‹ La vie humaine de N.S. Jésus-Christ [microform]Chapitre 42 sur 72 · LDC, VII · texte numérisé non relu

LDC, VII

5 JEAN, I, 5i.

* I/expression dont se sert saint Luc n'est certainement pas elogieuse : 8uo Ti^as TWV jj,aOY|Tc5v avitou, deux certains de ses disciples.

8 '0 epx6(XEvo?. Saint Jean, dans ses allocutions a ses disciples, avail employe cette expression pour designer le Messie (MATTIUEU, IIIi II; JEAN, I, 15).

6 MATTHIED, XI, 3, et Luc VII, 19.

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qu'ils savaient etre la residence ordinaire de Jesus 1 el ou ils devaient presumer le trouver. En tout cas, quel qu'ailete 1'endroit ou ils trouverent Jesus, celuici e"tait entoure d'une foule de malheureux qui le sollicitaient d'exercer sur eux son pouvoir miraculeux ; et les deux messagers sceptiques le virent guerir nombre de maladies et de plaies, exerciser des esprits malins, et rendre la vue a des aveugles*. Jean le baptiste , dirent a Jesus les deux messagers, nous a envoyes vers toi pour te demander : Es-tu celui qui vient? ou devons-nous en altendre un autre? A celte .question Jesus repondit : Allez rapporter a Jean ce que vous avez vu el entendu 5 : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lepreux sont purifies, les sourds entendent, les morls ressuscitent, les pauvres sont evangelises . Jesus, par cette reponse, indiquait clairement qu'il e"tait le Messie en adaptant aux acles qu'il venait d'accomplir deux propheties faites sur celui-ci par Isa'ie : Alors les yeux des aveugles s'ouvriront et les oreilles des sourds entendronl; alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera deliee*. Le Seigneur m'a oint pour

2 Ka\ T\jp>ot? icoX).ot( E-/aptarai:o TO (ftenstv, et il fit a beaucoup d'aveugks la grdce de voir. Ces mots ne signifient pas, d'apres nou?, que Jesus fit don de la \ue a des aveugles-n^s, mais qu'il la rendit a des hommes qui 1'avaient perdue par maladie. Le seul aveugle-ne" que J^sus ait doue de la vue est celui de Jerusalem dont a parle saint Jean ; et cet evangeliste a fait ressortir ce miracle comme tout a fait superieur aux nombreuses guerisons d'aveugles faites par Jesus. Voir JEAN, IX, 32.

3 Saint Matthicu dit : Ce que vous entendez et voyez (MATTHIEU, XI, 4).

4 ISAIE, XXXV, 5 et 6.

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que j'annonce sa parole aux affliges 1 . On, le voit, Jesus, aux miracles predits par le prophete, ajoutait la resurrection de morts; il appelait ainsi Faltention des deux johannites sur celle qu'il venait de faire a Nain et annongait les deux autres qui se produiraient I'annee suivante. Puis, ayant ainsi repondu a la question de Jean, Jesus adressa un avis severe aux deux disciples soupgonneux et aigris que celuici lui avait envoyes : Bienheureux qui ne se scandalisera pas de moi * !

Les disciples de Jean partirent aussitot apres avoir recueilli ces paroles et il les rapporterent a leur maitre. Elles servirent au baptiste, nous avons tout lieu de le penser, a faire reconnaitre la preeminence de Jesus par ceux de ses disciples a qui ii fut donne de le frequenter encore a Machero pendant les quelques jours qui precederent sa mise a mort. Nous savons, en efFet, par 1'evangile de saint Matthieu 3 , que les disciples du baptiste qui se trouvaient a Machero au moment de sa morl allerent, tout de suite apres rensevelissement de leur maitre, rendre compte a Jesus de ce qui s'etail passe, demarche qu'ils n'eussent point faite si Jean ne s'etait pas declare vis-a-vis d'eux comme un fidele adherent de Jesus et ne les avail pas rattaches eux-memes a i'ecole de celui-ci. 11 est vrai que pendant de longues annees il se mainlint une secle de johannites tout a fait independante des chreliens; nous lisons dans les Actes des Apotres* que saint Paul en

1 ISAI'E, LXI, 1.

2 MATTIIIEU, XI, 6; Luc, VII, 23.

3 MATTHIEI;, XIV, 12. ' , * Actes des Apdtres, XIX, 1-7.

irouva encore une douzaine a Ephese en 1'an 55; mais celte persistence s'explique aisement, malgre la soumission de Jean a Jesus ; le grand succes du bapleme de Jean pendant les annees 26 et 27 avail attire vers lui des hommes habitant des regions Ires eloignees, et ces hommes, apres avoir recu le bapteme johannite, etaient retournes chez eux sans avoir entendu parler de la predication de J&sus; ce n'esi que beauconp plus tard qu'ils furent evangelises par les apolrcs.

Des que les messagers de Jean furent partis,, Jesus se rnit a parler de lui a la foule qui avait assisle a son colloque avec ces messagers 1 . Or, dans cette foule, il y. avait nombre de personnes qui avaient naguere couru au Jourdain pour entendre la predication du baptiste; il y avait de petites gens, en particulier des publicains, qui a la voix de Jean avaient fait penitence et s'etaient fait baptiserpar lui en rendant gloire a Dieu 2 ; mais il y avait aussi des pharisiens et des docteurs 3 qui avaient meconnu le dessein de Dieu sur eux et avaienl dedaigne le bapleme de Jean 1 . Dans ses declarations a la foule, Jesus tint compte de ces divergences. Par des allusions que nous ne comprenons guere, mais que ses audHeurs saisissaient certainement, Jesus leur demanda d'abord quelle curiosite les avait pousses les uns et les autres a se rendreaupres de Jean : Qu'^tes-vous alles voir dans le desert? un roseau

1 MATTIIIKU, XI, 7 ; Luc, VF, 24.

* Luc, VII, 29.

Nojx'.xoi, lilteralement : des Ugistes.

* Luc, VII, 50. .

agile par le vent? Non; alors qu'eles-vous ailes voir? un homme convert de velemenls luxueux 1 ? Mais ceux qui portent des vetements luxueux et vivenl dans la bonne chere, habitent les palais royaux. Qu'etes-vous done alles voir? un prophele? Oui, je vous le dis, et mem.e plus qu'un prophete. Car c'est de lui qu'il est ecril : Voici que j'envoie devant ta face mon messager 2 poar preparer la voie devant toi 3 . Je vous le dis, parmi les enfants des femmes il ne s'est pas eleve un seul prophele plus grand que Jean le baptiste ; mais dans le royaume de Dieu 4 , ajouta Jesus en opposant sa propre predication a celle de Jean, dans le royaume deDieu, 1'inferieur 8 est plus grand que Jean. Puis Jesus fit entendre que depuis le moment oil Jean avait commence sa predication il y avait eu en Israel un renversement complet dans les conditions d'acces au

1 Entre les interprelations diverses donnees a ces questions, les plus rationnelles nous paraissent etre celles-ci : Ceux qui sont alles pr6s de Jean ne faisaient pas un voyage d'agTement, car les roseaux du Jourdain n'offraient pas une vue 1'ecreante, et d'autre part leur flexibilite

, faisait contrasts avec le caractere inlransigeant de Jean. Le voyage n'efait pas non plus un voyage d'interef, bien que Livias, une des residences du telrarque Antipas, ne flit pas eloignee de Bethabara; Jean qui censurait si vigoureusement le letrarque ne pouvait pas <Hre utile aux flatteurs de celui-ci.

2 G'est. le vrai sens du mol ayye^oc que la Vulgate a traduil par angelus, ange (MATTIIIEC, XI, 10; Lon, VII, 27).

5 MAI,ACHIE, III, 1. La citation est i'aile librement par saint Maltliien et saint Luc, comme nous 1'avons deja vu faive par saint Marc (I, '2; voir page 115). Voici la Iraduclion exacte : Voici que moi (le Seigneur) j'envoie mon messager el. il preparera la voie devant ma face; -et aussitot apres viendra dans son temple le dominateur que vous cherchez et 1'auge de 1'alliance quo vous desirez .

* Tandis que saint Luc dit le royaume de Dieu (VH, 28), le texte correspondant duns saint Matthieu a le royaume des deux (XI,. li).

5 'O [Jiiy.p07po? (MATTHIEU, XI, 11; Luc, VIT, 28).

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royaume des cieux ; ce ne sont plus les interprctes orgueilleux de la loi mosaique ni ses observaleurs minutieux qui ont droit a entrer les premiers dans ce royaume; ce sont ceux qui ont fait penitence sur 1'appel de Jean, fussent-ils publicains ou courtisanes; ces gens qu'on considerait comme des desherites font la conquele du royaume et par la violence s'y subsliluent aux heritiers presbmptifs : Depuis la predication de Jean le baptiste , proplame Jesus, le royaume des cieux est violenle et des violenls s'en saisissent. Avant Jean, tous les prophetes et la loi etaient rautorite inspiree 1 ; mais maintenant, si vous voulez accepter celle interpretation, Jean est Elie, celui qui a ete annonce comme devant revenir sur lerre 1 . Que celui qui a des oreilles enlende 3 ! S'adressant alors exclusivement aux pharisiens, Jesus leur dit : A qui comparerai-je les hommes de cette generation? a qui sont-ils comparables? Us sont semblables a ces enfants assis dans les places publiques (et qui ne peuvent s'entendre sur la nature de leurs amusements); ils s'interpellent enlre camarades, en disant : Nous avonsjoue pour vous de la flute, et vous n'avez pas danse; nous nous sommes lamcntes, et vous ne vous etes pas frappe la poi-

1 MATTIIIEU, XI, '15. Saint Luc (XVI, 46) met cctte phrase dans la bouche do Jesus heaucoup plus tard, dans I'lnvoi* de 1'ann^e 30; ct selon la rcmarque que nous avons deja faite, il remplace par le royaume de Dicu le royaume des cieux dont parle ici saint Matthieu.

4 Allusion a la prophet ie de MALACHIE (IV, 2) : Voici que rcoi je vous enverrai Elie le prophete, avant que vienne le jour grand et levrible du Seigneur. II ram6nera le coeur des peres vers los fils et les cffiurs des lils vers les p6res, afin quo jc ne vienne pas frappev la lerre d'analheme .

5 MATTISIEU, XI, 15.

trine. Jean le bapliste, en eflet, est venu ne mangeant point de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : (Test un demoniaque. Le fils de 1'homme est venu mangeant et buvant a la maniere de tout le peuple, et vous dites : Yoici un homme vorace et adonne au vin, un ami des publicains etdes pecheurs. Mais la sagesse divine a etc justifiee par tous ses enfants 1 .

Quel que soit le sens que les pharisiens aient pu attribuer a cette derniere parole, ils comprirent certainement que Jesus ne les complait pas au nombre des enfanisde la sagesse , eteux qui se targuaient d'etre les detenteurs de la vraie morale furenl irrites

de cette exclusion. Ils furent, certainement aussi, fort vexes de ce que Jesus les declarait, eux les scrupuleux observateurs des preceptes de la loi et des propheles, moins dignes d'entrer dans le royaume des cieux que ces hommes tares, ces violents qui, perdant le respect du aux vieux textes sacres, s'enthousiasmaient pour des predicateurs revolutionnaires tels que Jean et Jesus lui-meme. Enfin les pharisiens avaient cette fois remarque .1'attribution que se faisait Jesus du titre de Fits de V homme; et ils ne pouvaient douter que, dans les circbnslances ou il venait de le prendre, Jesus se presentat comme le Fils de Y homme annonce par Daniel 2 a qui Dieu devait

1 MATTHIEU, XT, 49; Luc, VII, 35. Phrase donL 1'inlerpr^lalion cause un certain embarras; le sens le plus cpmmunement admis est que la sagesse manifestce de manieres diflerentes par les actes de Jean- Baptiste et de Jesus (^ no^uTtoiV.tXo; aoipia, Epitre de saint Paul aux Ephgsiens, III, 10) a ele reconnue par ceux qui ont ecoute les enseignements du baplisle et de Jesus, et qui mcritent pour cela le nom d'enfants de la sagesse.

* DANIEL, VII, 13 el M.

donner la puissance eternelle et la royaute universelle.

Malgre tous ces griefs, ou plutot a cause d'eiix, un des plus importants pharisiens de la ville, un nomme Simon, invita Jesus a venir prendre chez lui un repas en compagnie d'autres pharisiens 1 . Une malsaine curiosite poussait ce Simon ; il voulait faire parler Jesus, le contredire, le prendre en defaul, et sans doute se railler de lui. II n'avait pas prevu la scene touchante a laquelle son invitation allait donner lieu : Jesus, qui la prevoyait, accepta rinvitation, sans prendre en consideration les mauvais sentiments de son hole.

Simon eut la maladresse de ne pas recevoir Jesus avec gracieusete; il nelui temoigna aucun des egards que ]' usage commandait envers les personnes de distinction. II salua froidement Jesus, ne lui donna de 1'eau que pour 1'ablution des mains, negligeant celle des pieds; encore moms pensa-t-il a lui offrir de 1'huile parfumee a repandre sur ses cheveux noirs; et dans la salle il lui designa une place qui n'etait pas une place d'honneur. Sans faire de remarque, Jesus, ayant selon Tusage depose ses sandales, alia se placer a la maniere orientale sur le coussin qui lui avail ete.designe; assis de biais, le cole gauche en avant, il avail les jambes etendues en arriere.

Le repas etait commence quand entra dans la salle Marie, la con rti sane que Jesus avail exorcisee une quinzaine de jours auparnvant lorsqu'il se rendait au Mont des Beatitudes. Elle elait tres connue dans la

1 Luc, VII, 3C.

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ville'; cependant, par suite de la grande liberte qui dans les-maisons juives etait accordee aux passants, d'entrer quand il y avait festin, personne ne 1'arreta a la porte. Elle avait su-que Simgn offrait un rcpas ot que Jesus y prenait part; et elle venait pour temoigner a celui-ci, par un acte public de munificence, la grande reconnaissance qu'elle lui avait. Dans ce but elle avait apporte de chez elle un vase d'albatre rempli d'un parfum avec lequel elle voulait oinclre les~ cheveux de Jesus; probablement elle avait egalement su que Simon avait neglige de rendre a Jesus cet hdnneur. Elle alia done directementa son liberateur; mais la, saisie d'emotion, elle s'agenouilla devant ses pieds nus et se mil a les baiser en pleurant si abondamment que ses larmes les arrosaient. Alors de sa belle chevelure denouec elle les essuya, puis, changeant la destination de son parfum, elle les enduisait de celui-ci .

Voyant la mansuetude avec laquelle Jesus laissait faire Marie, Simon qui consideraitcelle-ci comme une intruse dans sa maison se disail en lui-me'me : Si cet homme elait vraiment un prophete; s'il etait, comme il nous 1'a dit, le fils de Thomme annonce par Daniel, il saurait qui est cette femme qui le louche et ce qu'elle vaut*; il saurait que c'est une femme de mauvaise vie .

Jesus lisait dans la penseede Simon ; ill'inlerpella : . Simon, j'ai quelque chose a ie dire . Le ton sur

1 Luc, VII, 57., On 1'avait surnommce la Madeleine (Luc, YIII, 2).

3 Luc, VII, 59 : xal ico-caic-o, litleraleinent : d'oii elle provienl. On peut de cetle expression deduire que Marie de Magdala etait de bassc extraction : ce qui va centre I'opinion profcssee par beaucoup d'auteurs qu'elle etait sceur de Lazare et de Martlie, de B<5thanie.

lequel Jesus prononga ces mots devait 6tre imposant, car Simon, avec un respect qui contrastait avec son altitude narquoise dc tout a 1'heure, repondit : c, Maitre, parle 1 .

Un certain creancier , commenc.a Jesus, avait

deux debiteurs; Tun lui devait cinq cents deniers,

1'autre cinquante 2 . Gomme ils n'avaient ni Tun ni

1'aulre de quoi payer, le creancier leur fit grace a tous

deux de leurs dettes respeclives. Lequel apres cela

aimera davantage son bienfaiteur? Je sup-

pose , repondit Simon, que c'est celui a qui il a

remis le plus. Tu as bien juge , declara

Jesus ; mais, tournant la tete vers Marie toujours age-

iiouillee, et la monlrant a Simon, il ajouta : Vois-

lu cette femme? Je suisvenu dans ta maison, sur ton

invitation, or tu ne m'as pas donne d'eau pour laver

mes pieds; elle, au contraire, les a arroses de ses

larmes et essuyes de ses cheveux. Tu ne m'as pas

donne de baiserpour saluer ma venue; elle, depuis

qu'elle est entree, n'a cesse de me baiser les pieds.

Tu n'as pas oint d'huile ma tele; elle a oint mes pieds

de parfums. C'est pourquoi je te dis, ses nombreux

peches lui sorit remis, parce qu'elle a beaucoup

aime . Et Jesus conclut : Celui a qui on remet.

peu, aime peu . Cette remarque s'adressait-elle a

Simon qui, s'il etait de vie honnete, venaitde montrer

e'nte (Luc, VII, 40). Quelques-uns croient que, sous une apparence rcspectueuse, ces mots etaient ironiques.

8 Saint Luc (VII, 41), pour faire sa comparaison, se sert d'une monnaie dc nom latin, le denier, SYjvdptov (dix as) ; Anlipas avait des monnaies frappees a son nom et sans effigie suivant la regie juive, mais faites d'apres le module remain, d'ou le nom de denier. Vers la fin de son rcgne, Antipas fit frapper des deniers portant d'un c6te son nom et de 1'autre celui de 1'empereur Caligula.

si peu de prevenances pour Jesus? C'est a supposer : mais Jesus ne laissa pas a son hole le temps de se recrier; car, se retournant vers la Madeleine, il confirma le pardon qu'il lui avait annonce : Tes peches te sont remis .

A ces mots, il se produisit dans cette societe pharisaique un sursaut pareil a celui qui avait naguere saisi d'autres pharisiens, quand a Capharnaum Jesus avait adresse ces mernes mots au jeune paralytique qu'il allait guerir 1 . Qui est celui-ci qui va jusqu'a remettre les peches? sedemandaient tacitement tous les convives, confondus par 1'attitude bardie de Jesus. Lui ne pretait aucune attention a leurs murmures; il ne s'occupait plus que de cetle femme qui avait eu assez de foi en lui pour le prier de la liberer de ses demons et qui, liberee, venait de lui en temoigner si eloquemment sa gratitude : Va , dit-il a la Madeleine, ta foi t'a sauvec, va en paix* .

Saint Luc n'ajoute aucuns details sur la maniere

1 MATTHIEU, IX, 2 et suiv.; MAHC, II, 5 et suiv.; Luc, V, 20 et suiv. Yoir plus haut, page 240.

2 Luc, VII, 50. Plusieurs commentateurs ne veulent pas considerer la courtisane de Magdala et Marie la Madeleine comme une scule et metne personne. Leur principal argument contre I'identile de ces deux femmes est que Marie la Madeleine ayant etc possedee de sept demons etait en etat de complete alienation mentale et par consequent ne pouvait exercer le metier de courtisane et y faire fortune. L'argument n'a pas grande force; il est admis que la possession diabolique amenait dans 1'organisme humain d:s troubles physiques plus ou moins graves et nous trouvons dans 1'Evangile quelques cas de possedes devenus furieux (MATTHIEU, VIII, 28; MAHC, V, 2 et suiv.}. Mais la plupart des possedes, quand ils n'etaient pas en, etat de crise, menaient une vie d'apparence normale; et Marie de Magdala pouvait tres bien etre une hysteromane et savoir neanmoins gerer habilement ses affaires.

dont prit fin la reunion chez Simon. Eviclemment Jesus dut se relirer assez vile apres le depart de la Madeleine. Aussi bien il ne prolongea pas son sejour a Magdala; il voulait aller prechci\ dans d'autres districts 1'Evangile du royaumc de Dieu 1 .

Luc, VIII, 1.

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