MATTHIED, XVI, 2-4; MARC, VIII
2 II ne peut <Hre question ici de Bethsa'ide pres Capliarnaum, puisquc saint Matthieu precise que la barque alia vers 1'autre rive du lac, e!? rowlpcw. (XYI,'5.) --
3 Ce trait indique que le s^jour de Jesus pres de Magdala fut dc
" DE N.iS
des ap6lres, etait une quantite derisoire. Quand ils s'apereurent de cette penurie, la barque etant au milieu cju lac et le spir probablement etant venu, ils s'inquieterent; or Jesus a ce moment leur adressa 1'avis suivant. Prenez garde au levain des pharisiens et a celui d'Herode 1 . Tout entier a la pensee de ce qui venait de se passer entre lui et les sectaires de Magdala, Jesus parlait de la fausse piete des pharisiens et de I'lndifference frivole des herodiens; 1'une et 1'autre pouvaient, en effet, devenir un ferment corr-upteur parmi ses disciples. Mais les apotres 'se meprirent sur le sens de ces paroles; ne pensant qu'au pain qui allait faire defaut pour le repas dont Theure etait venue, ils s'imaginaient que Jesus les approuvait de ne pas avoir achele de provisions chez des gens malintentionnes 4 ; mais ils en revenaient toujours a la conclusion : Tout de meme nous n'avons pas pris de pains 3 .
Jesus les entendant dialoguer sur ce theme les ramena a la saine comprehension de ses paroles : Pourquoi raisonnez-vdus sur ce que vous n'avez pas de pains? N'avez-vous encore aujourd'hui ni sens, ni intelligence? Avez-vous toujours le cosur endurci? Ayant des yeux, ne vovez-vous point? ayant des oreilles, n'entendez-vous point? Et avez-vous perdu
quelques jours; lui et ses ap6tres n'auraient pas consomme en 1'espace d'un jour le contenu de sept paniers assez grands.
1 MARC, VIII, -15. Saint Matthieu (XVI, (5) dit : a Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et des sadduceens . On trouve dans 1'evangile de saint Luc (XII, 1) une phrase analogue; mai elle fut dite plus tard, dans d'autres circonstances.
8 MXTTUIEU, XVI, 7.
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la memoire 1 ? Combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportees quand j'ai rompu les cinq pains pour les cinq mille? Bouze , repondirent les apdtres. - Et quand j'ai rompu les sept pains pour les quatre mille, en combien de paniers pleins avez-vous emporte les morceaux? Et ils lui dirent : En sept Eh bien! poursuivit Jesus, ne comprenez-vous pas encore 2 ?
Les apdtres comprirent alors qu'en aucun cas Jesus neJes laisserait mourir de faim faute de pain, et que, s ? il les avait mis en garde conlre le levain des pharisiens et le levain d'Herode, ce n'etait pas du levain a meltre dans le pain qu'il leur avait parle, mais du levain corrupteur contenu dans les doctrines de ces hommes et qui pouvait empoisonner les ames 3 .
Les evangelistes ne nous disent pas comment, durant la traversee assez longue qu'ils avaient a faire entre Magdala et Bethsaide Julias, Jesus supplea au manque de pain dont s'inquietaient les apdtres; peut-etre jeunerent-ils; peut-etre fiirent-ils nourris par la puissance miraculeuse de Jesus.
La traversee, en tout cas, s'acheva tranquillement,
1 Allusion a la prophetie d'lsa'ie (VI, 10) : Aveugle le coeur de cc peuple et rends ses oreilles gourdes et ferme ses yeux, de peur qu'il ne voie de ses yeux et n'entende de ses oreilles, et que de son coeur il ne coraprenne . Jesus avait deja rappele ce passage du prophete a propos.de son enseignement en paraboles (IkTiuiBn, XIII, 14 et 15; MARC, IV, 11 et 12). . ' :
2 MATTHIED, XVI, 9-11; MARC, VII, 19 et 20. Les deux evangelistes conservent ici la distinction qu'ils ont~faite entre les couffins, xoipfvoi, ou furent mis les morceaux restant de la premiere multiplication des pains et les paniers, entuptSes?, ou furent mis les mdrceaux provenant de la seconde. ^
3 MATTIHEU, XVI, 12
et, comme il avail ete decide, la barque aborda aii port de Bethsai'de Julias ; la Jesus ne resta pas dans le quartier des pecheurs, il monta dans la partie neuve qu'avait fait construire le tetrarque Philippe 1 ; les evangelistes ne nous disent pas dans quel but. II semble qu'il alia seul sans ses ap6tres 2 , et qu'il desirait y etre ignore de la generalile des habitants. Mais il fut reconnu par quelques personnes qui lui amenerent un homme (leur parent probablement) devenu recemment aveugle; et on le priait de tou- , cher de la main ce malheureux afin de le guerir. En reponse a cette requete, Jesus prit cet aveugle par la main et remmena hors de la petite ville.
Quand ils furent dans la campagne, Jesus s'arretant mit de sa salive sur les paupieres 3 de- raveugle; puis lui imposant les mains il lui demanda : Yoistu? L'homme leva les yeux et dit : Je vois les homines pareils a des arbres; ils marchent . De nouveau Jesus prati qua Timposition des mains sur Taveugle, cette fojs sur ses yeux m^mes; et de nouveau il le fit regarder droit devant lui, cet homme obeit; il etait completement retabli dans sa vision
1 Saint Marc traite Bethsai'de Julias de bourg, xii(x-/i (VIII, 23 et 26); ee qui correspond a ce qu'en dit Josfephe (Anliquitis h^bra'iques, livre XVIII, chap. H, par. 1) : a Philippe norama du noin. de Julie, fllle de Cesar (Auguste), le bourg de Bethsai'de pres du lac de Genesareth, lui ayant confer^ la^dignite de ville a cause du norabre de ses habitants et de toute sa richesse o. '
* MARC, VIII, 22 : Et il vint dans Bethsa'ide, xai ?pxetai ei? B>i6ffa't'Sav .
5 Saint Marc emploie ici le mot o[X(J.Ta tandis que deux versets plus loin il dira 6ipQa>[io\ pour designer exactement les yeux; le premier de ces mots ayant une signification plus generate doit s'entendre des paupieres, tandis que le second s'applique seulement aux globes des yeux.
normale 1 ; il voyait distinctement, meme a grande distance 2 .
La guerison etant achevee, Jesus dit a cet homme de retourner dans sa demeure, mais sans repasser par Bethsa'ide, et il ajouta : Ne le dis a personne de la petite vi lie 3 .
Le motif de cette injonction est reste obscur; raais de celle-ci nous pouvons deduire que Jesus ne voulant pas que sa presence s'ebruitat, se hala de retourner a la barque de Pierre etde reprendrele lac. Celle fois ce fat pour renlrer a Gapharnaiim ou il avait donne rendez-vous a jour fixe aux soixantedouze disciples qu'il avail envoyes en avant de lui pour lui faciliter son long voyage.
Celui-ci avait dure cinq mois.
1 MARC, VIII, 25 : onroxaTEo-TaO-/], il fut~r6tabli. '
2 MARC, VIII, 25 : xa\ dve6),<l/ r/i^auYw? aTiavra?, et il voyait clairs au loin tons IKS gens.
3 MARC, VIII, 2ti : y.v\Sk e\? TYIV xtijuiv eiffeXOYji;, p-'oSe eiirr,? TIV\ ev -n)
], nin'entre dans le bourg, ni ne parle h personne du bourg.