CHAPITRE IV
Naissance de Jesus.
Bethleem, la plus petite d'enlre les villes principal es de Judee 1 , ne comptait pas a 1'epoque d'Herode le Grand beaucoup plus de mille habitants 2 ; et vu ee faible chiffre de population, elle ne possedait qu'une seule hotellerie 3 . On n'a done pas besoin de supposer un grand afflux de A'oyageurs amenes par le denombrement 4 pour expliquer que Joseph et Marie a leur arrivee n'aient pas trouve de place dans le corps de logis de cette hotellerie ; ils furent obliges de se contenter pour logement d'une etable, ou plutot, si Ton en croit la tradition, tres digne de
1 MATTIHEU, II, 6 : eXaxs<"Y] Iv roT; %e(i.6(Ttv 'loufia minima in principibus Juda.
* MiciiEE, V, 2: Et toi, Bethleem Ephrata, tu es tres petite pour etre parmi les assemblages de mille hommes en Judee. Parvulus es in millibus Juda. Ephrata (fertile) etait le nom priraitif de Bethleem (maison du pain) ; Michee reprend 1'anciens nom pour faire la distinction d'avec une autre Bethleem situee en Galilee.
3 Luc, II, 7.
4 Si tous les descendants males de David avaient du venir s'inscrire a Bethleem, il aurait fallu etablirun camp pour les loger. Le livre I cr des Paralipomenes (III, 1-9) nous donne sur la descendance de David des derails suffisants pour montrer qu'au temps d'Herode elle devait se chift'rer par quelques milliers d'hommes.
; : * ; L/L VlE HiSTOBiQlfE M^^SUS-CHRISTV V - 49 ".-
foi eii ce ca?, d'ufie grotte amenagee en elable. .G'est dans ce reduit, qu'ils euremt sans doute a partager avec quelqiies animaux domestiques, qu'allail naitre Jesus.
Le iterme normal de la gestation etait-il arrive pour Marie? A cet egard , toutes les suppositions sont possibles, tout ayant ete miraculeux dans la naissance de Jesus, la delivrance comme la conception. Une nuit, la premiere probablement ^apr^s farrivee a iBetM^em, Jesus, .s'immaterialisant, disparut du sein de sa mere pour ireparaitre sur les genoux de celle-cL Marie prit le nouTeau-ne, l'envelopi>a dans des linges qu'eWe avait par precaution apportes de Nazareth, .et dile le eoucha, tfayant pas de berceau sous la main, dans la mam geoire des animaux qu'dlle et Joseph eurent sans doute a nettoyer 1 .
dependant, non loin de Bethleem, a >un endroit que la tradition ideutifie avee 1'aetoel fieit-Saour, des bergers etaient assembles .daws un enclos* avec leurs troupeaux ; ils ^veillaient a :tour de rdle de .pear que quejque rodeur ou tguelque carnassier ne vint,' en forisant Ja cloture, soustraire des imoutons ou des vaches. 0r, au plus profond de la nuit, une dlarte veaiant .da ciei 3 les -environna tout a coup de lumaere, et un ;ange da Seigneur vint se placer -devant eux. fiblouis par ce brusque passage des teriebres pro-
1 Luc, II, 7.
2 Luc, II, 8. 'i^YpauXoiJvTeci que Ton iraduit generalement : passant la imit en plein champ, donne ;ati contraire 1'idee de quelque chose de olos, le mot awXrj (cow, cabane, mfirae palais) entrant dans sa composition. La veritable traduction parait etre : demeuranl aux champs, c'est-a-dire n'etant pas encove'rentres dans les etsibles -de Bethleera.
3 Litteralement : une gloire du Seigneur. Luc, II, 9.