‹ La vie humaine de N.S. Jésus-Christ [microform]Chapitre 12 sur 72 · CHAP1TRE VIII · texte numérisé non relu

CHAP1TRE VIII

Annees d'adolescence et de jeunesse.

Pendant les dix-huit annees suivantes, Jesus vecut dans la plus profonde obscurite. Sur les premieres de ces annees, celles de 1'adolescenoe, saint Luc, le seul desevangelistes qui parle explicitement d'elies, se borne a ces simples mots : II etait soumis a Marie et a Josepii. II progressait en science, en taille et en charme devant Dieu et devant les homines 1 . Et un seul renseignement historique digne de foi peut etre ajoute a ces mots; ils furent, un siecle apres la mort de Jesus, interpretes de la maniere suivante par saint Justin qui ayant, fait ses etudes et passe toute sa jeunesse en Palestine ^et s'y etant converti au christianisme, avait certainement

recueilli a Nazareth ou dans les environs de ce petit bourg toutes les informations orales pieusement

1 LBC, II, 51 et 52 : Kal 'Irjo-oOc upol'/toifce ao<pt'a xai y;>.cx(a xac "/apiti napx Qew v.a v i avGptiTton;- On a I'enonce a traduire le mot vjXcxc'oc par age (tetas) comme avait fait la Vulgate; ce qui aboutissait a ce truisme redondant : Jesus progi'essait en age. De meme on convient generalement aujouixl'hui qu'il ne faut pas, traduire x^P'? par ment physique, mais par charme ou attrait moral.

conserves chez les compatriotes Chretiens 1 . Se developpant eomme le commun des autres homines et selon la marehe de la vie normale, Jesus prenait a chaque phase de ce deveioppement les attrihuts humains qui y eorrespondaient; et il passait ainsi par tous les changements que subit Texterieur d'un adolescent 2 .

Sur les annees qui suivirent celles de Tadolescence, c'est-a-dire sur celles de la jeunesse complete r les informations authentiques sont encore moins nombreuses; elles se reduisent a quelques rares traits, epars de-ci, de-la dans les evangiles et les antres livres saints.

Plusieurs auteurs out voulu remedier a cette pauvrete d'information, et y a cet effet, ils ont adapte^ avec force details, a la personne de Jesus la vie que mene a Fheure presente un habitant de Nazarethv Us out pu r ce faisant, produire de belles pages de poiBsie; mais ces pages, si seduisantes qu'ellespuissent etre, n'ont aucune valeur historique. II est; en effet, tres temeraire d'etablir une similitude entre ce qu'etaient il ; y a 1900 ans les habitants d'un 'petit bourg rural et ce qu'ils sont aujourd'hui .apres que leur pays a ete incessamment bouleverse par des invasions etrangeres, des devastations et de profonds changements d'ordre religieux, moral et politiquer On a dit awssi, en Ire anlres fantaisies, que Jesus, quand il habitait Nazareth, avail beaucoup vecu de

1 Saint Justin n'est pas, au point' devue strictement historique, une autorit6 irrecusable; ses erreurs sur les fails de 1'histoire generate s ont frequentes. Mais en ce qui concerne J4sus, il s'etait certainemenl d ocumente avec soin, et son temoignage doit etre tenu pour veridlque.

* Dialogue avec Tryphon, chap, itxxvnr, par. 2.

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la vie des champs, qu'il allait musant ou .philosophant dans les environs alors particulierement fer-, tiles et riants, et que la vue de cette vegetation florissante avait fortement influe sur la tournure de ses idees humaines; et Ton appuie cette conjecture sur le fait que, plus tard, dans son enseignement au peuple, il se servit tres souvent de comparaisons et de paraboles tirees des choses de la campagne. La remarque est loin d'etre concluanle; Jesus, qui possedait, caches en lui, tous les tresors de la sagesse et de la science 1 , se mettait tout simplemenl a la portee de ses auditeurs, paysans pour la plupart.

Aussi bien, les evangelistes laissent assez clairement entendre que Jesus, des qu'il fut en etat de rendre service a Joseph, ne connut pas les heures oisives; il fut d'abord apprenti, s'initiant peu a peu, sous la direction de son pere putatif, au metier de charpentier*; puis, sa force croissant avec 1'age, il aborda des travaux plus importants et il parvint a une habilete professionnelle qui lui permit, au temoignage de saint Justin, de fabriquer seul 5 des jougs pour bo3ufs et meme des charrues; natif de Sichem en Samarie, c'est-a-dire d'une ville qui n'etait pas tres eloignee de Nazareth, saint Justin, qui vecut un siecle apres Jesus, pouvait avoir vu encore en usage dans la region voisine quelques instruments agri-

1 SAIST PAUL, Epitre aux Colossiens, II, 3.

2 SAINT MATTHIEU (XIII, 55) le qualifie : le fils du charpentier (& toy TSXTWVO? ulo?); ce qui semble indiquer que J^sus durant tputson temps d'ouvrier resta subordonne a Joseph.

5 SAINT MARC (VI, 3) ditde Jesus : le charpentier; d'ou nous concluons que Jesus, bien que toujours en sous-ordre fit pourtant des travaux personnels.

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coles fabriques par celui-ci 1 . En se livrant a ces travaux manuels, remarque le meme ecrivain, Jesus donnait a ses compatriotes Texemple du devoir accompli et de la vie laborieuse 8 .

Les jours de sabbat, lorsque 1'atelier etait ferme, Jesus se rendait a la synagogue de la bourgade pour assister au service religieux qui remplagait, en province, les ceremonies celebrees dans le Temple a Jerusalem 3 . Ce service, en outre de prieres et d'actions de graces, comportait la lecture d'un extrait du Pentateuque, puis d'un exlrait quelconque des livres prophetiques ; apres quoi, un commentaire edifiant de ces extraits etait fait a 1'assistance par Fun des lecteurs. Comme dans les synagogues de province, il se trouvait rarement parmj les fideles un pretre ou un docteur pouvant remplir les fonctions d'officiant, ces fonctions retombaient sur des assistants de bonne volonte, et, si nous interpretons bien les paroles de saint Luc, Jesus commenga de bonne heure a prendre une part active dans la celebration de Toffice sabbatique*. Nous pouvons croire que ce fut en Tan nee 8 apres son retour de cette Paque ou il avail a Jerusalem si brillamment affronte les docteurs de la loi. Quelle qu'ait pu etre la discretion de Marie et de Joseph sur cet incident 8 , le bruit

1 SAINT 3vsi\y, Dialogue avec le juif Tryphon, 88.

3 SAIHT J0sra, Dialogue avec Tryphon, chap. LXXXVHI, par. 8.

3 Luc, IX, 16.

* Luc, IV, 16 : Le jour du Sabbat, selon sa couturae, il entra dans la Synagogue, et il se leva pour liven. D'apres nous, les mots : selon sa coutume, xara TO elw6b? auTw, s'appliquent non seulement a 1'entree dans la synagogue, mais a la lecture de la lecon.

5 Luc, II, 51 ; Sa mere conservait dans son coeur tous ces mots (notamment ceux prononc^s par Jesus dans le Temple) .

avail du en parvenir a Nazareth ; c'est pourquoi le chef de la synagogue 1 et les aneiens ne firent pas: opposition a ce que- Jesus, malgre son tres jeune age, lut et commentat une des legons du jour; au contraire,, leur. curiosite fut probablement excilee, et Ton peut ajouter qu'ils furent, ainsi que toute rassistaiice, agreablement touches par ses paroles; saint Luc ne nous dit-il pas que Jesus, durant toutes ces annees de Nazareth, ne cessa de gagner en faveur aupres des hommes 8 ?

Cette remarque de 1'evangeliste neus amene a rechereher ce qu'etait rapparenceexterieure.de Jesus lorsque, sous repanouissenient de la jeunesse^ "ill fut parvenu, durant son sejour a Nazareth, a la plenitude de son developpement humain. Le Nouveau Testament ne nous donne a cet egard que de bien maigres informations 3 , et, d'autre part, il est fort difficile, vu le style excessiTement image dans lequel ils sont conus, de tirej? des passages de rAneien Testament qui vraisemblablement se rapportent a Texterieur humain de Jesus *., des donnees suffisamment clah-es pour permettre de tracer de lui une simple esquisse.

Aujourd'hui beaucoup de personnes mues par un

* Rosch ha-keneselh, ap^KTVJvaywfo?-

2 Luc, II, 52.

3 SAINT Luc (II, 52) ,indique clairement que Jesus fut de haute taille et les quatre evang^listes en nous relatant les norabreuses marches, longues et souvent rapides, que fit Jesus, nous montrent que la contexture, de ses jambes 6tait, parfaite ; a cet egard, on ne peut que. s'^tonner de 1'opinion tres repandue dans 1'Eglise orthodoxe russe que Jesus etait pied bot ; nombreux sont les crucifix vusses oii la barre d'appui des pieds est placee obliquement. . -

4 Genese, XLIX, t2 : Gantiques des Cantiques, 10 et suivants; ISAIE, LII, 14etLIII, 2.et3.

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sentiment pieux, mais peu reflechi, veulenl, en les interpretant d'apres leurs idees modernes, appliquer a Jesus les paroles que le psaume XLIY 1 ecrit a 1'intention des Juifs du temps de Salomon, a diles de ce roi ; ces personnes declarent done que Notre- Seigneur fut sur la terre, le plus beau des enfants des hommes 2 . Ceux qui parlent ainsi ne considerent pas que chez les hommes, me^ine s'ils ecrivent sous ^inspiration divine, 1'idee de la beaute humaine change selon les temps et les lieux et que, en particulier, Tidee que se faisaient ide cette beaute les Juifs contemporains de Salomon etait bien eloignee de celle que peut s'en faire la moyenne des Fr angais au xx e siecle 3 .

Or nous savons par le temoignage de plusieurs ecrivains Chretiens des u e et m e siecles que Jesus fut regarde par ses compatriotes comme etant dep'ouii-vu de beaute physique (iei&/i?) *. Sauf la grande taille

1 Pour indiquer les psaumes nous nous servons de la numeration adoptee par la Vulgate.

4 Psaume XLIV, versets 2 et 3 : Mon chant est pour le roi ; que ma langue soil comme la plume d'un ecrivain habile. Tu es le plus beau des enfants des hommes . Bien que ce psaume ait ete ostensiblement compose* pour celebrer le roi Salomon, saint Paul en a applique" a Jesus les versets 7 et 8. (Epitre aux Hebreux, I, 8 et 9) : on pent done admettre que les autres versets soient presque tous applicables de mfime a J6sus. Mais le psalmiste represente celui qu'il c^lebre cornme un guerrier triornphateur a ceignant son glaive sur sa cuisse et lan?ant des fleches ac^rees qui penetrent dans le coeur de ses ennemis et font tomber les peuples a geuoux devant lui . II ne pourrait done s'agir la de J^sus peinant dans la vie sur terre, mais de Jesus ressuscitd de qui il est logique de proclamer la beaut celeste.

3 Aujourd'hui encore, malgre tous les rapprochements d'id^es survenus eutre les nations, comment pretendre les concilier dans une appreciation commune de la beaute humaine? Un Arue'ricain de race anglo-saxonne peut-il a ce sujet penser comme un negreV ou un Slave comme un Malai?

4 SAINT JUSTIN, Dialogue avec Tryphon, chap, xiv, par. 8. OIUGKNE,

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qui lui etait necessaire pour dominer les loules 1 et faire porter au loin isa voix qui natureUemeM etait douce 2 ., il ue voulut avoir en son corps hiMnain aucun e des parti cularites exterieures m aucun des traits de visage que les Juifs d'alorsprisaient comme des avantages; ou, s'il posseda certaias de ces avail tages, leur eclat fut amoindri, sinon absolument annule, ^par des circonstanees deparantes.

On ,-sait que par exeniple les Juifs estimaieflt fort chez les iiommes les hixuriantes chevelures 3 : or . nou&: sommes autorises a croire que Jesus eut de longs et abondants ciieveux qui flottaienl: sur ses epaules 4 ; mais leur couleur fut noire, et c' etait uiie tare 6 . Be meme, 1'elegance qui, dans la pen see des Juifs, etait J'accompagnement naturel de la .haute

Contre 'Celse, chap, vi, par. 75 et 76. TERTOLLIEN, De carne Chrisli, par. 9 ; Contre Marcion t chap, in, par. 17; Contre les jMi/'Sj.chap. xiv.

1 II ne faudrait toutefois pas croire que cette taille ait dte demesur6e. Si, comiue autrefois Saiil, Jesus avait surpasse de 1'epaule et de la. tete tout le peuple (Premier livre des Rois, chap, ix, verset 2), Judas quand il le livra n'aurait pas eu besoin d'un signe de convention pour le designer, sans risque de confusion avec quelqu'un des apotres, aux soldats romains charges de Tarreter.

3 ISAIK, .XLII, 2, cite par saint Matthieu, XHy.19 : II ne criera ni elevera la voix. Gf. Cantique des Cantigues, V, 16 : Son gosier est plein.de douceur . . -

3 Voii*. jau Il e livre des Rois, chap, xiv, 25 et 26, ce qui eft dit

d'Absalon et de sa chevelure : <c 11 n'y avait pas en tout Israel un

hoairae qui fut aussi beau et aussi Men fait qu'Absalon; depuis la

plante de ses pieds jusqu'au sommet de sa t6te il n'y avait en lui

aucun d^faut .

* II ji'y a pas de doute a cet 6gar.d pour ceux qui croient a 1'authenticite de rempreinte coiiserv^e sur le Saint Suaire de Turin. (Voir .Paul Yignon, Le linceul du Christ.) '

5 Canttque des Cantigues, "V, 11 : Ses cheveux sont drus comme un regime de palmier et noirs comme 1'aile du corieau

taille 1 , fut detruite- en Jesus par Ja maigreur, la maigreur ayant ele en e femps-lk synonyme non d'elegance, mais de chelivele 2 .

Somnie toute, le physique choisi par Jesus ne le faisait distinguer dans la masse populaire des Juifs par rien de tres .sailMnl ni en bien -ni en mal. S'il y avail eu dans ce physique quelque caracteristique vraiment marquanle, 1'ataxiqiiie que, noes le verrons plus loin 3 , Jesus gu&rit~a Jerusalem sans se faire connaitre, n'aurait pas imanque de Ja -signaler aux pharisiens qui le pressaient de designer celui par qui il avail etegueri.

Mais si, au premier abord, 1'apparence exterieure n'etait pas avantageuse, Jesus, complete abstraction etant faite de sa divinite, avail dans son regard et dans sa voix un eharme et une puissance qui subjuguaienl; et son allure majestueuse rehaussait Teflet de ses paroles et de ses actes. Du point de vue strictement humain on coniiprend done aisement Tinfluence qu'il exerca autour de lui sur les hommes, et les sueees d'intimidatiQii qu'il obtinl souvent sur ses ennemis au cours de sa vie humaine 4 .

11 va de soi..que Jesus observait scrupuleusement chaque annee, ainsi que Joseph, ('obligation r de se rendre a Jerusalem pour la Paque. Mais aucun de ces voyages accomplis dans la compagnie de son^ pere ' pulati'f ne donna lieii a quelque fail qui

-Cjii

1 Cantiquedes Canliqucs, V, 15 : Sa stature, est celle du Liban, il se distingue comme un cedre enlre les autres arbres .

- ISAIE, L1I, 3. 11 montera devant le Seigneur corame une -tige menue, comme le rejeton qui sort d' une terre alteree .

5 Voir chaptoe xxi.

4 JKAN, YII, M, et XVIII, 6,

meritat d'etre rappele; le silence des evangelistes sur eux est absolu. Quant a la ftHe des Tabernacles, il ne semble pas que Jesus, pendant tout le temps ou il fut sous 1'autorite de Joseph, soit jamais alle la passer a Jerusalem ; Tevangeliste saint Jean nous dit bien que Jesus celeb rait ponctuellement cette fete 1 ; mais durant toute sa jeunesse ce fut a Nazareth meme*. Joseph certainement, avec le concours de Jesus, construisait sur la terrasse de sa maison ou sur quelque terrain vague une tente de feuillages, et pendant huit jours tous deux y habitaient en donnant, comme le prescrivait la loi, des signes exterieurs de rejouissance 5 .

Cependant Joseph, grace a son travail, s'etait acquis une belle aisance; le fait, sans qu'on soit oblige d'invoquer aucun lexte plus ou moins xplicite de rEcrilure, resulle clairement de la generosite avec laquelle Joseph, quelques annees apres son retour a Nazareth, rec,ut a demeure chez lui, en les prenant a sa charge, quatre neveux et plusieurs nieces 4 . Nous connaissons les noms des quatre neveiix 8 : Jacques, J.ude 6 ,

1 JEAN, 1^ 14 : 'E<rx-rivw<Tev Iv V^i ll a dresse sa tente parmi nous .

* Nous rapportons a la \ie publique de Jesus les paroles que, sous la figure de la Sagesse, il dit dans V Ecclesiaslique (XX1Y, 14) : 'Ev ax-nvrj ayt'a lv)7tiov auTou IXetToi5pYri<ra ; dans une sainte tente, en presence de lui (du Createur), j'ai prie publiquement .

' Levitique, XXIII, 40.

4 II resulte de 1'evangile de sajut LUC (II, 42-51) que en 1'an 7, quand Joseph se rendit h Jerusalem pour la Paque, sa (amille ne eomprenait personne en dehors de Marie et de Jt5sus. II faut done rejeter a une date posterieure t'entree des neveux et nieces dans. la maison de Joseph.

5 Matlhieu, XIII, 55; Marc, VI, 3. On les surnomma freres du Seigneur.

6 Nous respectons 1'usage de donner en francais le nom de Jude a ce neveu de Joseph pour le distinguer, parmi les apotres, du traitre

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Joses 1 et Simon ? ; nous les" retrouverons assez souvent par la suite 3 . Des nieces, nous ne savons rien, sinon que s'etant mariees a Nazareth, evidemment grace aux soins de Joseph, elles resterent etablies dans ce petit bourg* tandis que leurs freres, 1 au moins trois d'entre eux, en furent bientot eompletement detaches 5 .

De qui etaient fils tous ces enfants recueillis par Joseph? Nous voypns, .en combinant plusieurs passages des evangiles, que Jacques, Jude et Joses etaient fils d'un homme notnme a volonte Alphee 6 ou Cleopas 7 suivant 1'usage alors fort repandu en Palestine,

Judas. En realite, il se nommait lui aussi Judas (MATTIIIEU, XIII, 55; MARC, VI, 3; Luc, VI, 16; JEAN, XIV, 22; Actes des Apdlres, I, 13; Epitre de saint Jude, I, 1). Quand les evang^listes saint Matthieu (IX, 3) et saint Marc (III, 18) donnent la liste des ap&tres ils distinguent les deux Judas, en de'signant le frere du Seigneur par son surnom de Thadde'e on Lebb^e (homme de cteur).

1 Les traduclions portent en general le nom de Joseph ; mais il n'y a aucune raison pour modifier le nom donne" par les e'vangelistes qui est Joses, 'Iwafj? (MATTBIEU, XIII, 55, et XXVII, 56; MABC, VI, 3 et XV, 40et47). . -

* Dans la litte'ralure chr^tienne 'Simon est de preference nomme Simeon; en fait, Simon est un nom grec, tandis que Simeon est u nom h^bra'ique.

5 Nous supposons que Jacques et Jude, les deux qui furent choisis comme apfitres par Jesus, e"taient les deux aines ; dans cette hypothese on concoit mieux la scene relate"e par saint Matthieu (XII, 47), saint Marc (II, 3) et saint Luc \VIII, 19), ou Marie accompagnee par des fr&res de J4sus, va a la recherche de celui-ci ; Marie ne devait plusavoir chez elle que les deux plus jeunes (voir page 330). Saint Matthieu (XIII, 55) et saint Marc (VI, 3) n'e'numerent pas dans le me'me ordre les frdres du Seigneur', saint Matthieu place successivement Jacques, Joses, Simon et Jude; saint Marc place Jude a la troisieme place et ^irnon a la quatrieme.

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