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tout usées aux
grande bible in-folio est pleine de raccords manuscrits aux en-
ais en ce temps d’im-
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des enfants de chœur. Des orgues! des chœurs! Pourquoi pas
une église et la messe tout de suite ! Voilà bien l'idolâtrie des temps nouveaux ! Reb Chmoëûl, lui, n'admet que l’Oratoire aux murs nus, et l'antique officiant qui nasille, et
le chantre qui chevrote.
Qu'importe que les fidèles chantent faux, si leur acte de contrition est sincère ?
Dans ces pieuses pensées, le viel ascète entame, pour son compte, quelques prières surérogatoires.
L'arrivée des autres
paroissiens ne le trouble pas, ni celle de son frère qui a la dévotion modeste, ni le zèle indiscret de deux Polonais de passage, qui baisent bruyamment le linteau de la porte, et déploient, à grand fracas, leur thaless déguenillé, ni la turbulence de Mayerlé Hodel, du Grand Aron et de Simon Bloch, les trois êtres les plus remuants et les plus bavards de la basse Alsace. Ces gaillards-là causent de leurs petites affaires comme s'ils étaient au cabaret, et surtout des affaires des autres. Le Grand Aron, avec une visible satisfaction, informe un cercle d’auditeurs que les Moch, vous savez, ces Moch qui font tant leur tête ! il est entré chez eux hier soir, pendant le souper, et ils mangaient de la merluche! Lui, il mange du Zapertoune (1) ! Ah, voici Väte (2) le sourd-muet; comme il gesticule ! Comme il est joyeux ! Qu’y a-t-il donc? Une mauvaise nouvelle, bien sûr, car ce gnome affreux n’est content que lorsqu'il peut annoncer un mal-
(4) Labrador, morue de première qualité.
(2) Nathan.
Fes
YNAGOGUE,