‹ La vie juiveChapitre 29 sur 36 · Z DÉC · texte numérisé non relu

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revision ! L'ange est bien sévère — mais Dieu est si indulgent! II suffit d’un repentir, d’un tout petit repentir, de la moindre bonne

action, pour que Dieu ordonne à cet ange ponctuel de prendre sa plume et de raturer un tas de péchés, On assure de bonne source, car tout finit par être connu, même ce qui se passe dans le ciel, qu'une veille de Yom Kipour, l'ange refusait obstinément d’effacer une vilaine action qu'avait cohmise un méchant homme; il l’avait grossoyée, en belle anglaise, au folio 63 de son grand livre, et l'avait mème soulignée à l’encre rouge; mais Dieu, qui prend connaissance de tout, feuilleta le registre, et lut, à la page 117, à la troisième ligne, que le fils de cet homme avait recueilli deux pauvres orphelins, et les élevait bien pieusement, les faisant prier tous les jours pour le repentir d’un pécheur endurci, qu’il se gardait bien de leur nommer. Dieu commanda de suite à l’ange d'effacer la moitié des nombreux péchés du père : l'ange, vieux serviteur, quelque peu raisonneur comme le sont tous ces fidèles domestiques attachés à la maison, voulut tenir tète au Seigneur, et se permit même quelques observations déplacées; sur quoile bon Dieu se mit si fort en colère et le gronda si durement que l'ange se prit à pleurer, et que ses larmes effacèrent tout ce qu'il y avait d’écrit sur la page entière. On sait que les larmes des anges ont la propriété d'effacer les péchés des hommes. Il paraît que, de dépit, le diable, qui préparait déjà un pot à couvercle, sur le poêle où 1l fait chauffer son café au lait, pour y fourrer l’âme de ce vilain pécheur, cassa son pot, et renversa son bol de café!

C'est la veille de Yom Kipour qu’a lieu, en famille, le départ du bouc émissaire chargé de porter les péchés d'Israël dans le désert. Seulement, comme un bouc est une trop grosse pièce, on le remplace par un bon coq bien gras, et une couple de poules, et comme il n’y a point de désert en Alsace, au lieu d'envoyer les victimes expiatoires vagabonder par la campagne, on les met simplement dans le pot-au-feu. Sans doute, le père de famille fait tournoyer le coq symbolique au-dessus de la tête de chacun de ses enfants, avec la même gravité, avec les mêmes gestes qu’autrefois, les sacrificateurs d'Israël, les prêtres d'Olympie, les pontifes de Rome faisaient tournoyer un morceau de la victime

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