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NUTRITION ET REPRODUCTION DES TISSUS

Nutrition des tissus. La nutrition est la fonction par laquelle les éléments des tissus réparent leurs pertes. Elle se fait aux dépens des matériaux fournis par les appareils digestif et respiratoire.

Nous avons vu, au chapitre consacré à l'étude de l'alimentation et du régime, comment doivent être combinés les aliments pour réparer les perles du corps, et pourquoi l'usage d'aliments contenant en excès certains principes et en proportion insullisante certains

autres nécessite une ingestion considérable de matériaux nutritifs et par suite une dépense inutile de forces pour l'appareil digestif. Il pourrait même arriver que la dépense de forces nécessaire pour l'assimilation fut inférieure au gain produit et par suite l'entretien de la vie impossible. C'est là probablement ce qui arriverait à l'homme qui voudrait se nourrir exclusivement, par exemple, de certains végétaux herbacés. Il se trouverait dans le cas d'un négociant assez riche pour payer ses créanciers s'il pouvait réaliser ses créances en temps utile, mais qui, faute de pouvoir recouvrer son argent assez rapidement, est obligé de faire faillite.

Ce sujet a été suffisamment traité pour qu'il soit inutile d'y insister davantage. Ayant montré comment se répare l'ensemble des pertes du corps et comment s'opère l'absorption, il ne nous reste plus qu'à étudier la nutrition dans les divers tissus.

C'est aux dépens du liquide exhalé par transsudation hors des vaisseaux capillaires et qui baigne les éléments des organes que se fait la nutrition des tissus. Plus ces derniers sont riches en vaisseaux, plus le mouvement nutritif est rapide. Les tissus privés de vaisseaux, comme l'épiderme, les ongles, etc., ont toujours cependant une de leurs extrémités en contact avec le suc nourricier. Nous allons décrire rapidement les phénomènes de la nutrition dans les plus importants d'entre eux.

Vépidenne qui recouvre la peau et Vépithélium qui protège les muqueuses sont en contact par leur face inférieure avec un réseau sanguin abondant qui leur fournit les éléments d'une rénovation rapide ; leur nutrition est donc facile.

Les ongles se développent de même aux dépens des vaisseaux que contient le derme qu'ils recouvrent. Leur accroissement en longueur se fait dans la matrice de l'ongle; celui en épaisseur, dans la partie adhérente à la peau.

Les cheveux et les poils se nourrissent d'une façon analogue. L'accroissement a lieu du côté de la racine, seule partie par laquelle ils soient en contact avec des régions riches en vaisseaux.

Les os sont, jusqu'à leur entier développement, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de 25 ou 30 ans chez l'homme, le sujet d'un travail nutritif très-rapide. Plus tard, leur rénovation est fort lente. Si on

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adiiiinislfo à de joiincs aniinjiux do la ii^aranco . leurs os so colorent en roii.ne ; si on suspend l'usa.ij^e de cette substance pour la reprendre au bout de quelques jours, on voit sur une coupe de l'os des couches blanches et rouges alterner. Chez l'adulte, la coloration par la i^arance se inanileste très-lentement, mais aussi elle persiste fort loni^'lenips, maii^ré la susj)ensiôn du régime garance, ce (jui prouve la lenteur du travail nutritif. Ce travail peut cependant s'accélérer dans certaines circonstances, comme, par exemple, lorsque le membre est fractui-é ou encore lorsque l'animal est [jrivé d'aliments calcaires. Dans ce dernier cas, l'organisme emprunte les éléments calcaires dont il a besoin aux os; mais ceux-ci finissent par se ramollir.

C'est aux dépens des éléments sanguins que contiennent les vaisseaux du périoste, menibrane qui recouvre les os, que ces organes se nourrissent. Privé de périoste, l'os cesse de vivre et n'est plus qu'un corps étranger que tous les efforts de l'organisme tendront a expulser du corps.

Dans les tissus autres que ceux que nous venons de mentionner, le mouvement d'assimilation et de désassimilation est très-rapide, surtout dans les tissus musculaire et graisseux. Il est facile, comme on le sait, par le régime, d'augmenter ou de diminuer leur développement. Dans l'inanition, c'est sur ces deux derniers tissus que portent principalement les pertes.

Reproduction des tissus. Chez les animaux supérieurs, les tissus les moins compliqués, comme les poils, les ongles et les cheveux, jouissent de la propriété de se régénérer. (Chacun sait que les cheveux ou les ongles coupés repoussent fort vite. Chez les animaux inférieurs, tous les tissus se renouvellent, des organes entiers se régénèrent après leur ablation. Une salamandre à qui on coupe la patte ou la queue en possède bientôt une nouvelle. En quelques semaines, les muscles, les vaisseaux, les nerfs, les os, toutes ces parties si délicates se sont régénérées. Quelques animaux très-inférieurs, tels que les polypes par exemple, peuvent même être coupés en plusieurs morceaux, dont chacun continue à vivre et devient bientôt un animal complet.

Chez les animaux supérieurs, les phénomènes de régénération de la plupart des tissus sont fort restreints. Quelques-uns de ces derniers , cependant, placés dans des conditions convenables, peuvent se régénérer. Un os enlevé d'un membre se régénère quand le périoste qui le recouvrait a été conservé. Les nerfs se régénèrent aussi dans une petite étendue.

Les adhérences que peuvent contracter des organes d'animaux de diverses espèces ou des organes du même animal d'abord séparés sont des phénomènes du même ordre. La patte d'un rat introduite sous la peau d'un autre rat s'y soude par suite de la formation de vaisseaux nouveaux et s'y développe. M. Bert est même parvenu à souder dos à dos et à faire vivre ainsi en bon accord forcé un rat et un chat. Des dents arrachées peuvent être replantées dans leurs alvéoles; des nez, des doigts, des langues et même, d'après quelques observateurs, des poignets coupés et remis en place se réunissent souvent aux parties dont ils ont été séparés et peuvent continuer à vivre. C'est en se basant sur cette vitalité de divers tissus qu'on est parvenu à refaire des portions d'organes, comme le nez par exemple, en empruntant pour leur restauration un lambeau de chair à une autre partie du corps. Les parties ainsi séparées d'un organe, puis réunies à un autre organe , se nourrissent, comme nous l'avons dit plus haut, par le développement de nouveaux nerfs et de nouveaux vaisseaux.

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