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MARCHE DES ALIMENTS DANS LE TUBE DIGESTIF

Préhension des aliments. Chez l'homme et chez beaucoup d'animaux, tels que le singe et le castor, la préhension des aliments solides se fait à l'aide des membres supérieurs; chez d'autres, elle s'opère par des moyens très-variés. Les carnassiers saisissent leur proie avec leurs mâchoires; les oiseaux, avec leur bec; les caméléons, avec leur langue, qui peut, en raison de sa longueur, être projetée à une petite distance ; les éléphants , avec leur trompe; certains polypes, au moyen de leur estomac, qu'ils font sortir de leur corps et rentrer ensuite avec les aliments qui y restent attachés.

Les substances liquides peuvent également être saisies de différentes façons. Pour extraire le lait du sein de leur mère, les jeunes mammifères attirent le liquide dans leur bouche en y faisant le vide. La cavité buccale joue alors le rôle d'une pompe aspirante dont la langue serait le piston. Pendant la succion, la bouche est close de toute part: en avant, par les lèvres moulées sur le mamelon ; en arrière , par le voile du palais , qui s'applique contre la base de la langue et empêche toute communication avec le pharynx et les fosses nasales. Le lait y pénètre et y séjourne jusqu'à ce que l'animal fasse un mouvement de déglutition qui l'amène

riTYSIOLOOir. nu M AINE,

dans l'œsophage etrestomac. La respiration ne se faisant alors que par le nez , il importe que la circulation de l'air dans ce canal ne

Fig. 47. — Coupe verticale de la buuchc d'avant en arrière *.

soit gênée par aucun obstacle. Un simple rhume de cerveau, chez les enfants à la mamelle, est quelquefois fort grave, parce que les mucosités qui bouchent les fosses nasales ne permettant pas la respiration par cette voie, les empêchent de téter.

* a) Voûle des fosses nasales. — b) Vertèbres cervicales. — c) Voile du palais. — d) Section de la mùchoire inférieure, sur laquelle on voit s'insérer le muscle génio-glosse. — e) Section de l'os hyoïde. — /) Coupe du larynx. — g) Nez. — h) Lèvre supérieure. — i) Coupe du cartilage lliyroide ou pomme d'Adam. — j) Sinus spliénoïdal. — k) Lèvre inférieure. — l) Muscle génio-glosse foi mont une grande partie de la langue. — m, n, o) Cornets de la fosse nasale droite. — p) Artère vertébrale. — q) Sinus frontaux. — r, s) Pharynx. — () -amygdale droite entre les piliers antérieur w et postérieur v de ce c6té du voile du palais; au-dessus de l'amygdale on voit la luette. — x) Vertèbres cervicales. — y) Épiglolte redressée contre la base de la langue; elle couvre l'orifice supérieur du larynx pendant la déglutition. — z) Orifice de la trompe d'Eustache.

DIGESTION DES ALTj\[ENTS. 103

Lorsqu'on boit en plongeant complètement les lèvres dans le liquide, l'introduction de la boisson se fait par un mécanisme analogue à celui que nous venons de décrire. Si les lèvres n'y plongent qu'en partie, elle n'est entraînée dans l'estomac que par le courant d'air produit par les mouvements d'inspiration du thorax.

Chez les oiseaux , la préhension des aliments liquides s'opère d'une façon différente: la plupart puisent l'eau dans leur bec inférieur, qui remplit l'office de cuiller, et la font pénétrer dans leur gosier en renversant la tête en arrière. D'autres animaux, le chien par exemple , boivent en puisant l'eau avec la langue qu'ils recourbent, façon d'ingérer les liquides qu'on nomme vulgairement laper.

Mastication. Les aliments solides introduits dans la bouche sont soumis à l'action des dents, qui les broient et les rendent plus facilement attaquables par les sucs digestifs. L'expérience a démontré que la digestion des aliments en gros fragments est plus lente que celle des matières bien divisées. Certaines substances, les haricots et les grains de raisin par exemple , ne sont même pas digérées du tout, lorsqu'elles n'ont pas été mâchées. Beaucoup de maladies de l'estomac ont pour origine , très-souvent méconnue, une mastication insuffisante résultant du mauvais état des dents. Un individu qui mâche mal finit toujours par mal digérer. La simple application d'un dentier ou, si les dents sont bonnes, le conseil de mâcher plus lentement , amène , dans des cas semblables, des guérisons qu'aucun médicament ne pourrait évidemment produire.

La mastication ne s'observe pas chez tous les animaux. Elle est inutile chez ceux qui se nourrissent d'aliments de digestion facile, mais elle est indispensable lorsque l'alimentation se compose de substances végétales à enveloppes résistantes, telles que les graines.

Les oiseaux granivores, il est vrai, n'ont pas de dents , mais, en échange, ils possèdent un estomac musculeux nommé </é5/er, dont les contractions énergiques broient les matières les plus résis-

riIYSIOLOGîE HUMAINE.

tantes. Les noisettes qu'on fait avaler à des dindons sont immédiatement brisées dans leur estomac. Les oiseaux rendent le broiement de leurs aliments encore plus complet en avalant de petits

Fig. 48. — Tube diyesiifdes oiseaux granivores*.

graviers qui, comprimés avec les graines dans le gésier, agissent sur elles comme une meule.

Chez l'homme et chez les animaux qui mâchent leurs aliments, la mastication se fait au moyen des dents, organes résistants im-

* a) Œsophage. — b) Premier estomac ou jabot dans lequel les aliments s'accumulent en dépôt. — c) Ventriculi- succenlurié OÙ se fait la séciétion du suc gastrique. — d) Gésier, estomac garni d'une tunique musculaire très-é|iaisse, dont les contractions broient les allmeuts. — /) Intestin grêle. — ..jf) Pancréas. — h) Continuation de |'inle^tin grêle. — l) Gros intestin. — m, m') Uretères, canaux qui conduisent l'urine dans l'intestin. — n) Oviducte, canal qui coiuluil les œufs de l'ovaire dans l'intestin. — o) Cloaque, réservoir commun de l'urine et des matières fécales. — j>) Foie, — r) Vésicule biliaire. — s , s) Caecums.

DIGl^STION Di:S ALIMENTS.

planlds dans les alvéoles où, en raison de leur forme conique, ils ne peuvent s'enfoncer lorsque les mâchoires se rapprochent avec force.

La forme des dénis varie suivant le régime des animaux, et en examinant les dents d'un animal , il est facile de dire de quels aliments il se nourrit. Pointues et recourbées chez les carnassiers , elles sont aplaties chez les herbivores.

La mâchoire supérieure est soudée au crâne et complètement

Fig. 49. — Arliculalion de la mâchoire supérieure avec le temporal, vue par sa face interne *.

immobile. La mâchoire inférieure est, au contraire, très- mobile. Pendant la mastication , l'extrémité convexe par laquelle elle s'articule avec l'os temporal sort de la cavité où elle se trouve pendant le repos et se porte en avant, ainsi qu'on peut le sentir facilement en plaçant le doigt au devant de l'ouverture de l'oreille.

•) I) Lieu d'insertion du ptcrygoïdien interne. — 1) Ligniiicnt stylo-maxillaire étendu de l'apophyse styloïde k l'angle de la màclioirc. — .'i) Gouttière mylo-liyoidienne où s'insère le muscle mylo-hyoidien.— 4) LiganuMit latéral interne qui s'insère à l'épine du sphénoïde et à l'orificu du canal dentaire. — 5) Lieu d'insertion du ptérygoïdien externe. — 6) Ligament latéral externe s'insérant au coudyle de la mâchoire et au tubercule externe de l'apophyse zygomatique.

PIIY.SrOLOGlE HUMAINE.

Les mouvements de la mâchoire s'exécutent au moyen de mus-

Fig. 50. — Mâchoires pendant la masUcalion*.

Fig. 51. — Réyion temporale.** (L'arcade zygomatlqiie a été enlevée pour laisser voir les organes placés derrière elle.)

* 1) Os frontal — 2) Os pariétal. — 3) Os occipital. — 4) Os temporal. — 5) Articulation de la m;Ulioire. — 6) Ligament latéral externe de cette ariiculation. — 7) Apophyse coronoïde de la mâchoire inférieure. — 8) Muscle temporal.

** 1) Muscle ptérygoïdien externe. — 2) Ptérygoîdien interne. — 3) Carotide externe. — 4) Altère teinpoiale superlicielle. — 3) Altère maxillaire mlerne. — 6) Nerf maxillaire supérieur. — 7) Nerfs jalatins. — Si Nerfs dentaires postérieurs. — 9j Nerf sous-orhilaire et cerf dentaire antérieur. — 10) Nerf dentaire inférieur. — 11) Nerf lingual.

DIGESTION DES ALniENTS.

des abaisseurs * et de muscles élévateurs**. Les premiers n'ayant

Fig. 52. — Rcrjion antérieure du cou *. (La tèle a été rcjelée en arrière, de façon à laisser voir les muscles abaisseurs de la mùclioire qui se trouvent

sous le menton.)

*Les muscles abaisseurs sont: le géni-hyoïdien, qui s'insère derrière le menton aux apophyses géiii et à l'os hyoïde; le viylo-hyoïdien , qui s'insère derrière le menton k la ligne mylo-hyoïdienne et à l'os hyoïde; le ptérygoîdien externe, qui s'insère à l'apophyse pte'rygoïde, à la face latérale du sphénoïde et au condyle du maxillaire inférieur; et le digastrlque, qui s'insère à l'apophyse mastoïde et à la face postérieure du menton; il est séparé en deux portions par un tendon qui va s'insérer ^à l'os hyoïde.

** Les muscles élévateurs de la mâchoire sont : le masseter, qui s'insère en haut au bord inférieur de l'os de la pommette et à la face interne de l'apophyse zygomatique, en bas à la face externe du maxillaire inférieur; le temporal, qui s'insère dans toute l'étendue de la fosse temporale et sur l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur; le ptérygoîdien interne, qui s'insère dans la fosse ptérygoïde et à la partie interne de l'angle de la mâchoire. Les deux premiers élèvent la mâchoire; le dernier sert, avec le ptérygoîdien externe, à lui communiquer les mouvements de latéralité qui produisent la trituration.

* I) Mylo-hyoldien. — 2) Digastrique. — 3) Stylo-hyoïdien. — 4) Sterno-mastoïdien. — 5) Sterno-thyroiJien. — 6) Sterno-hyoîdien. — 7) Omo-hyoidieii. — 8) Trapèze. — 0) Angulaire d.- l'omoplate.— ^0) Scalène. - <l) TracliéB. — <2) Corps thyroïde. — 13 et 14) Artère carotide. — 15) Nerf spinal. — 16) Nerf Lypogîosse. — 17 et 18) Clavicule.

pas de résistance à vaincre , puisque leurs fonctions se bornent à abaisser la mâchoire qui a déjà une tendance naturelle à ce mouvement, sont peu puissants. Les seconds devant surmonter, au contraire , des résistances considérables, puisqu'ils servent à broyer les aliments, sont volumineux et possèdent une force très-grande. Il n'existe qu'un petit nombre d'animaux, les reptiles par exemple, chez lesquels les deux mâchoires soient mobiles. Il en résulte que leur bouche peut se dilater considérablement, ce qui leur permet de saisir très-facilement leur proie. Chez quelques-uns , cer-

Fig. 53. — Mâchoire d'un reptile (la vipère) *.

tames dents sont percées d'un canal dans lequel s'écoule un liquide vénéneux fourni par une glande placée de chaque côté de la tête sous le muscle temporal. C'est avec ce liquide que l'animal tue sa victime avant de la dévorer.

D égl ut iti on. Les aliments convenablement réduits en pâte par la mastication sont d'abord placés par les mouvements des diverses parties de la bouche sur le dos de la langue, qui les comprime contre la voûte palatine et les force de se diriger vers l'entrée du gosier. Pendant cette opération, le voile du palais est tendu par les muscles

*A. Os tympanal. — B. Mâchoire inférieure. — C. Os ptérygoïdien. — D. Muscle ptérygoïiiicn interne. — E. Muscle ptérygoïdien externe. — F. Muscle temporal antérieur. — G. Muscle temporal postérieur. — H. Muscle abaisseur de la mâchoire inférieure. — I. Glande lacrymale (la glande à venin située au-dessous a été enlevée). — J. Narine. — K. Dent venimeuse ou crochet (elle est couchée pendant le repos). — L. Dents de remplacement. — M. Langue. — N. Son ouverture laryngée. — 0. Sa bifurcation.

<) Os ptérygoïdien. — 2) Os maxillaire. — o) Tendon du ptérygoïdien interne. — 4) Tendon du ptérygoïdien externe s'insérant, comme le précédent, sur l'os maxillaire; en se contractant , il relève le crochet. — 5) Canal excréteur de la glande à venin. — 6 et 7) Conduits de la dent à venin.

IDO

auxquels il s'attache, aûa d'offrir à la masse alimentaire un plan résistant. Ces mouvements constituent le premier temps de la déglution ou action d'avaler, le seul soumis à l'empire de la volonté. Chez les individus atteints de paralysie de la langue et chez ceux dont la voûte palatine est perforée , il s'exécute très-imparfaite-

Fig. 5i, — Coupe verticale de la bouche d'avant en arrière*.

ment. Chez le.o premiers , en effet , le bol alin>3ntaire n'arrive que difficilement a l'entrée du gosier; chez les seconds , il passe en par-

*a) Voûte des fossi'S nasales. — b) Vertèbres cervicales. — c) Voile <iu palais. — d) Section de la mâchoire inférieure, sur laquelle on voit s'insérer le muscle génio-glosse. — e) Section de l'os hyoïde. — /) Coupe du larynx. — g) Nez. — A) Lèvre supérieure. — i] Coupe du cartilage thyroïde ou pomme d'Adam. — j) Sinus sphénoïdal. — k) Lèvre inférieure. — l) Muscle génio-glosse formant une grande partie de la langue. — m, n, o) Cornets de la fosse nasale droite. — p) Artère vertébrale. — q) Sinus frontaux. — r, s) Pharynx. — t) Amygdale droite entre les pdiers antérieur tt et postérieur v de ce c6lé du voile du palais; au-dessus de l'amygd-nle on voit la luette. — x) Vertèbres cervicales. — y) Épiglotte redressée contre la base de la langue; elle couvre l'oriGce suoérieur du larynx pendant la déglutition. — z) Orifice de la trompe d'£ustache.

PHYSIOLOGIE 1IU:^[ATNE.

tie par les fosses nasales. Les individus atteints de perforation palatine ne peuvent manger qu'en fermant cette ouverture au moyen d'un obturateur.

Arrivé à l'entrée du gosier, le bol alimentaire comprimé par la base de la langue et par les muscles du plan inférieur de la bouche pénètre dans le pharynx, qui se soulève pom' venir au devant de lui. Quand le pharynx retombe ensuite, les aliments se trouvent dans l'œsophage.

On peut facilement constater le mouvement d'élévation du pha-

Fig. 55. — Muscles constricteurs et élévateurs du pharynx*.

rynx en plaçant le doigt sur le bord saillant du cartilage thyroïde (pomme d'Adam), pendant que l'on avale les aliments. Cet organe, étant soudé au pharynx, le suit dans ses mouvements.

. 1) Partie supérieure du pharynx. - 2) Rocher. - 3) Apophyse styloïde. - 4) Ligament slylo-hyoUien - 5 à 8) Constricteur supérieur. - 9 et 10) Constricteur moyen. - 11 et 12) Constricteur infeneur. -13j Stylopharyngien.

DICESTION DF.S ALIMENTS. 1 !1

La salive joue un rôle très-utile dans la déglutition, en facilitant le passage des aliments; lorsque celte sécrétion est supprimée, les animaux ne peuvent plus avaler.

En traversant le pharynx , les aliments pourraient pénétrer dans les fosses nasales ou dans le larynx, si l'orifice de ces cavités n'était pas exactement fermé. L'occlusion de l'ouverture des fosses nasales est opérée par le voile du palais , qui se tend horizontalement devant elle, sans cependant s'y appliquer comme le croyait Bichat. Celle du larynx est produite par le rapprochement des lèvres de la glotte et surtout par l'épiglolle, qui, repoussée contre la base de la langue par le soulèvement du pharynx, bascule et s'abaisse sur l'ouverture du larynx, qu'elle ferme comme le ferait une soupape.

Lorsqu'on fait une inspiration en avalant, l'épiglotte se relève, et quelques parcelles d'ahments arrivent au contact du larynx , d'où elles sont expulsées par des efforts violents de toux. L'expression avaler de travers, employée vulgairement pour désigner ce phénomène, est, comme on le voit, parfaitement justifiée. Les individus privés d'épiglotte par une blessure ne peuvent que trèsdil'ficilement avaler.

Arrivés dans l'œsophage, les aliments sont entraînés par la contraction des fibres de ce canal et le parcourent lentement. Les fibres longitudinales raccourcissent sa longueur et le portent au devant de la masse alimentaire; les fibres circulaires rétrécissent son diamètre et repoussent les aliments de haut en bas.

La pesanteur ne joue dans la marche des aliments qu'un rôle irès-accessoire. Un grand nombre d'animaux, les herbivores notamment, ont la tête au-dessous du niveau de l'estomac lorsqu'ils mangent , et on voit fréquemment des bateleurs avaler les aliments en se mettant la tête en bas.

Séjour des aliments dans l'estomac. Pendant que les aliments arrivent dans l'estomac, l'ouverture inférieure de ce dernier est fermée par la contraction de l'anneau musculaire qui l'entoure, de sorte que les matières alimentaires ne peuvent pénétrer dans l'intestin. Quand le repas est terminé, l'orifice supérieur de l'es-

PHYSIOLOaiE HUMAINE.

tomac se ferme également. De cette façon , les aliments se trouvent emprisonnés dans cet organe et ne peuvent en être chassés par la pression du diaphragme et des muscles abdominaux. L'estomac d'un animal peut être énergiquement comprimé après le repas sans laisser échapper son contenu.

Le séjour des aliments dans l'estomac n'est nécessaire que pour les substances solides. Les liquides, qui n'ont pas besoin d'être digérés, ne font que le traverser. On trouve de l'eau dans le gros intestin d'un cheval, cinq minutes après son ingestion.

Pendant que les matières alimentaires se trouvent dans l'estomac , cet organe éprouve une série de contractions qui leur impriment un mouvement de rotation continuel et mettent toutes les parties de leur masse en contact avec le suc gastrique. Lorsque ces

Fie. ôC. — Estomac de riiomtue *.

contractions n'ont pas lieu , ce qui arrive quand on paralyse l'estomac par la section des nerfs pneumo-gastriques,k masse alimen-

* I) OEsophage. — 2) Cardia. — 3) Grosse lubérosilé. — 4, 5, 6) Pylore. — 7)^Petite courbure. — 8j Gra;.de courbure. — 9) Partie se continuant avec le duodénum.

taire ne se trouve plus mélangée au suc digestif, et sa partie superticielle est seule attaquée.

Les mouvements de l'estomac s'opèrent sous l'action des fibres musculaires de cet organe; ils ne se produisent pas sur tous ses points en même temps, mais déplace en place; la masse alimentaire se trouve de celte façon promenée sur toutes les parties du réservoir qui la contient.

On peut facilement constater l'existence des contractions de l'estomac, en ouvrant ce dernier; chez un animal auquel on a fait boire du lait un quart d'heure auparavant , on trouve sur le liquide coagulé les sillons produits par l'impression des fibres musculaires.

Sous l'influence de causes diverses, telles qu'une accumulation trop considérable de matières alimentaires , la présence de substances toxiques etc., l'estomac rejette son contenu au dehors par la bouche. Ce phénomène a reçu le nom de vomissement. Il est produit, non pas par la contraction des muscles de l'estomac, qui seraient trop faibles pour cela, mais par celle des muscles abdominaux et du diaphragme , qui agissent en diminuant le volume de la cavité abdominale et en comprimant la poche stomacale ; c'est par celle de ses extrémités qui est la moins résistante, c'est-à-dire par son extrémité supérieure, que les aliments sont expulsés.

Une expérience ingénieuse de Magendie prouve que c'est bien la contraction des muscles abdominaux et du diaphragme qui produit le vomissement. Ce physiologiste enlevait l'estomac à un chien et le remplaçait par une vessie de cochon pleine d'eau dont l'orifice communiquait avec le bout inférieur de l'œsophage. En injectant ensuite de l'émétique dans les veines , après avoir refermé les parois de l'abdomen avec une suture, il voyait cet estomac artificiel se vider presque complètement sous l'influence des efl*orts de vomissement.

Pendant les mouvements de vomissement, le voile du palais se lève devant l'orifice postérieur des fosses nasales et empêche les matières expulsées de pénétrer dans le nez. Quelquefois, cependant , le vomissement est tellement brusque , que le voile du palais

PHYSIOLOniK KUMAINE

n'est pas encore relevé et les matières alimentaires sortent en même temps par le nez et la bouche.

Pour que les causes qui provoquent le vomissement puissent le produire , il faut qu'elles agissent d'abord sur le système nerveux. L'introduction de l'émétique dans l'estomac ne détermine le vomissement que lorsque cette substance pénètre dans le sang et se trouve en relation avec les nerfs.

Chez certains animaux, le cheval par exemple, le vomissement est presque impossible parce que les fibres musculaires de l'estomac s'enroulent autour de l'œsophage et , en se contractant , ferment l'orifice inférieur de ce conduit. Chez eux, les indigestions sont fort dangereuses. Le docteur Auzoux rapporte que, dans la campa-

Fig. 57. — Estomac du dicval *.

gne de 1812, des quatre- vingt mille chevaux qui passèrent le Niémen avec l'armée française, plus de la moitié moururent en quelques jours pour s'être nourris avec excès de blés verts et d'autres fourrages sur pied. Ces aliments introduits dans l'estomac en trop grande quantité ne purent être convertis en chyme et, ne pouvant ni passer dans l'intestin ni être expulsés au dehors , déterminèrent la mort. Si l'on avait donné à ces animaux les fourrages verts par petites portions , ils auraient pu facilement les digérer.

* A. OEsophage autour duquel s'enroulent des fibres musculaires. des parois. — E , F, G, H. Intérieur de l'estomac. — J. Intestin.

— B, C. Fibres musculaires. — D) Coupe

Le vomissement constitue une fonction régulière chez un certain nombre d'animaux. Beaucoup d'oiseaux, après avoir absorbé leur nourriture, la vomissent au bout de quelques instants, pour la donner, à demi digérée, à leurs petits. Les abeilles agissent de même pour nourrir leurs larves.

La rumination, qu'on observe chez divers herbivores , tels que le bœuf, le mouton, la chèvre, le chameau, est un phénomène trèsanalogue au vomissement. Ces animaux possèdent plusieurs estomacs communiquant entre eux. Le premier est un vaste réservoir dans lequel s'accumulent les aliments à peine mâchés. Quand il est suffisamment plein , ses contractions font remonter par portions la masse alimentaire dans la bouche, où elle est soumise à une nouvelle mastication, après laquelle elle redescend dans le tube digestif pour subir l'action du suc gastrique.

Les matières expulsées par l'estomac ne sont pas toujours solides et liquides: ce sont souvent des gaz accumulés dans cet organe. Leur émission a reçu le nom d'éructation. C'est un vomissement gazeux produit, comme le vomissement ordinaire, par les contractions des muscles abdominaux et du diaphragme. Au moment de leur expulsion , ces gaz déterminent un bruit spécial résultant des vibrations de l'ouverture supérieure de l'œsophage sous l'influence de leur passage.

Séjour des aliments dans l'intestin. Lorsque les aliments sont réduits en bouillie dans l'estomac, ils franchissent le détroit pylorique, qui ne s'oppose qu'à la sortie des aliments solides. Ce passage n'a lieu que graduellement, à mesure que les substances sont transformées en pâle. Lc*s liquides seuls, ainsi que nous l'avons dit plus haut , traversent l'estomac sans y séjourner.

Les aliments cheminent dans l'intestin sous l'influence des contractions des fibres musculaires de cet organe*. Ces contractions se

* Les fibres longitudinales raccourcissent la portion d'intestin dans laquelle va s'engager la masse alimentaire et la portent devant elle. Les fibres circulaires placées derrière le bol alimentaire le poussent en avant en rétre'cissant le diamètre du tube intestinal. Ce double mouvement se propage sur toute la longueur de l'intestin, qui se trouve sans cesse alternativement resseri-J dans un point et dilate' dnns un autre.

lu

niYSIOLOGIE HUMAINE.

produisent régiilièremenl et lentement, de façon a laisser aux fluides digestifs le temps d'agir sur les aliments et aux villosités celui d'abso'i'ber les principes assimilables. Quand, sous l'influence d'une

Fio'. J8. — Tube di'jestif*

* A Bouche - B Langue. — C. Fosses nasales. — D. Voile du palais. — E. Pharynx. — F. Epiglotte. — G Trachée ailèie. - II. OEsophage. - I. Estomac. - J. Cavité de l'estomac. - K. Ouverture de l'œsophage dans l'eslomac - L Ouverlure pylorique de T estomac. — M. Duodénum. — N. Ouverture du canal qui conduit la bile à l'intestin. - 0. Vésicule biliaire - P. Pancréas. - Q , R. Circonvolutions de l'intestin grêle. — S. Cœcum. - T. Appendice caecaf. - U. V, X, Y. Crus intestin: U est le colon ascendant. V le colon traus^ cerise , X 1 i«olon descendant, ï i'S iliaque. — Z. Ueclum.

excitation trop vive, ces mouvements se produisent avec une rapidité anomale, les fonctions de l'intestin sont troublées et son contenu est rendu sans être digéré. C'est là un des effets bien connus de la peur et des émotions morales chez les sujets impressionnables.

Dans le trajet à travers l'intestin grêle, les aliments se dépouillent presque complètement de leurs diverses parties assimilables. Ils pénètrent ensuite dans le gros intestin, séparé du précédent , ainsi que nous l'avons vu, par la valvule de Bauhin , disposée de façon à permettre l'introduction de la masse alimentaire, mais à en empêcher le retour. Ils le parcourent lentement et s'accumulent dans

sa portion inférieure, c'est-à-dire dans le rectum.

Les mouvements du tube digestif sont complètement indépendants de la volonté. Ils sont placés sous l'influence du nerf grand sympathique. Dans les nz-bd.-Emhourhm-c de nniesungrùio maladies du cerveau et de la moelle dansicorosMc.iin*.

épinière, l'intestin est plus ou moins paralysé, et il en résulte des constipations très-opiniâtres.

Expulsion du résidu des aliments au dehors. Lorsque le résidu de la digestion est accumulé en une certaine quantité dans la partie inférieure du rectum, le besoin de le rejeter au dehors se fait sentir ; son expulsion a reçu le nom de défécation.

Le mécanisme de la défécation est le même que celui du vomissement; elle se produit sous l'influence des contractions des muscles abdominaux et du diaphragme et est favorisée par la contraction des fibres musculaires du rectum.

Pendant la défécation , tous les organes situés dans l'abdomen

*() Intestin grêle. — 2, 2| Valvule de liaulun ou iléo-coecale, dite harriire des a-potliicaires. — 3) Cascum. — 4) Orifice (le rappendice caecal. — 5} Plis de la muqueuse au bord de cette emboucliure. — 6) Gros intestin (cuiun asceiidautj. — 7« 7) Keplis de la muqueuse intestinale.

sont comprimés et tendent à laisser échapper leur contenu ; mais la contraction de l'orifice cardiaque de l'estomac empêche les aliments de remonter vers la bouche et celle du sphincter de la vessie s'oppose à l'émission de l'urine. Ce liquide n'est, en effet, chassé hors de son réservoir, pendant les selles, que lorsque les efforts de défécation sont très-violents.

Pendant l'expulsion du résidu de la digestion , l'anus tend à être repoussé au dehors, mais il est retenu par un muscle puissant, le releveur de Vanus dont les fibres insérées au pourtour du bassin le relèvent en se contractant.

La sortie des matières fécales est dépendante de la volonté;

Fig. GO. — Ré(]icn du périnée chez l'homme, préparée de façon à montrer le sphincter et le releveui

de l'anus *.

dans l'intervalle des garde-robes , elles sont retenues par la contraction des sphincters, muscles épais qui entourent la partie infé-

1, I ) Ischion — 3) Coccyx; on voit en avant l'anus entouré de son sphincter. — 4) Nirf honteux interne. — o) SjjhiDctLT de l'anus. — 6) Muscle releveur de l'anus. — 7) Nerf périiiéal. — 8) Branche du nerf honteux intime. — 9 , 9; Muscle ischio-caverneux. 10) Nerf petit scialique. — 11) Insertion du droit interne. —

12) Rameaux du nerf petit sciatique, — -13] Coupe du ligament sacro-scialique. — 14) Coupe du grand fessier.

rieure du rectum comme un anneau et en ferment complètement l'orifice.

Quand le besoin d'aller à la selle n est pas très-impérieux, on peut y résister par les contractions des sphincters; mais leur puissance a des limites au delà desquelles la contraction de l'intestin l'emporte et détermine l'expulsion des matières fécales malgré la volonté.

Après la cessation de la vie , les muscles ne se contractent plus, les sphincters se relâchent et laissent échapper le contenu de l'intestin. Cette évacuation constitue un des signes les plus certains de la mort.

Les gaz qui se forment dans le tube digestif (azote, hydrogène , acide carbonique, hydrogène proto-carboné, hydrogène sulfuré) sont rejetés au dehors par un mécanisme analogue à celui que nous venons de décrire. Ils jouent dans la digestion un rôle fort utile, en maintenant béantes les cavités du tube digestif, que les matières alimentaires parcourent alors sans difficulté. Ils adoucissent, en outre, la pression des muscles abdominaux sur les intestins et amortissent par leur élasticité les ébranlements de la course et du saut.

Lorsque ces gaz sont accumulés en grande quantité dans l'intestin sans pouvoir être expulsés , le ventre enfle démesurément et les mouvements du diaphragme peuvent être gênés au point de produire l'asphyxie. On est alors obligé de ponctionner l'intestin pour leur donner issue. Cette opération , faite avec un trocart capillaire , est peu dangereuse, môme chez l'homme.

Le ballonnement du ventre sous l'influence d'un développement de gaz considérable s'observe fréquemment chez les vaches qui ont mangé beaucoup de fourrages verts. Quand les gaz qui se forment sont constitués par de l'acide carbonique , on peut les saturer en faisant prendre à l'animal une solution étendue d'ammoniaque. Mais quand ils sont d'une autre nature , ce qu'on reconnaît à l'inefficacité de l'ammoniaque, on est obligé de recourir à la ponction.

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