MATTHIETJ, XIII, 57 ; MARC, VI
4 Lire, IV, 28 et 29.
5 Pendant les epreuves de la tentation J^sus s'etait deji immaterialis Voir plus haut, page 123. II aura recours une troisieme fois a ce procede a Jerusalem en 1'annee 29 pendant la sernaine des Tabernacles (voir tome II, page 43). Cf. Actes des Apdtres, VIII, 39.
6 Luc, IV, 30. Beaucoup de corameatateurs disent que l ; evenement ne se passa pas ainsi : Jesus, de son regard, aurait paralyse les forcenes qui le tenaient et se serait eloigne visiblement dans la direction d'un village voisin. La phrase de saint Luc AUTO; 3s SceXOclrv Sta (
, DE H.-S. JESUS-CHRIST; : \'Si3
un village des environs ou il recommenga sa predication 1 . Puis, contournant Nazareth a ane certaine distance, il s'arretait pour enseigner dans les villages qui se trouvaient sur son chemin, et la il exprimait devanl ses auditeurs son etohnement de 1'incredulite des gens de Nazareth a 1'egard de sa mission*. II arriva ainsi a Cana, 1'endroit, tient a nous faire remarquer saint Jean, ou il avait change 1'eau
en vin 3 .
A Cana Jesus etait stir de retrouver bon accueil ; il y sejourna done plusieurs jours peut-etre chez son disciple Barlhelemy, et nous pouvons supposer qu'il y fut rejoint par quelques autres disciples, notamment ceux qui s'etaient esquives loin de lui lors de 1'esclandre survenu dans la synagogue de Nazareth. La presence de Jesus a Cana fut, en effet, vite connue
, metis lui dtant all& au trovers du milieu d'eux passait a uiK-aulre lieu nc donne aueun support a I'hypothese d'un phenomene de fascination. En outre, saint Jean n'aurait pas qualifie de grand miracle (a'/i^etov) une simple fascination (JEAN, IY, 54, voir page 205).
1 MARC, VI, 6. Saint Matthieu, XIII, 54-58, et saint Marc, VI, 1-6, placent bcaucoup plus tard le passage de Jesus a Nazareth, ils le reportent a 1'annee 29 apres la resurrection de la fille de Jai're. Plusieurs commentateurs tirent de cette divergence de dates la consequence que Jesus fit dans sa vie publique deux sejours distincts a Nazareth. La similitude des fails rapportes par les trois evangelistes rend cette distinction bien difficile a justifier ; il est bien plus probable que saint Matthieu et saint Marc, qui n'attachent pas comme saint Luc une grande importance a 1'ordre historique des fails, se sont permis la un anachronisme, ainsi, d'ailleurs, que 'dans d'autres passages de leurs evangiles.
* MARC, VI, 6 : II s'etonnail de leur incr&lulile; el par un circuit (^xuxXw) il faisait le lour (TtepiriYe) des villages en enseignanl . Peutetre 1'accueil dans ces villages fut-il mauvais, tout en restanl loin des extremites 'auxquelles se porterenl les Nazarelhains.
dans toute la region. Le fait suivant rapporte par saint Jean le . prouve 1 .
A ce moment se mourait a Gapharriaum le tout jeune fils 2 d'un des officiers de la maison du tetrarque Antipas; nous pensons que cet offieier etait 1'intendant Chouza, mentionne en une autre occasion par saint Luc 5 . Celui-ci, comme tous les herodiens, etait peu fervent dans la religion juive ; mais il avait enlendu parler des guerisons faites par Jesus a Capharnaum ou autre part. Apprenant done que Jesus se trouvait a Cana, il se mit en route pour implorer de lui la guerison de son fils, et etant arrive le soir dans la petite ville il se rendit immediatement aupres de lui et lui exposa sa requele ; il priait Jesus de descendre a Capharnaum pour y guerir son fils deja agonisanL
Bien an fait du sceplicisme religieux des herodiens, Jesus recut Chouza avec une certaine raideiir : Si vous, herodiens 4 , ne voyez des signes et des miracles, vous ne croyez pas . Sans se laisser rebuter par ce reproche, Chouza insista : Seigneur, descends aGapharnaiim avant que mon pauvre enfant meure . L'insistance de cet homme toucha Jesus : Va , lui dit-il, ton fils vit .
2 Les mots 7iat8tov et uxi? montrent que le moribond etait un enfant.
3 LTO, VIII, 3. On a aussi pense a Manahem, camarade d'enfance d'fl^rode Antipas dont il est parle dans les Actes des Apdtres (XIII, 1). Mais ce Manahem etait un familier (c-JVTpoipoi;) d'Antipas,, et non un officiei- de sa maison (paffiXtTtos).
4 11 est possible que le reproche ait etc plus general et n'ait pas vise les Herodiens seuls, mais tous les Juifs. Gf. Premiere Epftre aux Coi'inthiens, I 3 22.
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Chouza n'avait jamais entrevu la possibilite d'une guerison faite a distance ; pourtant il ne douta pas un inslant de la verite de la parole de Jesus. II ne lui demanda plus de se deplacer, mais parti t sur 1'heure 1 plein de confiance pour Capharnaum.
II etait sept heures du soir. De jour une distance d'environ huit heures au pas d'un cheval separe Cana de Capharnaum : voyageant de nuit, Chouza put mettre un peu plus de temps pour faire la route. Au matin, comrae il tait sorti de la region montueuse et approchait de Capharnaum*, il rencontra plusieurs de ses esclaves partis pour aller a Cana lui porter la nouvelle de la guerison de son fils 5 . Chouza leur demanda a quelle heure celui-ci s'etait trouve mieux. Hier a sept heures la fievre 1'a quitte , lui repondit-on*. Et le pere reconnut que c'etait precisement 1'heure a laquelle Jesus lui avait dit : Ton fils vit. Cette exacte coincidence, jointe au parfait etat de sante dans lequel il vit son enfant en rentrant
JEAX, IV, 51.
* Cette indication de lieu decoule des mots : comme il descendant (JEAN, IV, 51).
3 La plupart des traductions francaises disent inexactement : Ses esclaves vinrent a sa rencontre, comme s'ils avaient 6te prevenus de son retour; le mot a7r^vtr,<7ocv signifie rencontrerent par kasard, inopinement (JEAN, IV, 51).
4 JEAN, IV, 52. Ceux qui tienrient a faire compter les heures par saint Jean a la maniere hcbrai'que disent que la guerison du jeune Chouza eut lieu a une heure de 1'apres-midi et que Choma rencontra ses esclaves vers huit heures du soir ; or, a la fin de Janvier, le soleil est depuis longtemps couche a huit heures du soir; par consequent, il y a eu changement de quantieme, et les esclaves ont dit lout naturellement : Hier. L'observation est juste ; mais il n'en resulte pas que dans 1'esprit de saint Jean, des personnes parlant vers sept ou huit heures du matin d'un fait survenu la veille a sept heures du soir n'aient pas pu dire Hier pour fixer le temps ou le fait s'est passe.
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dans sa demeure, confirma Chouza dans sa conviction en la puissance surnaturelle de Jesus; et il crut des lors ainsi que toute sa maison, femme, enfant et esclaves, que Jesus etait le Messie promis 1 . .
Ge fut, conclut saint Jean 2 , le second miracle que fit Jesus apres son retour de Judee en Galilee, le premier etant son evasion des mains des Nazarethains qui etaient en train de le precipiter du haut en has d'un rocher escarpe.
2 JEAN, IV, 54. TOUTO TIO&IV 8eurepov ar)[Jieiov S7coir)<jev 6 'lYjffoOs, sXOuv ex TYJI; 'louSa^ae ek TY)V FaXiXaeav. Litteralement : Etant venu de Judte en Galilee, J6sus -fit ce second deuxi&me miracle. Beaucoup pensent qu'il y a la un simple pleonasme sans signification : d'autres disent que Jean, en meme temps qu'il donnait la guerisoh du jeune Chouza comme le deuxieme miracle de Jesus apres son retour en Galilee, voulait rappeler que cette gu^rison etait, d'autre part, le second miracle fait a Cana, cette ville ayant Tanned precedente vu le miracle
-de 1'eau changee en vin.