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ils ne gardaienl plus Jesus avec autant detention qu'aux jours de son has age, ils ne s'iuquieterent pas de T avoir pres d'eux durant la premiere journee de marche, et ils partirenl de Jerusalem sans lui, comptant qu'il les rejoindrait le spir a 1'etape, apres avoir chemine avec un autre groupe de pelerins. Mais le soir, contrairement a leur attente, Jesus ne parut pas a 1'etape ; on croit que celle-ci fut a Beroth, 1'actuelle Bireh. En vain, Marie et Joseph s'enquirent de Jesus aupres des parents et des gens de connaissance qu'iis avaient dans leur caravane; nul ne pouvait dire ce qui elait advenu a Jesus; il etait done manifesto que celui-ci n' avail pas quitte Jerusalem. Tres inquiets, Marie el Joseph prirent le parti de relourner a la ville pour y chercher Jesus. La leurs recherches furent. assez longues ; elles se prolongerent infructueusement pendaot au moins une journee; car, nous dit revangelisle, e'est seulement trois jours apres le moment oil ils 1'avaient perdu de vue 1 que Marie et Joseph decouvriren I Jesus. .Ils le trouverent au Temple dans une des chamhres attenantes a la Gour des femmes et qui etaient specialemenl reservees aux docteurs de la loi pour qn'ils y donnassent leur enseignemenL
Prohablemenl, depuis le moment ou il s'etaitsepare de ses parents, Jesus n'etait plus sorti de 1'enceinte du Temple ; il y avail sans doule partage son temps
1 Tel nous parait etre le sens des mots : II arriva qu'apres trois jours ils le trouverent dans le Temple, Kai i-fivBTO jxeO' "vf(iepa? Tpei? eupov au-cov Iv t3 lepu. (Luc, II, 46.) .Nous ne pensons pas : qu'il faille comprendre que les recherches faites par Marie et Joseph a Jerusalem durerent trois jours; 1'usage hebraique etait de compter une portion de jour conime un jour plein.
DE '..- MSUS-GHRIST. $9
enlre la priere et 1'audition des doctenrs. Quand ses parents l'aperc,urent, il etait avec d'autres auditeurs, accroupi sur le sol a la maniere juive en face de plusieurs docteurs; il ecoutait leurs legons et de temps en temps il leur adressait des questions alin qu'ils ren dissent leur enseignement plus clair on plus complet. Or ses questions, comme les reponses qu'il etait parfois amene a donner aux docteurs, denotaient un tel jugement que lous les assistants, taut docteurs qu'etudianis, en etaient emerveilles. Survenant dans cette reunion, Joseph et Marie fnrent au premier abord absolument interdits * ; puis Marie s'etant reprise vint a son fils et lui dit <jes mots empreints de reproche : Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Voila que ton pere t moi nous etions a ta recherche tres en peine de toi . Pourquoi me cherchiez-\ous? repondit Jes^s; Ne saviez-vous pas que jje dois etre applique aux choses de mon pere? Se levant, cependant, il suivit sa mere et sortit du Temple avec elle et Joseph. Mais Marie et Joseph, remarque ici saint Luc, ne comprirent pas le sens de ce que Jesus leur avait (lit 8 . Marie et Joseph pouvaient a la rigueur lemoigner quelque surprise de n'avoir ;pas ete prevenus de Tacte d'independance que Jesus allait faire, lui qui jusqu'alors avait ete si deferent envers eux.
1 Litteralement : ils furent renverses, 'E^eitXaYTjo-av . Luc, II, 48.
2 Ka\ auTO\ oy auvrixav TO pv)[jwc 8 eXdftria-sv auTOi; (Lrc, -II, 50), ils ne coordonnkrent pas la parole qu'il leur avait dite. Le mot aiTot ne pcut s'appliquer aux autres assistants, Joseph et Marie mis a part. Le coatexte s'oppose a cette interpretation. D'ailleurs le verbe X),ew employe par saint Luc, et qul signifle : parler familibrement, indique I)ien que Jesus s'adressa particuli6rement a sa mere et a Joseph.
Mais ils savaient par les revelations de 1'ange Gabriel que Jesus etaitle fils de Dieu 1 et le Messie promis a Israel 2 ; ils auraient done du trouver tout naturel qu'il se mit au service de son pere celeste en negligeant les devoirs conventionnels que, du fait de son incarnation, il s'etait imposes envers eux. Si cette pensee ne leur vint pas a 1'esprit, ne serait-ce pas qu'ils ne s'etaient pas encore pleinement rendu compte de ce qui incombait a Jesus, de tout ce que comportaient ensemble sa divinite et sa mission sur terre 5 ?
Apres nous avoir relate cet episode, saint Luc nous dit que Jesus descendit de Jerusalem avec Marie et Joseph pour rentrer a Nazareth* . Gette formule nous parait indiquer qu'ils n'essayerent pas de rejoindre la caravane galileenne qui traversait le territoire samaritain, mais qu'ils retournerent chez eux par la vallee du Jourdain. Aussi bien les Samaritains ne virent pas sans colere un si grand nombre de Juifs emprunter cette annee-la leur territoire pour
1 Luc, I, 35,
2 Luc, I, 32 et 53.
3 Telle est 1'explication donnee par le Pere M. J. Lagrange dans son commentaire sur 1'eyangile de saint Luc (chap, u, verset 50). Mais dans la discussion du verset precedent, le Pere Lagrange avait propos6 une autre explication, en traduisant la reponse de Jesus a Marie par ces mots : Pourquoi me cherchiez-vous? ne saviez-vous pas gue je dois 6tre aupr&s de mon pere? c'est-a-dire dans sa demeure, le Temple. Cette reponse, fait observer le Pere Lagrange, convient bien a la mentalite d'un enfant de treize ans; il aurait pu ajouter qu'elle etait de nature a interloquer des parents demandant depuis trois jours leur enfant a tous les coins d'une grande ville. Le pere jesuite de la Broise (la Vierge Marie) fournit une troisieme explication: Marie et Joseph se seraient demande avec etonnement comment Jesus allait a 1'avenir s'appliquer'aux choses de son pere .
4 Luc, II, 51.
aller porter ses adorations dans un temple rival de leur temple du mont Garizim ; et a la Paque suivante quelques-uns d'entre eux se rendirent a Jerusalem pour insulter au culte juif.
Aucun des evangelisles n'a menlionne le sacrilege qui fut alors commis; nous ne le connaissons que par 1'historien Josephe 1 . Mais il est certain que, comme il se produisit pendant la semaine des azymes, Jesus, venu pour celebrer la Paque a Jerusalem, s'en trouva le temoin.
Profitant de ce que les porles de 1'enceinte du Temple elaient ouvertes la nuit pendant les fetes, quelques Samaritains les franchirent et ils semerent sous les portiques une certaine quantite d'ossements humains ; les portiques en contraclerent une souillure qui dura sept jours pleins*, et pendant ce temps tous les fideles durent s'ecarter de ces portiques et par consequent du Temple dont ils etaient 1'acces. Les portes furent depuis lors mieux gardees la nuit, mais les ceremonies de la semaine des azymes furent en cette annee 8 s brusquement interrompues et reportees du mois de Nisan au mois suivant *.
1 JOSEPHE, Anliquilis htbraiques, livre XVIII, chap. H, 2.
2 Nombres, XIX, H et suivants.
3 Josephe n'indique pas 1'annee exacte; mais il precise que le fails c passa lorsque Coponius etait procurateur en Judee, et peu de temps avant la cessation de ses fonctions; 1'annee 8 correspond bien a ces indications.
* Nombres, IX, 6 et suivants.