‹ La vieChapitre 146 sur 156 · REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANTS PAR SCISSION ET PAR BOURGEONS · texte numérisé non relu

REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANTS PAR SCISSION ET PAR BOURGEONS

Reproduction par scission de l'individu ou par bourgeons qui en émanent. De tous les modes de reproduction, le plus général est, comme nous le verrons, la reproduction par œufs; mais même chez les êtres qui se reproduisent de cette façon on observe souvent d'autres modes de reproduction désignés sous les noms de scissiparité et gemmiparité , c'est-à-dire reproduction par division de l'animal et par bourgeons nés de cet animal.

Ces deux procédés de reproduction sont au fond identiques et se rencontrent habituellement chez les mêmes espèces. C'est chez l'hydre d'eau douce, ce singulier polype qui peut être coupé en vingt morceaux et dont chaque morceau redevient bientôt un animal complet, qu'ils furent étudiés pour la première fois. Au début de son existence, ce curieux animal, comme du reste la plupart des individus de la même famille, ne peut se reproduire qu'en se segmentant en plusieurs fragments ou en donnant naissance à des bourgeons qui s'en séparent quand ils sont arrivés à un certain degré de développement; plus tard l'animal acquiert les attributs de la sexualité et se reproduit alors par œufs.

Le même mode de reproduction s'observe chez les végétaux, qui, avant de posséder des organes sexuels et de donner des graines , produisent des bourgeons et dont les branches séparées de la plante et enfoncées en terre peuvent se développer et devenir une plante identique à celle qui lui a donné naissance.

La succession des modes de reproduction observés chez les polypes et !es végétaux se constate aussi chez les vers intestinaux. Des œufs pondus par ces animaux naissent des sortes de larves sans sexe qui se reproduisent par bourgeons et n'acquièrent un sexe que lorsqu'elles ont changé de milieu, c'est-à-dire quand elles se trouvent dans le corps d'un animal autre que celui où elles ont pris naissance. C'est ainsi que les vers vésiculaires sans sexe appelés cysticerques, et qui produisent chez les cochons la maladie

MODES DIVKRS DE REPRODUCTION DES ETRES. 851

iioiiiiiu'c ladrerie, sont (l(\s larves de ténia qui no peuvent continuer à se développer ([uedans le corps de l'Iiotiiine ou d'un niamniilère voisin. Quand le cochon atteint de cette maladie est mangé par l'homme, les cysticenjues se développent, ac((uièrent un se\e et constituent sous cette forme l'animal nommé lénia ou ver solitaire. Si les œufs que pondent alors les ténias et qui sont expulsés au dehors sont manj^és par des cochons, ils donnent naissance à des cysliceniues ([ui se repioduisent par bourgeons, comme nous le disions plus haut.

On observe encore des phénomènes de scissiparité et surtout de gemmiparitc chez des animaux très-supérieurs à ceux dont nous venons de parler; qu'on coupe la queue ou un membre a un lézard, une salamandre ou un crustacé, et le membre coupé se répare bientôt. Quand on coupe la tète à un limaçon, elle est au bout de peu de temps remplacée par une autre.

Chez les animaux supérieurs comme l'homme, on observe encore quelques traces de ces phénomènes. Nous avons vu que des organes des plus compliqués comme les nerfs peuvent se régénérer dans une certaine étendue. Un lambeau enlevé du corps et placé sur un autre point du corps, et même sur un autre individu, peut continuer à s'y développer. IMautegazza a vu vivre 8 ans un ergot de coq soudé dans l'oreille d'un bœuf. La queue d'un rat implantée à l'extrémité du nez d'un autre rat s'y soude parfaitement et continue à s'y développer.

Page 1