moteur oculaire externe. — Nerf moteur se distribuant après sa sortie du crâne j)ar la fente sphi'noïdale au muscle droit externe de l'œil, auquel il donne le mouvement. Sa section a pour conséquence un strabisme interne, résultant de ce que le droit interne agit seul sur le globe oculaire qu'il attire de son côté.
On voit que, sur les 12 paires de nerfs crâniens, 3 paires, le moteur oculaire commun, le pathétique et le* moteur oculaire externe, se distribuent aux muscles moteurs du globe oculaire. « A chacune des trois directions principales dans lesquelles le globe oculaire peut être porté, coi-respond, dit Longet, une de ces trois paires nerveuses. Aux mouvements dans le sens vertical correspond le nerf moteur oculaire commun; aux mouvements rotatoires, le pathétique; enfin, à ceux de latéralité, le moteur oculaire externe. Une telle disposition est suffisamment motivée par la nécessité d'une précision extrême dans le jeu de tous les éléments de l'organe visuel, et c'est gi'âce h. elle que l'harmonie des mouvements de cet appareil se trouve assurée avec leur indépendance : Yharmonie, au moyen de la troisième paire, destinée h influencer tous les genres de mouvements du globe de l'oeil, et Y indépendance, à l'aide de la quatrième et de la sixième paire, aflfectées cliacune à un seul genre de ces mouvements. » Telle serait, suivant ce i)liysiologiste, la raison de l'existence de trois nei'fs différents pour un si petit nombre de muscles.
Septième paire ou nerf facial. — Nerf moteur se distribuant à tous les muscles du cou et de la face, les masticateurs exceptés. C'est de tous les nerfs moteurs celui qui se distribue au plus grand nombre de muscles et qui s'anastomose le plus fréquemment avec les nerfs scnsitifs.
Après sa sortie des "[jarties latérales du bulbe, ce nerf pas'îc dcins le conduit auditif interne et en sort par le trou stylo-mastoïdien, orifice externe de l'aqueduc de Fallope;il traverse ensuite la parotide et se divise sur la face externe du masseter en deux branches d'oii partent de nombreux rameaux qui se distril)uent aux nuisclcs précédemment mentionnés.
Dans l'aqueduc de Fallope, le nerf facial fournit plusieurs branches, notamment les nerfs pétreux, le filet du muscle de Vétrier et la corde du tympan. Ce dernier nerf passe sur la face interne de la membrane du tympan, sort du crâne au voisinage de l'épine du sphénoïde et va se jeter dans le lingual. Claude Bernard le considère comme un nerf moteur, provoquant la sécrétion salivaire quand il est mis en jeu par l'intermédiaire du lingual, nerf sensitif.
Le nerf facial donne le mouvement h tous les muscles de la face auxquels le nerf
trijumeau donne la sensibilité. Il est en réalité complémentaire de ce dernier. C'est sous son influence que se produisent tous les mouvements qui donnent à la phj-sionomie son expression.
Quand le facial est coupé (expérience faite pour la première fois en 1821 par Ch. Bell sur un âne et répétée depuis sur des singes), le côté privé de son influence est complétemeat dépourvu d'expression, parce que les muscles qu'il animait ne peuvent plus se contracter. La face reste alors aussi inanimée que celle d'un cadavre ; quelle que soit l'impression que l'anima] éprouve, joie, fureur ou douleur, aucun muscle de sa physionomie ne fera un mouvement pour la trahir.
Fig. 272. — yerf facial.*
La paralysie des muscles de la face s'observe souvent clicz l'homme à la suite de la destruction du facial par suite de la carie des os du rocher ou de la compression du même nerf par une tumeur. Le plus souvent la paralysie est bornée au nerf facial d'un seul côté; alors il existe, quand le malade parle ou rit, le désaccord le plus étrange entre les deux moitiés de sa figure : l'une mobile, l'aiftrc dont rien ne vient jamais altérer l'expression. Bérard rapporte qu'un acteur anglais, depuis longtemps en possession d'égayer le public par le désaccord existant entre les deux moitiés de sa l)hysionomie, devait cette faculté à une hémiplégie faciale dont il était atteint.
Le nerf facial étant un nerf moteur, ses altérations n'ont pour conséquence que la paralysie du mouvement des régions auxquelles il se distribue, mais leur sensibilité
* I) Artère iiia\i!laire (xterne. — 2) Artère temporale superficielle. — 3| Artère auriculaire postérieure. — i) Artère occi|.itale. — 5) .4rtère frontale — 6) IVerf facial. — 7) Nerf frontal. — 8) Rameau sous-orbilaire du Diaxillaire supérieur — 9) Rameaux mentonniers du nerf dentaire inférieur. — 10) >fi'if temporal supeificitl — 1 1) Nerf auriculaire postérieur. — 12) Rranche tiansverse du plexus cervical supeificiel. ^ 13) Nerf auriculaire. — I i) Xerf occipital externe. — 13) Nerf occipital interne.
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<luf ;m trijiuncim icsto intacte. La luitritiiin et les sëcrdtions do ces parties ne sont ëgalenieut pus modifiées par la siippiessidn de son action, du moins directement; car l'absence du oliguement, la paralysie des muscles des narines et de ceux des joues finissent par avoir pour résultat à la longue des troul)les plus ou moins profonds de la vue, de l'ouïe et du goût.
Huitième paire ou nerf auditif. — Après sa naissance au niveau du bulbe, ce nerf peuitif paralUliiiicut.au facial jusqu'au fond du conduit auditif interne, d'où il se divise eu plusieurs rameaux qui se distribuent à l'oreille. C'est un nerf de sensibilité spéciale présidant, comme nous l'avons vu, h l'audition. Comme les nerfs de l'olfactiou et de la vision, il est tout à fait insensible aux irritations mécaniques et ces irritations n'ont d'autre effet que la production de sensations acoustiques.
Neuvième paire ou nerf glosso-pharyngien. — Nerf mi.xtc partant du crâne parle froii déchire postérieur et se distrilmaiit au tiers postérieur de la iiuiqueusc linguale à laquelle il donne sa sensibilité tactile et gustative. Il envoie Jans .son trajet des branches dans le pharynx, les amygdales et la caisse du tympan [nerf de Jacobson), oîi il se divise en six rameaux, dont les uns se distril)uent dans l'oreille ù la muqueuse de la caisse du tympan et de la trompe d'Eustachcet les autres s'anastomosent avec le grand sympathique et le facial.
Lorsqu'on coupe le glosso-pharyngien, toutes les parties auxquelles il envoie des rameau.x sont frappées d'insensibilité; en l'irritant à sa sortie du crâne, on observe en outre des contractions dans les muscles constricteurs du pharynx; ce qui prouve que, hors du crâne, il est h, la fois sensitif et moteur; mais son influence motrice est uniquement due à ses anastomoses avec des nerfs du mouvement, et eu efl"et la suppression de ces anastomoses la lui font perdre.
Dixième paire. Nerf pneumogastrique ounerf vague. —Nerf mixte se distribuant au pharynx, au larynx, au cœur, aux poumons, à l'œsophage, à l'estomac, au foie et au plexus solaire. Il tient sous sa dépendance les principaux viscères dont l'action est indispensable à l'entretien de la vie. Il emprunte sa force motrice ù une grande étendue do l'axe rachidien. Le spinal, le facial, l'hypoglosse, le grand sympathique lui fournissent des rameaux.
Sorti du crâne par le trou déchiré postérieur, le pneumogastrique se porte verticalement en bas sur les parties antérieure et latérale du cou en dehors de la carotide, puis descend dans le thorax et se place ^ côté de l'œsophage qu'il accompagne jusque dans l'abdomen et se ramifie dans cette région; celui du côté droit se perd dans la paroi jjostérieure de l'estomac et le plexus solaire, celui du côté gauche se rend k la partie antérieure de l'estomac et au foie. Le long de l'œsophage, ses deux branches donnent des rameaux qui s'anastomosent entre elles et entourent ce canal.
Le pneumogastrique s'anastomose avec le facial, le spinal, le glosso-pharyngien, le grand hypoglosse et le grand sympathique.
Sensitif à son origine, le pneumo-gastrique reçoit bientôt des anastomoses de nerfs moteurs qui en font un nerf mixte. Ce sont ces anastomoses yenues du spinal qui constituent les nerfs pharyngiens et larj'ngés, auxquels, les muscles du larynx et du pharynx doivent leurs mouvements.
D'après plusieurs physiologistes, l'irritation du pneumogastrique dans l'intérieur du crâne produirait des contractions dans les muscles auxquels il se distribue, et par suite ce nerf serait mi.xtc dès son origine; quoi qu'il en soit, en raison dji nombre de ses branches sensitives, on peut le considérer comme étant bien plus sensitif que moteur.
L'expérience démontre que l'excitation énergique, par un courant électrique,
du pneumogastrique amène Tai-rêt des mouvements du cœur. Si on le soumet à l'action d'un faible coui'ant, on voit, au contraire, ses mouvements s'accélérer. Après sa section, le cœur exécute des mouvements précipités et désordonnés. Aussi l'a-t-
Pneuino-fjaslrique gaucke. *
on comparé au frein d'une locomotive. Nous avons, en ti-aitant de la circulation (page 249), parlé du mécanisme qui produit cet effet.
Le pneumogastrique a aussi une influence marquée sur la digestion; quand il est coupé, le bol alimentaire pénètre difficilement dans l'œsophage, la tunique musculaire de l'estomac est paralysée et le suc gastrique devient alcalin.
*1) Tronc (lu pneumogastrique au niveau de la crosse de l'aorte. — 2, 2) Récurrent gauche, — 3) Rameaux pulmonaires se portant sur les divisions broncLiques — ■!) Plexus œsophagien. — 5) Filets gastriques terminaux du pneumogastrique. —5, 6, 6, 0) Ganglions du grand sympathique. — 7) Ganglion cervical inférieur du grand sympathique. — 8) Aorte. — 0) .\erf petit splanchnique se portant vers le plexus solaire.
Sur l'ajuniruil ilc lu i)h«)iiati()u, sou iiitlucucc csl également consitlt'rablc. La section (les nerfs laryngés a pour resnltat la paralysie des muscles du larynx Ct l'aphonie de l'animal. Nous avons vu (page 371) qu'il eu résultait de plus son asphyxie iuunediate, quand il est jeune, par suite du rapproeliement des bords de la glotte. Lorsque les bords du larynx sont devenus cartilagineux sous l'effet de l'âge, ils ne peuvent plus s'appliquer aussi intiintmcut l'un contre l'autre et l'asphy.vie, quand elle se produit, est fort lente.
' C'est egiilcmont au pneumogastrique que la nuuiueuse respiratoire doit cette extrême sensibilité qui fait que, lorsque la moindre parcelle d'aliments tombe sur la glotte, tous les muscles de l'appareil respiratoire se contractent pour l'expulser. Après la section du pneumogastrique, les corps e'trangers ne déterminent en tomliiiut dans "le larynx aucun accès de toux.
Onzième paire. Nerf spinal ou accessoire de Willis. — Nerf moteur scdlsjtribuant après sa sortie du crâne par le trou déchiré postérieur aux muscles du pharynx et du larynx, au sterno-mastoïdien et au trapèze, auxquels il donne le mouvement. Après sa sortie du crâne, il se divise en deux branches : une interne, qui se jette dans le pneumogastrique, descend le long de ce nerf et s'en détache pour constituer les nerfs pharyngiens et laryngés*; l'autre externe, qui passe sous la parotide et se distribue au steruo-mastoïdicu et au trapèze, muscles qui agissent comme inspirateurs, mais seulement dans les inspirations laborieuses. Il donne h ces divers muscles leurs mouvements, et sa section les paralyse. Nous avons déjà indiqué, en étudiant l'intinence du système nerveux sur la respiration (page 371), que la consé- <iuence de cette paralysie était l'impossibilité pour l'animal de se livrer à aucun effort.
Douzième paire oti nerf grand hypoglosse. — Nerf moteur se distribuant, après sa sortie du crâne, par le trou condj^lien Ii tous les muscles de la langue auxquels il donne le mouvement. Vers l'angle de la mâchoire, il se divise en deux branches: une descendante, qui se porte parallèlement à l'artère carotide jusqu'à la partie moyenne du cou, où elle s'anastomose avec le plexus cervical; l'autre qui va à la langue. Sa section a pour résultat la paralysie des.musclcs de la langue et l'impossibilité d'avaler; mais la sensibilité tactile et gustative de cet organe, due, comme no>:s l'avons vu, au glosso-pharyngien et au lingual, n'est nullement influencée.