‹ La vie, l'évolution, le matérialisme [microforme]Chapitre 9 sur 13 · M LL · texte numérisé non relu

M LL

en attachant à une tige de vigne, de houblon ou de quelque autre plante grimpante un morceau de carton, une aiguillette de bois pivotée à la muraille, au treillis, avec petit bras de levier du côté de la plante, tandis que l’autre décrit un arc plus grand et rend le déplacement quasi aussi sensible que celui de l'aiguille des minutes d’une horloge ou au moins de celle des heures.

Et il n’y a rien d’étrange dans cette reproduction par boutures, et c’est ici surtout que les deux règnes : flore et faune se rencontrent, se ressemblent, tiennent l’un de l’autre. La plante, l'arbre, le végétal, le brin d'herbe, l'épi de blé, le chêne poussent des boutures reproductives, et on peut les en détacher, les mettre en terre, les planter, et elles prennent facilement racine. Le peuplier, le saule, le platane sont surtout féconds en ces résultats. On peut même planter comme tout le monde le sait, un morceau de bois de saule, une simple bâche, un tronc et qui plus est, le planter sens dessus dessous, et malgré qu'il re soit armé d'aucune bouture, il pousse ainsi des racines par le bout en terre, des tiges, des feuilles par l'autre bout et cet arbre grandit quasi à vue d'œil. Et on peut de même greffer une tige, une bouture d’un arbre, sur un autre arbre, et même d'essence différente, comme d’un pommier sur un pommier d'une autre espèce, et la sève nourricière de celle-ci prenant bientôt son cours dans les pores de la première, lui continue la vie qu’elle tenait de la plante mère. Il suffit que les végétaux soient de même nature.

L'on peut aussi greffer, bouturer, comme on le sait, la chaire animale ; dans l'opération par exemple de la rhinoplastie ; mais on à la précaution dans ce cas, pour assurer la réussite de l'opération, de ne détacher que par un bout le morcenu de chair à transplanter ou déplacer ; c’est-à-dire qu’on le laisse encore attaché par une extrémité à la chair mère et pendant quelques semaines, ou jusqu'à s'assurer que la circulation en est bien établie avec le corps auquel on l'applique ; puis après cela on sépare le morceau complètement

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