MATTHIEU, XIII, 56; MARC, VI
5 Jacques et Jude furent apotres ; Simon fut le deuxieme evSque de Jerusalem; Joses se perd de vue apres 1'ascension de Notre-Seigneur.
6 MATTHIEU, X, 3 ; MARC, III, 16; Luc, VI, 15; Actes des Apdtres, I, 13.
7 Luc, XXXIV, 18, et JEAN, XIX, 25. On ne sait pas pourquoi la Vul-
surloufc ehez ks gens de negeee, d'a^oir a te fois mi
nom arameen et un noni grec * ; et quant a Simoni dont les ; &vairgiles n'ont pas menlionne la filiation,. nous savons par Fhistorien chretien presque contemporain Regesippe qu'il; etait bien aussi fils de Gleopas 2 ; ainsi lombe Topinion d'aprls laquelle les qualre neveux recueillis par Joseph sera-lent n4s ; :de peres diierents 3 . Quant a Cleopas lui-meme, Hegesippe assurait qu' ii etait frere de:feseph : *r il se imwvait par conisequent, suivant riotre opinion:, etre liai aussi comnie Joseph, oncle de la Yierge Mariey.
gate a transform^ en Cleophas le nom de KXeoTtas ou KXwTta? qui est une abreviatiou du nom grec bien connu Cleopatros.
11 Nous avons cite tout a I'lieut'e le cas de Papdtre Jude qui avail nn surnora hebreu- Eebbee et un- suraom' gpee Thaddee.
9 EtisEBE. Histoife ecctesiastique, livre i -IH, chap, xi et chap. 32, par. I, 3, 4 et fr. . . ' .
z Jacques, a-t-on dit, aurait el6 de race' l#vitique et non de 1 race judeenw comma Cleopas! et Joseph. Cette opinion s^appirie- sur le passafe suivant d'Hegesippe rapport^ par' Eus6be- Histoire- eccttsia&tique; Livpe I'l, chap, xiir, par. 6)1 : TO^TO> (Jiovw- e^v e?? t5 ayta efeilvaf ouS^ yap ipeoOv etpopet, aX^a fftvSova?. Kai (tovoc icr,py eto e?? rbv- vaov, i -I'lil'seul parmi les disciples de Jesus iMtait permis d'entrer dans les parties sainles dw temple, CBT it ire portail pas- dfe' vetements -det hrine, mais des vetements de lin. Et seul il p6netfait dans le sanctuaira Or en dehops : des pretres, personne nepouvait penetrer dans le sanetuairev et; pour 6tee pretre it fallait Stre de la race de Levisoui dela race rechabite; done a moins d'appartenir 1 une de\ ces deusv races, Jacques, aurait commis uni sacrilege en entrant; dans te sanctuaire^ ef ce sacrilege re'eut pas: &l& toll^re. Nous- convenons de la- justesse de ce. .. raisonnement, mads mous pensons 1 qu'Heg.esippe ^crivant plus; d'e cinquafltean&apres; la destruction duj temple, ne s'estpas rendu compte de la; valeire des noote T; ayca (parties sarnies) etr v6? qu'il a emplayea;. Jacques; n/a jamais d&pentoer dans le Sawrf, par une faveur exceptionnelle que semblent impliqweE- les inoDs d'Hegesippe, et parce qu'il s'habillait comme Fes t4vrtes, il pat fa'&q<aenter' le parvis dfi' ces; dkcniersy dont 1'acGes etait inier. dit am eommuii! dies; Jliifs.
4: EofeBE, Hiisstoire-esclgswslique', livre. Ill , chaf . ~ xr :ToV' yoip 'oS'p IwiwroSv.- 'aSeX^W TOU ''Iw<jY)<p {inapxetv 'HyrforiTMroc towopet,teiaoigne: que: Cleopas SksAtfrcKe de Joseph.
La meredes pupilles fecueillis par Joseph se nommait Marie, nous diseiit les evangelistes 1 , et saint Jean ajoute qu'elle etail soeur de la vierge Marie mere de Jesus 8 . A la rigueur il n'est pas impossible que alors dans une famille juive deux soeurs aient porte le meme nom : on rencontre a cetle epoque en Palestine de telles singularites, deux fils d'Herode le Grand, par exemple, se nommaient Philippe 3 . Mais les evangiles laissent assez clairement entendre que Marie, mere de Jesus, ful fille unique. Comment, expliquerait-on, notamment si elle avail eu une soeur, que malgre sa grande jeunesse elle eut ete obligee apres la mort de ses parents de se rendre toute seule de Nazareth en Judee pour y passer le temps qui devait s'ecouler avant son mariage 4 ? II convient done d'attribuer ici au mot sceur, employe par saint Jean, une signification plus eHendue que celle qu'il a
1 MATTHIEU, XXVII, 56; MARC, XV, 40 et-47, et XVI, I; Lnc, XXIV, 10.
5 11s n'e'taient pas, il est vrai, de mfirae mere. Philippe I r etait fils de la seconde Mariamne (JOSEPHK, Antiquites hebraiques, Livre XV, chap, ix, par. 3) ; Josephe le nomme Herode. Apres avoir eu la predilection de son pere Herode le Grand au point d'avoir 6le, dans un des testaments de celui-ci, d6sign6 comme seul heritier, il tomba en defaveur, fut desherite et n'eut plus aucun r61e dans 1'histoire palestinienne. II fut le premier mari de la fameuse Herodiade, et le peve de la non moins fameuse Salome. Voir plus loin, chap. xxvu. Philippe II etait fils d'une femme de Jerusalem nomm6 CWopatre; c'est celui que saint Luc (III, I) cite comme te"trarque d'Jturee et de Trachonitide. II fut le mari de la Salome sus-nommee.
4 Nous n'attachons aucune creance a tous les menus fails rapportes dans l'4crit apocryphe du n e siecle nomme Protivangile de Jacques] mais cet ecrit, qui relate les legendes ayant alors cours parmi les Chretiens de Palestine, peul donner une note juste quand il s'agit de situations permanentes ayant &i& de notoriete publique dans les classes populaires; or le Prottvangile dit que Marie 6tait enfant unique.
d'ordinaire dans les rapports de parente 1 . Marie, femme de Cleopas, n'etait par son mari qu'une bellesoeur de Joseph, mais peut-etre par elle-meme avaitelle quelque cousinage avec la vierge Marie; ainsi les freres du Seigneur auraient ete des deux cdtes, paternel et maternel, unis humainement par le sang a Jesus.
Joseph a Nazareth traita tous ces neveux et nieces aussi paternellement que s'ils etaient ses propres enfants 2 ; et ceux-ci etant eleves a cdte de Jesus 5 , quoiqu'il fut leur aine de quelques annees 4 , furent
1 Cette extension 'est frequente dans la Bible. Par exemple dans le livre de Tobie, au chapitre VHI (verset 9), le jeune Tobie appelle soeur sa future epouse Sarah, bien qu'elle ne fut que sa cousine issue de. germain.
2 Nous savons perlinemment que le titre d.'enfant^de Joseph etait donne au raoihs a Jacques 1'aifte des quatre neveux. On disait Jacques frere du Seigneur, parce que lui aussi (comme Jesus) 6tait appeM enfant de Joseph, 'laxwfiov TOV TOU xupt'ou Xey6!i.evov a8e)<p6v, OTI 8vi xa\ OVTO^ TOO 'Iu><7Y|9 to>vo(/,acrTo at? Eusebe, llistoire eccUsiastique, livre II, chap, i, par. 2.
3 Du temps d'Origene au in' siecle, les eglises d'Orient professaient que tout au moins Jacques, entre les fils de Gleopas le plus rapproche de J6sus par 1'age, avail ete eleve cote a cdte avec lui. Ayant dans son traile contre Gelse (Ijyre I", par. 47) rappele la phrase ou saint Paul (Epilre aux Galates, I, 19) dit avoir vu a Jerusalem Jacques frere du Seigneur, Origene ajoute ; Jacques n'etait pas lant le frere du Seigneur par la parente du sang et 1'education recue en commun que par la conduite et la doctrine, oy TOffoOrov 8ia TO irpb? atjAaTO? o-uyyev^. T| TTj-/ -/otv^v auTtov avarpoipYjv o'aov Sta TO r,6w? xa v i TOV Xoyov .
4 Sous somines ici en desaccord avec Eusebe (Histoire eccttsiastlque, livre HI, chap. 32, par. 3 et 6). Get historien, reproduisant un passage de son devancier Hegesippe, dit que Simon etait age de 120 ans en 1'an 107 quand il subit le martyre sous 1'empereur Trajan; Simon, d'apres ce dire, serait done ne en 1'an 13 avant notre ere, et il aurait eu vingt ans en 1'an 7 quand Joseph fit a Jerusalem le pelerinage pascal mentionne par saint Luc. Mais comment admettre' que Joseph ait pu elre amene a recueillir chez lui des neveux. ages de plus de vingt ans ? La vraisemblance est qu'Eusebe, ou apres lui quelque copiste, a fait une efreur de chiffre, erreur particulieremeht facile
DE H.-S. JESUS-CHRIST. i05
nalurellemerit appeles ses freres et ses sceurs 1 tout en n'etant que ses cousins et ses cousmes 2 .
Un fait interessant a noter dans rinterieur de cette famille ainsi nombreusement accrue est le suivant; il temoigne eloquemment du soin scrupuleux avec lequel Joseph veillait sur 1'education de ses neveux : tandis qu'il laissait a Je"sus la liberte de boire du viri et de manger de tous les aliments permis au commun des Juifs 3 , il tint la main a ce que Jacques, pendant tout le temps qu'il resta aupres de lui a Nazareth, accomplit strictement le vreu de sanctification* que ses parents avaient fait pour lui a sa naissance et qut comportait les abstinences les plus severes 6 .
Les evangelistes ne mentionnent pas la mort de Joseph ; il est presumable qu'elle survint a Nazareth en Tan 26, probablement dans le courant de 1'ete 6 .
avec les chiffrcs grecs ; au lieu de 120 px', ne conviendrait-il pas de lire 100, p'? Le recit du martyre de Simon gagnerait, d'ailleurs, beaucoup en vraisemblance, cette rectification etant faite : la vie d'un homme age de 120 ans aurait bien difficilement resiste aux plusieurs jours de torture que subit Simon avant son crucifiement.
1 MATTIIIEU, XII, 46 et 50 et XIII, 55 et 56; MARC, III, 31 et VI, 3; Luc, VIII, 18 et 21 ; JEAN, II, 12} Actes des Apdtres, I, 11; SAINT PAUL, I" auxCorintldens, IX, 5; et Epltre aux Galales, I, 19.
2 Le litre exact de cousin (ave<]6;) de J6sus est donne par Eusebe, rcproduisant les dires d'H^gesippe, a Jacques et a Simon (Histoire ecctesiastique, livre III, chap, n et livre IV, chap. 22, par. 4).
3 MATTHIEU, XI, 19 et Lire, VII, 35.
1 Yoir sur ce vceu du nazirat le chapitre VI des Nombres.
B Dos le sein de sa mere il fut sanctifie, il ne but point de Yin ni de boisson fermente'e: il ne mangea aucnn aliment animal; un rasoir ne vint jamais sur sa tete; il ne s'oignit point d'huile ni ne frequenta les maisons de bains (Hegesippe, reproduit par Eusebe dans son Histoire eccldsiastique, livre II, chap. 23). II est universellement admis que les voaux des nazirs etaient momentanement rompus au moment de la paque quand il fallait manger 1'agneau.
6 En 1'an 29, les habitants de Capharnaflm, quand J^sus se presenta a eux comme etant descendu du ciel , s'exclamerent en disant :
Quand ce deuil frappa la maison de Nazareth, Jesus ne voulut avoir aucune part a 1'heritage de son pere legal ; il voulut etre pauvre. Liquidant done I'atelier de Joseph, il abandonna a Marie tout 1'avoir realise l et lui-meme quittant Nazareth commen^a cette vie errante qui allail durer pres de quatre ans et pendant laquelle il n'aura plus de domicile personnel ou reposer sa tete 2 .
N'est-ce pas la Jesus, le flls de Joseph, dont nous connaissons le pere et la mere? (JEAN, VI, 42.) Les Capharna'iotes parlaient comme si Joseph etait encore vivant ; sa mort devait done etre assez recente. Voii- page 392.
1 Le peu que nous savons sur la vie de Marie, entre la morl de Joseph et le moment ou elle fut recueillie par 1'apotre Jean, esl pourtant suffisant pour autoriser a dire qu'elle vecut independante (MATTHIEU, XII, 46; MARC, 111,51: Luc, VIII, 10; JEAN, 11,1 et!2).
a MATTHIEU, VIH, 20.