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eel esprit se saisit de lui, il le jette par lerre, lui fait pousser des hurlements inarlicules et lui donne des convulsions; Fcnfant ecume, grince les dents et devienlloul raide; et quand a lafm 1'esprit le quittc, c'esl apres Tavoir lout meurlri*. Souvent il 1'a fait tomber dans }e feu et souvenl dans 1'eau*. J'ai amene mon fils a tes disciples et les ai pries de le guerir: ils n'o^t pas pu . De*c.u dans son recours aux ap6tres, le pere en derniere instance s'adressait a Jesus; mais sa confiance dans le poiivoir de celuici n'etait pas tres ferme.
A celte priere d'un pere J6sus opposa d'abord une apostrophe Tehemente ou il evoquait les incredulites et les defections qu'il avail vues se produire aupres de lui clans les derniers jours. generation incredule et depravee, jusqu'a quand serai-je avec vous? et vous souffrirai-je 5 ? Puis regardant le pere, Jesus dit a celui-ci : Amene ici ton fils 4 . Mais 1'enfant lunatique elait alors en plein acces et ne pouvait marcher; onentraiten efiet dansle premier quartier de la June de Kisan, c'est pourqiioi Jesus, se tournant vers la foule, modifia son ordre : Appoilez Fenfant , dil-il B , et 1'enfant lout raidi lui fut apporle. A peine Jesus avail-il regarde eel enfant 6 , 1'es-
crisrs. En 1ont cas it n'y ayait pas mulisme puisque 1'enfant criait (Luc, IX, 59). - '.
1 MARC, IX, 18; Lnc, IX, 59.
3 MATTBTCU, XVH, i7; MAEC, IX, 19; Lcc, IX, 41. .
4 Luc, IX, 41. npoffdyaye woe -rov utov aou.
B MARC, IX, 19. $pete auTov Ttpoc (JIE. - '
6 MARC, IX, 20. Ka\ iSibv KUTOV, et Jsus ayant vu f enfant. Le mot i8wv etant au raasculin ne peut s'appliquer qu'a Jesus, et non a 1'esprit TO nvEOjia qui est du neulre. La traduction francaise : dbs que fespi-it cut vu Jesus, est done certainemeiit fautive.
prit maiivais secoua celui-ci de violentes convulsions et le fit tomber des mains de ceux qui le portaient; et Tenfant se roulait par terre en ecumant 1 . Depuis combien de temps subit-il ces crises? demanda Jesus au pere. Depuis son bas age , repondit ce dernier, et il repeta : Souvent 1'esprit I'a jete soit dans le feu, soit dans 1'eau afin de le faire mourir. Mais si tu peux quelque chose, viensa notre secours par pitie pour nous 2 .
Jesus releva vivement ce dernier mot : que veut dire cela : Si tu peux? Tout est possible pour celui qui a la foi 5 . Le pere sentit la reprimande; et aussitot, avec un accent de profonde humilite et les yeux pleins de larmes, il cria a Jesus : Seigneur, je crois ; viens en aide a mon incredulite .
La scene etait poignante; et la foule curieuse se pressait de plus en plus pour en voir Tissue. Jesus ne voulut pas retarder celle-ci. Se faisant dofnc imperieux et menagant, il dit : Toi, Tesprit qui rend muet et sourd 4 , je le 1'ordonne, sors.de cet enfant et ne rentre plus en lui! Le demon, sur cet ordre, se mit a pousser des hurlements et secoua
3 MARC, IX, 23. Les manuscrits offrent plusieurs variantes. Aujourd'hui on prefire en general la lecon : TO, d Suvvj; quoi? si tu peux? c'est celle que nous avons adoptee. L'autre lecon : To si Suvrj (ou Siivatrat) itiffTsOaac, est difficile a expliquer : Done si tu peux croire, tout est possible a qui a la foi. Cette phrase, qui, adressee a un des apotres, serait tres logique, ne pouvait guere etre adressee a un homme qui n'avait aucun pouvoir miraculeux.
*,MARC, IX, 25; litteralement : Toi, I' esprit gui ne parle pas et qui est^sourd.'Si 1'esprit avail etc vraiment muet il n'aurait pu pousser les cris (xpa?av) raentionffes au verset suivant; s'il avait 4te vraiment sourd, il n'aurait pas entendu 1'injonction ,de Jesus. Les deux epithetes se rapportent a 1'etat dans lequel eet esprit mettait sa victime.
violemment 1' enfant en de nombreuses convulsions, puis il sortit de lui le Jaissant a terre si livide et si inanime que beaucoup disaient : II est mort . Mais Je"sus le prit par la main et le releva; et il le rendit a son pere. L'enfant avait repris ses sens ; il etait completement gueri 1 . La foule etait stupei'aile et admirait la grandeur de Dieu 8 , a qui elle faisait remonter, comme avaienl fait naguere, dans une occasion analogue, les habitants de Capharnaiim, la gloife du miracle accompli par Jesus 3 .
Apres cette guerison, Jesus, pour prendre quelque repas ou quelque nourriture, entra dans une maison ou i'hospitalite lui etait offerle*. La, quand il fut seul avec ses apotres, les neuf qui n'etaient pas monies avec 'lui au Thabor lui demanderent :
Poiirquoi, avant ton retour, n'avions-nous pas pu chasser ce demon? Leur 6tonnement etait comprehensible; quand, quelques semaines auparavant, ils avaient parcouru la Galilee en prechant au nom de ' Jesus, ils avaient, sans rencontrer de difficultes, exorcise plusieurs demons; pourquoi, dans des circonstances qui leur semblaient toutes pareilles, n'avaient-ils pu obtenir le meme succes? Cette difference les etonnait et les humiliait.
A leur question Jesus repondit sans menagement : A cause de votre incredulite. Gar je vous le dis en verite, si vous aviez, en fait de foi, la quantite d'un grain de seneve, vous diriez a cette 'montagne
1 MATTHIEO, XYII, 18 ; MABC, IX, 27 ; Ltc, IX, 42.
2 Ltc, IX, 43.
3 Voir dans 1'dvangile de saint Matthieu la guerison du paralytique dc Capharnaiim (IX, 8).