I.A CHArJ'JR AMMALi
(rnvail acroiiipli par la plante pour faire siiltii- ii la malirrc iiiiru'ralt' ces prolotides transforiiialions.
C'est uniqiienient au moyen de la chaleur empruntée au soleil que la plante transforme en produits doués d énergie [)otenlielle les éléments dont elle se nourrit, f.a clialeur solaire étant une f(jrce vive, le végétal ne fait, en réalité, que transfoiiner des forces vives en forces de tension. L'animal, au contraire, agit d'une façon opposée. Sous l'influence de l'oxygène de l'air et avec le concours du système nerveux, il réduit les éléments complexes fabriqués j^ar les végétaux en |)rincipesdeplus en plus simples, et transforme ainsi l'énergie potentielle qui s'y trouvait contenue en énergie active, aj)paraissant, comme nous l'avons vu, sous forme d'activité cérébrale, de mouvement, etc., et qui représente exactement la quantité de chaleur empruntée au soleil par la plante.
Nous voyons, par ce qui précède, que sans le végétal, qui emmagasine des forces pour lui, l'animal ne saurait vivre. La plante joue ainsi dans la marche des choses un rôle bien autrement important que celui un peu fictif, qu'on lui attribua pendant longtemps, de maintenir la pureté de l'atmosphère. Le monde végétal est un vaste réservoir où viennent se condenser les forces qui animeront l'animal. En détruisant les plantes, en déboisant les forêts, nous réduisons fiitalement la quantité de vie dont peuvent disposer les animaux qui peuplent la surface du globe.
Les plantes ne faisant, en réalité, qu'emmagasiner sous des formes diverses la chaleur que leur envoie le soleil, c'est cet astre qui est la vraie source de la vie. Les puissances multiples des êtres vivants ne sont que des formes de la puissance solaire. La force inerte qui fait mouvoir la machine à vapeur, comme celle qui met en jeu la machine humaine, c'est encore le soleil. Les rayons solaires tombés sur une forêt il y a des milliers de siècles furent absorbés par les végétaux (jui la formaient et leur permirent de décomposer l'acide carboni((ue et l'eau de l'atmosphère, pour fabriquer les produits complexes dont nous avons parlé plus haut. Brûlés aujourd'hui à l'état de houille dans le foyer d'une locomotive, ces végétaux développent une quantité de chaleur exactement égale à celle qu'ils avaient empruntée au soleil pour se former. Ils nous
rendent les rayons reçus autrefois, et grâce à ces derniers, nous franchissons l'espace.
C'est h tort, croyons-nous, que les notions qui précèdent ne figurent pas dans les traités de physiologie. Elles sont indispensables pour comprendre le rôle des diverses forces de l'organisme dont nous allons maintenant aborder l'étude.