CHAPITRE XVI
RENOUVELLEMENT DES ÉLÉMENTS DES ORGANES. SÉCRÉTIONS, ABSORPTION ET NUTRITION.
§ 1er. Budget des recettes et des dépenses des organes. — Tableau des recettes et pertes du sang. — Résultat du défaut d'équilibre entre les recettes et les dépenses. — Formes sous lesquelles les éléments sont introduits et rejetés dans le sang. — §2. /Sécrétions. — Mécanisme de la sécrétion. — Structure des glandes. — Matériaux qu'elles sécrètent. — Eôle des nerfs sur les sécrétions. — Sécrétions des séreuses et des muqueuses. — Sécrétion de la rate. Rôle dérivateur du sang attribué à cet organe. — Sécrétions du corps thyroïde et du thymus. — Sécrétion du foie. — Structure de cet organe. — Sécrétion de la bile. — Rôle dépurateur du foie. — Physiologie de l'ictère Présence du sucre dans le foie. — Production du diabète et explication de ses effets. — § 3. Etude de V absorption. — Rôle de l'absorption dans la nutrition. — Mécanisme de l'absorption. — Osmose et diffusion des liquides.
— Voies de l'absorption. — Absorption cutanée. — Absorption dans les bains. — Imperfection des méthodes employées pour la constater. — Absorption à la surface de la peau dépouillée de son épiderme. — Absorption par le tissu cellulaire sous-cutané. — Absorption à la surface des muqueuses. — Cause de l'innocuité des virus introduits dans l'estomac. — Absorption intestinale. — Absorption pulmonaire. — § 4. Nutrition et reproduction des tissus. — Nutrition des divers tissus : épiderme, poils, ongles, os. — Reproduction des membres après leur ablation chez les animaux inférieurs. — Réunion des parties séparées du corps chez les animaux supérieurs. — §4. Circulation de la matière dans les organes. — Rapidité du renouvellement des éléments des organes. — Les êtres vivants sont formés d'éléments qu'ils empruntent au même milieu. — Série des métamorphoses que la matière éprouve en passant par la plante et par l'animal. — Retour au milieu primitif.
— Eternelle jeunesse de la matière.
§ l"- BUDGET DES RECETTES ET DES DÉPENSES DES ORGANES.
Nous avons vu que les éléments des organes se renouvellent toujours et que le sang est le milieu dans lequel vivent tous les tissus. C'est dans ce liquide qu'ils puisent tous leurs matériaux réparateurs et rejettent les éléments usés.
Les êtres vivants ne vivent, en réalité, qu'à la condition d'être
toujours plongés dans ce liquide. La peau qui forme l'enveloppe extérieure du corps est comparable au verre du bocal dans lequel des poissons sont plongés. Ces animaux représentent les éléments des organes, et le liquide dans lequel ils nagent^ le sang.
Nous avons vu aussi, dans le chapitre consacré à l'étude de l'alimentation, que chez l'adulte la proportion de matériaux introduite dans l'organisme est rigoureusement égale à celle qui en sort, et que, pour 100 parties d'aliments et d'oxygène absorbées (75 d'aliments et 25 d'oxygène), il y avait exactement 100 parties éliminées au dehors par les reins, les poumons et la peau (35 d'urine et d'excréments , 30 d'acide carbonique , 35 d'eau).
Les causes diverses des recettes et des pertes du sang peuvent se résumer de la façon suivante :
i° Recettes du sang :
a) Produits alimentaires fournis par le tube digestif;
b) Oxygène emprunté à l'atmosphère parles poumons et la peau;
c) Matériaux divers provenant de l'usure des tissus (urée, acide carbonique, etc.) et qui s'accumulent dans le sang jusqu'à leur élimination au dehors;
d) Liquides fournis par le système lymphatique et par diverses glandes , telles que la rate, le foie, etc.
2» Dépenses du sang :
a) Liquides et gaz éliminés par les poumons, les reins et la peau (urine, eau, acide carbonique, sueur);
b) Liquides éliminés par diverses glandes sécrétantes, tels que le lait, les larmes, le mucus, etc. ;
c) Matériaux fournis aux organes pour leur nutrition.
(La chaleur, le mouvement et les forces diverses que produisent les organes sont également des causes de pertes importantes, mais elles se traduisent par la transformation des tissus et la formation des produits d'élimination mentionnés plus haut).
Lorsqu'il y a équilibre entre les recettes et les dépenses du sang, le poids du corps reste invariable; si la recette l'emporte sur la dépense, ce qui a lieu, par exemple, pendant la croissance, les organes augmentent de volume; si ce sont, au contraire, les dépenses qui l'emportent, la nutrition et la production des forces se font aux dépens des éléments des tissus eux-mêmes , qui diminuent alors de volume, c'est-à-dire maigrissent. C'est là ce qui arrive dans l'abstinence, ce qui se produit aussi chez le vieillard: chez ce dernier, la peau, devenue trop large pour les tissus qu'elle recouvre, se ride; les muscles, amincis, sont impuissants à re-
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dresser la tête et le eorp?. qui se penchent en avant ; les os diininuent de volume cl se l)iis('iil sous le plus Ici^mt cllorl.
C'est sous loiinc de cIinIc cl de lyniplic, li(juides dont nous avons j)réèédeunuenl éludit' la eoinposilion. (jue sont intioduits dans le sani^ les matériaux empruntés au\ aliments par l'appareil digestif, et sous l'orme d'oxyi^'ène qu'y ()énètre l'élément louiiii par l'atmosphère.
Les matériaux di.^estiis sont dissous dans le sérum, (jui renl'crme ainsi les principes nutritifs du sang. Quanta l'oxygène, il est fixé dans les globules, et sert à mettre en liberté les forces latentes que contiennent les principes accumulés dans les tissus par la digestion.
Quant aux éléments des tissus qui ont été usés, c'est-à-dire ramenés à l'état de composés de plus en plus simples, ne contenant plus une somme suffisante de forces disponibles, ils sont repris par le sang et rejetés au dehors sous des formes diverses, telles que l'urée, l'acide carbonique, la vapeur d'eau, etc., parles poumons, les reins et la peau. Ces résidus sont comparables aux cendres qui se forment dans un foyer et à la fumée qui se dégage pendant la combustion. L'énergie disponible- — la chaleur que le combustible contenait à l'état latent — a été usée par une série de transformations successives qui l'ont mise en liberté, sans, cependant, que le combustible ait, en réalité, rien perdu de son poids.
Les principales causes des recettes et des dépenses du sang, telles que la digestion, la respiration, l'urination, les diverses sé- .crétions, ayant déjà été étudiées dans cet ouvrage ou devant l'être plus tard', nous ne parlerons, dans ce chapitre, que des sécrétions dont l'élude ne doit [jas trouver place ailleurs et du mécanisme en vertu duquel la luilrition des tissus s'opère. Ce mécanisme implique l'étude du phénomène important désigné sous le nom lV absorption. C'est au moyen de ces deux fonctions opposées et corrélatives, Vabsorplion et la sécrétion , que la vie s'entretient chez tous les êtres.