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PROPRIETES ET FONCTIONS DU SYSTEME NERVEUX. 7G

lié sur une grenouille les vaisseaux (|ui portent le sang, et ;ivcc lui le poison ;ui\ membres inférieurs, il introiiuit du curiuc sous la peau (lu dos, et liientot après il observe (ju'alois que les pattes antérieures ne j)euvent se mouvoir, (juel([ue violents que soient les excitants (pion y appli(|ue, les pattes postérieures, qui n'ont pas reçu le poison, peuvent au contraire exécuter des mouvements volontaires. Vulpian pense que le curare agit sur la plaque teiMuinale (jui, d'après Rouget, met les neris moteurs en relation avec les librilles musculaires. Par suite, ce ne serait pas la propriété excitomolrice des cellules qui serait paralysée, mais seulement la propagation aux librilles musculaires de l'excitation que les nerl's sont chargés de leur transmettre. Ce qui semble bien prouver, du reste, d'après Cl. Bernard., que dans l'empoisonnement par le curare le nerf moteur est empoisonné par son extrémité périphérique , c'est que, dans l'expérience précédente, les nerfs des membres où le sang n'arrive pas ne sont pas empoisonnés, bien que par leur extrémité centrale dans la moelle ils puissent être en contact avec le curare.

Si on pratique sur un animal curarisé la respiration artificielle pendant une période de temps suffisante pour que l'élimination du poison par les voies naturelles se fasse, il échappe à la mort qui, sans cette opération, se produit rapidement.

D'autres substances que le curare, comme la nicotine, la conicine, l'iodure de tétramethylamonium, etc., jouissent comme lui du pouvoir d'abolir les propriétés excito-motrices des éléments nerveux ou au moins d'empêcher la propagation de cette excitation, mais, pas plus que le* curare, elles n'agissent sur la contractilité musculaire elle-même qui continue à se manifester sous l'influence d'excitants convenables.

Je serais assez porté à croire^, d'après quelques observations, que le venin des serpents doit agir comme le curare. Ce serait un point intéressant à vérifier, car alors, en pratiquant la respiration artificielle sur les individus mordus, on pourrait sans doute les soustraire à la mort. Certains serpents de l'Inde, dont le venin est fatalement mortel, font annuellement périr plusieurs milliers de personnes par leurs morsures.

Bien d'autres substances, telles que le thé, l'alcool, le café, le haschich, etc., etc., ont une action spéciale, les unes sur les cellules nerveuses sensitives, les autres sur les cellules motrices; mais cette action est trop variable suivant les milieux et le tempérament pour que nous puissions facilement nous en rendre un compte exact.*

Les diverses substances que nous avons précédemment énumérées n'agissent sur les éléments nerveux que lorsqu'elles se trouvent en leur présence, c'est-à-dire quand elles y ont été apportées par le sang. Quand la circulation est arrêtée, les éléments toxiques ne peuvent plus arriver aux centres nerveux et, par conséquent, n'agissent plus sur eux. C'est donc avec raison qu'on entoure d'une ligature le membre mordu par un chien «nragé ou un serpent dangereux et qu'on détruit le virus sur place au moyen de caustiques. •

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