IEAK, VII, H
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de Jesus a Jerusalem a la fin d'octobre 28 et que les evangelistes, n'ayant rien de particulier a en dire, le passerent naturellement sous silence.
Mais si autour de Jesus il ne se produisit pendant 1'intervalle de trois mois aucun fait marquant, loin de lui, au sudde la Palestine, il s'en produisit un qui marque dans 1'histoire de 1'Eglise chrelienne: la mort de Jean-Baptiste qu'Herode Antipas fit decapiter a Machero. Depuis huit mois, le bapliste etait enferme dans cette forteresse; mais, nousl'avonsdif, sa captivite n'etait pas tres rigoureuse ; il communiquait libremerit avec le dehors *.
Car Antipas voulait le menager ; il ne 1'avait, en somme, fait saisir que dans la crainte que les invectives lancees sans cesse centre lui par Jean ne soulevassent une rebellion generale parmi ses sujets et n'eussent ainsi pour resultat le renversement de son pouvoir 2 . Mais mainlenant que Jean etait dans 1'impossibilite de parler aux foules, Antipas n'avait plus de raison personnelle pour poursuivre la disparition de Jean. Au contraire, il voulait le garder aupres de lui 3 , car il avait discerne son grand sens politique; et pendant tout le temps qu'ils furent ensemble a Machero, quand il hesitait sur quelque decision, il prenait conseil de Jean et agissait tres souvent d'apres ses avis*.
1 Voir plus haul, page 308.
4 FLAVIDS JosfepHE, Antiquites hebratques, livre XVIII, par. 2 : llerode craignit que, pouss6 a un tel point, le don de persuasion que Jean avait sur les hommes ne conduisit a quelque secession, car ils paraissaient pi'tits i tout faire d'apres ses conseils . Cf. MATTHIEB, XIV, 5.
4 Nous traduisons saint Marc d'apres le texte generalement reen :
Par malheur, la femme d'Anlipas, Herodiade, ne partageait pas les sentiments de son epoux; elle restait ulceree d'avoir ete traitee par Jean de femme i nceslueuse; elle s'etait jure sa mort et cherchait une occasion favorable pour vaincre la resistance qu'Antipas opposait a ses desirs de vengeance 1 . Cette occasion se presenta le jour anniversaire de la naissance du tetrarque*. L'Eglise chretienne, se clirigeant d'apres la tradition, a fixe au 29 aout cet anniversaire; et comme aucun texte contemporain ne donne une autre date, nous acceptons la date religieuse qui correspond, d'ailleurs, parfaitement aux circonstances historiques.
Ce jour-la le tetrarque offrit dans son palais de Machero un somptueux festin auquel il invita les grands de sa cour, les principaux officiers de ses troupes el les Galileens de marque qui etaient venus de leur province lui apporter des felicitations 3 . Yers la fin de la fete, soit qu'elle eut ete mandee par Antipas*, soit qu'elle fut venue d'elle-meme ou a 1'instigation de sa mere Herodiade, la jeune Salome 5 , fille du
auTou noX/.a ETCoiei xai Y)8Ew? aO-coO r,xous, I'ayant 6coute il fauait beaucoup de choses et il Vecoulait avec plaisir. Mais il exisle une variante uo).).a YindpEt, qui change un peu le sens : apres V avoir ccoute il etait ires perplexe; cependant il I'ecoutait avec plaisir. On voit quo de toute maniere Antipas avait des entrevues personnelles avec Jean.
i MARC, VI, 19.
* On a fait a saint Marc un grave reproche d'avoir donne au tetrarque Anlipas le nom de roi pao-iAeii; (VI, 14 et 23). Mais. Scrivant pour les Chretiens de Rome, hommes illettres qui ne savaient certainement pas ce qu'elait" un tetrarque, saint Marc a employe 1 un mot similaire (pa<riXet5?) que ses lecteurs comprenaient.
* Cf. Esther, I, 10 et 11.
6 Salome devait avoir environ dix-sept ans et n'etait pas encore
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premier mariage de cette derniere, entra dans la salle ou ne se trouvaient que des homines, et elle ex6cuta devant eux une de ces suggestives danses dont la vogue a persiste jusqu'a nos jours. Celle de Salome enchanta tous les convives. En particulier, Antipas, qui devait e"tre quelque peu pris de vin, fut tout a fait charme. Perdant completement la tele, il dit a Salome : Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Oui, insisla-t-il en se liant par serment, tout ce que tu demanderas, je te le donnerai, fut-ce la moitie de mes Etats 1 .
Aussitot ce serment entendu, Salome sortit de la salle et courut aupres de sa mere Herodiade pour s'inspirer d'elle touchant ce qu'il fallait demander . Herodiade n'hesita pas : La tele de Jean-Bap tiste , dit-elle. Yite, Salome, qui n ? elail pas moins sanguinaire que sa mere, revint a la salle du festin et profera sa demande au tetrarque : Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tete de Jean le
mariee, ainsi que 1'indique le qualificatif xopacriov, fillette, que lui applique saint Marc (VI, 22 et 28). Elle se raaria, probablement 1'annee suivante, avec son oncle Philippe, tetrarque de Gaulanitide, qui e^ail d'environ trente ans plus age qu'elle. On s'etonne de ce que quelque s auteurs, desireux de prendre en faute saint Marc, aient pretendu avoir trouve dans JOSEPHE 1'assertion que Salome etait raariee avant le mariage de sa mere avec Antipas; voici le passage allegue de JOSEPHE (Antiquitis Htbraigues, livre XYIII, chap. V, par. 4) : Apres la naissance de Salome, Herodiade, determinee a bouleverser les lois des ancotres, Spouse Herode {Antipas), frere consanguin de son mari encore vivant dont elle s'^tait sSparee. Mais sa fille Salome epouse Philippe, 'Us d'Herode (le Grand) et tetrarque de Trachonitide . Ces deux donnees font partie d'une longue s^rie gen^alogique ou tous les verbes sont a 1'indicatif present.
1 Litteralement : de man royaume (MARC, VI, 23). Nous savons deja pourquoi saint Marc emploie les termes inexacts : roi et royaume au Heu de tdtrarque et titrarchie.
526 LA VIE H1STORIQUE
baptiste . Antipas fut consterne de cetle deffiande : mais il avail jure et il craignait d'etre traite de parjure par ses convives s'il rompait son serment 1 . II ne s'enhardit done pas a refuser et il donna 1'ordre a un de ses gardes du corps 2 d'aller sans delai au local oil Jean etait detenu, de trancher la tele de celui-ci et de la rapporter. Le garde obeit, il vint a Jean, lui trancha la tete et Fapporla sur un plat dans la salle du festin; la, sur 1'ordre d'Antipas, il la remit a Salome qui attendait 1'execution de sa demande. La jeune fille prit le plat et courut sans aucune emotion le porter a sa mere.
.La nouvelle de la decollation du baptiste fut vite connue de lout le personnel subalterne du palais et par lui de tous les habitants du bourg attenant. Des disciples de Jean y vivaient groupes ; des la nouvelle reue ils vinrent reclamer les restes de leur maitre et les obtinrent facilement. Le tronc avait du rester dans la prison ; et quant a la tete, Herodiade, apres en avoir repu ses yeux, ne tenait pas a la conserver. Les disciples emporlerent done les reste,du baptiste et ils les ensevelirent dans un tombeau dont ils purent faire sur place I'acquisition 3 .
Apres quoi, ces disciples se rendirent en Galilee pour informer Jesus de tout ce qui venait de ce
* STOxouXaTtopa (MARC, VI, 27). C'est le mot latin speculator, garde charg^ de veiller sur la securit6 du prince. L'auteur de la Vulgate a mallu le mot et a transcrit spiculator, soldat arme de javelot; il est clair que Jean-Baptiste ne fut pas decapite au moyen d'un javelot. , 3 MATTBIEU, XIV, 12; MARC, VI, 29. Le mot (Avv)(AeTov, monument, employe par saint Marc, montre que ce n'e"tait pas une fosse d'occasion, mais un tombeau conslruit.
passer a Machero 1 . Probablement, parmi eeux qui rempHrent ce funebre devoir, se Irouvaient les deux disciples que Jean, bien peu de temps auparavant, avail delegues aupres de Jesus, pour qu'ils fussent edifies par lui-m^me sur sa mission en ce monde. Le soin que prennent maintenant les johannites d'aller avertir Jesus de la mortde leur maitre montre qu'ils n'avaient plus de doutes touchant la messianite du premier et le role secondaire du second.
i MATTJIIEC, XIV, '12.
GHAPITRE XXVIII
Les pharisiens accusent Jesus d'etre un suppot de Beelzeboul.
Jesus etait renlre a Gapharnaimi dans la maison ou un genereux asile lui etait donne 1 ; et les habitants de la ville y venaient en masse pour entendre sa predication*.
Un jour, en particulier, la foule qui penetra dans la maison fut Ires grande, et parmi elle Ton voyait les scribes venus de Jerusalem pour epier Jesus 5 . Or on arriena dans cette reunion un homme possede
1 Saint MARC (III, 20). "Epx<mai d; okov, litteralement : Us viennent dans une maison. Mais le grec de saint Marc est defectueux, et el? olxov chez lui correspond a 1'expression classique ot'xaSe (a la maison, avec mouveraent), c'est ce que prouye 1'emploi par lui de 1'expression si; oTxov dans 1'episode du paralytique gueri (II, 1), la oil il ne peut y avoir de doute sur 1'identit^ de la maison. D'ailleurs, dans le cas present, saint Marc montre Men qu'il s'agit d'une maison ou ont deja eu lieu de grands rassemblements d'auditeurs curieux, puisqu'il ajoute a sa premiere indication : Et la foule s'y rassemble de nouveau.
2 L'evangile de saint Luc presente ici une lacune; pour la combler, il faut recout'ir a 1'evangile de saint Marc; malheureusement la chronplogie de celui-ci n'est pas sure et il se borne souvent a des donnees tres succinctes.
s MARC, III, 22.
d'un demon qui I'avait rendu aveugle et muet 1 ; Jesus Texorcisa et, aussitot libere du pouvoir diabolique, 1'homme parlait et voyait*. Les habitants de Capharnaiim avaient deja vu J6sus operer bien des guerisons et chasser bien des demons; ils avaient admire la puissance miraculeuse que Dieu lui avait de"partie 5 et 1'avaient, croyons-nous, acclame comme prophete* ; mais bien peu etaient alles au dela et avaient vu en lui le Messie. Cette fois la guerison avait porte sur un homme dont le cas etail tellement desespere que tous ceux qui en furent temoins 8 etaient transported d'admiralion 6 , et qu'a la nouvelle de ce qui s'etait passe", des curieux affluaient de tous les points de la ville et envahissaient la maison; bientot la cohue y fut telle que Jesus et ses apotres n'avaient plus la
1 MATTIIIEU, XII, 22. Saint Slatthieu relate dans son evangile deux exorcismes de demoniaques muets; mais celui qu'il relate en premier (IX, 32 et suiv.) eut lieu en 1'annee 29, puisqu'il le declare posterieur a la resuiTection de la fille de Jai'r; c'est done celui qu'il relate en second lieu (XII, 22) qui correspond a 1'exorcisme place par saint Marc a la lin de 1'annde 28; les details donnes la par saint Matthieu se concilient avec le r6cit malheureusement bien maigre de saint Marc. Saint Luc dans son e'vangile rapporte tin exorcisme de demoniaque muet; mais il s'agit chez lui d'un fait tout k fait different qui se passa a Jerusalem lors du sdjour qu'y fit J^sus en 1'an 29 a 1'occasion de la fete des Tabernacles (Luc, XI, 14-16).
8 MATTHIEVJ, XII, 22.
3 MATTHIEU, IX, 8; MARC, I, 27, et II, 12; Luc, IV, 36, et V, 26.
* A vrai dire on ne trouve pas dans la bouche des habitants de Gapharnaum le mot propliete applique a Jesus avant cette epoque. Ce sont les gens de Nai'n qui 1'avaient prononce : a Un grand prophete a surgi parmi nous et Dieu a visile son peuple (Lnc, VII, 16).
5 Saint Matthieu dit : toutes les foules (XII, 23), signiflant par la non seulement les personnes se trouvant dans la maison, mais celles du dehors a qui 1'evenement fut vite annonce.
O, ils ttaient hors d'eux (MATTHIED, XII, 23).
'530 LA VIE IIISTOMQUE
possibiiite de prendre leur repas donl 1'heure etait deja bien passee 1 . Et tout ce monde disail tres haut devant les scribes furieux : Celui-ci n'est-il pas le fils de David (c'est-a-dire le Messie) 1 ? " ' -
Pour lutter contre celte exultation grandissante, les scribes, qui connaissaient les prejuges familiers a leur nation, lancerent cette imputation calomnieuse : II a en lui Beelzeboul 3 ; il ne chasse les demons que par Beelzeboul, prince des demons* .
I/imputation d'etre le suppot d'un faux dieu philistin, du pire des demons aux yeux des Hebreux, produisit un effet effrayant sur cette foule ou les idees de demonologie brouillaient bien des. cerveaux; un revirement complel se produisit chez elle; a Tentbousiasme succederent chez beaucoup la repulsion ei la colere. Dans le tumulle qui s'ensuivit on ne savait a quels exces pourraient se porter des hommes ainsi surexcites. Le bruit de ce qui se pas-
saitparvinl vite a ceux qui touchaient de pres a
I -1 MAUC, III, 20.- Ils ne pouvaient m&ine pas manger dupain. I 9 MATTHIEU, XII, 25. Allusion a la prophelie de Jeremie (XXIII, 5) : j Void que des jours \iennent, et je susciterai a David un germe ; pai'fait; un roi regnera, il sera sage et repandra sur la terre la justice , .el la \ertu . Cf. ISA'IE, XI, 1 et suiv.
^^ ' z Orthographe grecque. La Vulgate porte Beelzebub. On discute
\ / encore beaucoup sur le sens de ce nom; mais Topinion la plus cou-
rJ / rante est qu'il s'agit de la divinite philistine Baalzeboub (le Baal des
/ moucbes, le dieu qui protege contre les mouches venimeuses, si nom-
yL, "\ breuses en Palesline). Cette divinit^ pai'enne etait honoree a Accaron,
et on lit au Quatricme lime des Rois (chapitre premier) que le roi
i d'Israel Ochosias avait recherche un oracle d'elle a la suite d'une chute
| grave dont les suites mettaient sa vie en danger. Les Hebreux avaient
pris le nom de la divinite philistine pour qualifier le prince des
: demons.
V 4 MATTIIIEU, XII, 24; MAEC, III, 22.
Jesus , parents, disciples ou voisins 1 ; ils sortirent immediatement de leurs demeures afin de le degager de ces furieux; et pour que la foule leur permit d'emmener Jesus, ils disaienl : II a perdu le
sens 2 .
Mais Jesus n 'avail pas besoin de ces auxiliaires injudicieux. ]1 savait se defendre lui-meme. D'un ordre irresistible, il obligea a venir pres de lui les scribes qui avaient lance centre lui 1'outrageuse impulation 3 et leur dit : Comment Salan peut-il chasser Satan? Si un royaume est divise con Ire lui-meme, ce royaume ne peut subsister ; si' une maison est divisee centre elle-meme, cette maison .ne peut subsister. Si done Satan s'est eleve contre lui-meme et s'est divise, il ne peut subsister, mais louche a sa fin. INul elant entre dans la maison du fort (c'est-a-dire de Satan*) ne peut lui ravir ses biens, a moins de.l'avoir, ai> prealable, garrotte ; alors il pillera la maison de ce fort 8 .
1 MAKC, III, 21 : 01 nap' ayrou, ceux pres de lui.
8 'E^EOTYI, litteralenient : 11 est sorti(de son lion sews), MARC, 111,21.
5 IIpo(Txa).ecrKfjVoc aO-rou?, les ayant appeles a lui, MARC, III, 23. 4 '0 tCT^upo;. C'cst la seule fois dans les Ecritures que cc nom de
fort est donee a Salan. On le trouve, au conlraire, Men dcs fois applique a Dieu.
6 MARC, III, 25-27. Cf. MATTHIEU, XII, 29 et suiv. Saint Matthieu intercale ici dans les discours de Jesus des paroles qu'il a en commun avec ^
saint Luc. mais que ce dernier place en de tout aulres circonstanccs | (voir I.cc, XI, 19 et 20). Nous suivons, comme d'ordinaire, saint Luc(roir | tome II, page 18) ; ces paroles dans la scene de Capharnaum n'a'uraient \ pas eu d'a-propos : a Et si c'est par Beelzeboul que je chasse les demons, j par qui \os ti{ s i es chassent-ils? C'est pourquoi ils seront vos juges. Mais si c'est par Tesprit de Dieu que je chasse les demons, le royaume i de Dieu est done venu a vous? Saint Marc nc rapporte pas ces paroles. ;
Ces arguments donnes en presence du demoniaque exorcise faisaient eclater 1'ab'surdite de 1'imputation des scribes ; confondus, ils ne sa- Taient que repondre, mais ils 'gardaient en reserve pour plus tard cette accusation de possession qui avait si fort emu le peuple de Capharnaum. Jesus percjut leur intention, et il leur formula cette sentence terrible : En verite, je vous le dis, tous les peches pourront e"tre remis aux enfants des hommes, meme les blasphemes qu'ils auront proferes contre le Fils de rhomme 1 ; mais celui qui aura blaspheme contre 1'Esprit-Saint n'en aura jamais la remission; il sera soumis a un chatiment eternel 2 . '
Sous le coup de cette menace, les scribes et les pharisiens se reprirent-ils 3 ? Le recit de saint Matthieu le dit 4 . Quelques-uns d'entre eux, nous dit-il, riposterent a Jesus : Toi qui nous fais la legon", nous voulons voir provenant de toi un signe qui prouve que tu es en droit de parler ainsi . Jesus leur repliqua : Generation mechanic et adultere
1 Saint Marc (III, 28) n'a pas cette precision c,ontre le fils de I'liomme ; nous 1'ajoutons a son texte d'apres celui de saint Matthieu (XII, 32).
2 MARC, III, 28 et 29. Saint Matthieu dit : Si quelqu'un a parle contre 1'Esprit qui est Saint, il ne lui sera pas pardonne, ni dans ce siecle-ci, ni dans le siecle futur (MATTHIEU, XII, 31 et 32).
3 Saint Marc ne parle que des scribes venus de Jerusalem (III, 22). Saint Matthieu adjoint a ces scribes les pharisiens de Capharnaum (XII, 38).
4 Mais, vu la methode suivie par saint Matthieu dans la composition de son evangile, on peut croire qu'il a transpo.se ici la scene qui nous est rapportee par saint Luc comme s'etant passee a Jerusalem en octobre suivant (Luc, XI, 29 et suiv.) ; car les paroles de Jesus, quoique placees a deux epoques differentes, sont presque identiques.
8 At8ao-xa).E, mattre enseignant (MATTHIED, XII, 38).
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qui reclame un signe irrefutable! Un signe ne lui sera pas aceorde, sauf celui.de Jonas le prophete. Car, comme Jonas fut Lrois jours et trois nuits dans le venire du poisson 1 , ainsi le fils de 1'homme sera dans le coeur de la terre trois jours el trois nuits 8 . Puis revenant a 1'endurcissement de ces hommes qui le traitaient d'agent de Beelzeboul, Jesus conclut : Au jour du jugement les hommes de Ninive se leveront des tombeaux en meme temps que cette generation, et ils la condamneront, parce qu'ils firent penitence a la predication de Jonas; or il y a ici devant vous plus grand que Jonas. Au jour du jugement la reine du Midi se levera du tombeau en meme temps que cette generation et la condamnera parce qu'elle vint des extremites de la terre pour ecouter la sagesse de Salomon 5 ; or il y a ici plus sage que Salomon* .
Ges paroles mirent fin a la scene tumultueuse qu'avait suscitee Timputation lancee contre Jesus par les scribes. Domines par son aulorite ils se retirerent, et il ressort des evangiles qu'ils lui laisserenl du repit pendant un certain temps. Dans le fond d'eux-me'mes peut-etre etaient-ils satisfaits du scandale qui s'etail produit; les Capharnaiotes, en effet, s'ils restaient encore curieux d' entendre Jesus et de le voir guerir des malades, avaient, a la suite