‹ La vie interieureChapitre 11 sur 91 · Et comment · texte numérisé non relu

Et comment

Ce n'est pas dans le fait lui-même de la présence qu'il faut chercher la raison ou le principe d'une différenciation quelconque, car le fait lui-même n'en admet pas : on est présent ou on ne l'est pas. ' • Mais on peut être présent au même endroit, dans le même milieu : i° à différents titres ; 2P avec de très différentes dispositions.

Le même homme, par exemple, peut se trouver présent dans la même maison, dans la même fam.ille, d'abord à titre de journalier, puis de domestique, puis de secrétaire, puis d'ami, puis de gendre, puis de chef ; et d'abord il n'y vient que par intérêt, puis par sympathie et par amitié, enfin par dévouement entier, cordial, comme l'est celui d'un fîls, d'un époux, d'un père.

Ainsi, en vertu de la grâce. Dieu se trouve présent dans l'âme justifiée à un tout autre titre qu'à celui de Créateur ou de Providence, c'est-à-dire à titre de père, de frère, d'ami, d'époux.

Et au lieu que sa présence au premier

litre (de Créateur) Le laisse souvent, le plus souvent pour ainsi dire indifférent ou, du moins sans sympathie particulière pour les êtres auxquels II est présent, au lieu que cette présence le laisse même hostile à beaucoup de ses créatures, par exemple aux démons et aux damnés, loin desquels Il se tiendrait s'il le pouvait ; aa contraire, sa présence dans les âmes justifiées, en vertu de la grâce, ne va jamais sans une très grande affection pour elles. Simile simili gaudet^. La grâce rendant toute âme qui la possède participante de la nature divine. Dieu ne peut moins faire que de s'aimer Lui-même en elle, parce qu'il s'y retrouve comme un père dans son enfant. En supposant qu'il n'y fût pas déjà présent en vertu de l'immensité, la grâce Le déterminerait à y venir, tant elle L'attire.

Et comme de sa nature, l'amour tend toujours à l'union. Dieu — le Père, le Fils et le Saint-Esprit — présent en nous, tend toujours à s'unir davantage à nous et à nous unir à Lui.

Page 1