‹ La vie & la mortChapitre 14 sur 43 · LES MORCEAUX DU PARADIS · texte numérisé non relu

LES MORCEAUX DU PARADIS

Un jour — s'il faut en croire un conte de jadis Le bon Dieu fit là-haut l'école buissonniè

Et. joyeux, s'en alla dans son beau paradis. En posant sur les fleurs - -ils de lumière.

Il vit les bois sacrés odorante de jasmins. Il vit les grottes d'or chantantes de zéphy Il vit. dan- l'éther bleu, des vols de blanc Touchant de ; rts d'harmonieuses lyi

Il vit les diamants du gazon luxueux,

Il vit les fruits dorés surchargeant la ramure,

Il vil l'entassement énorme et fastueux

De ce qui luit, et fleure, et gazouille, et murmure.

Mais soudain Dieu frémit. Dans cet enchantement De grottes et de tours, de lacs et de feuill Pas une âme ! Saint Pierre errait seul, tristement, Avecson lourd trousseau de vieille- clés rouillées.

i Saint Pi.-rre, bon saint Pierre, où donc sont mes élus?

Respectueusement, le saint prit la parole :

o Vous ne savez donc pas, Seigneur? H n*en vient plus!

Dit-il, en chiffonnant son antique auréole.

« J'ai beau parer mon seuil de vos anges chantants, El rel mon Lui- de soyeuses crépine-.

Le chemin est trop rude et bon pour l'ancien temps : On ne sait plus monter par des -entier- d'épini

Alors Dieu partit, grave, et les yeux alourdi-. Puis, regagnant là-haut son trône solitaire, Il broya sous son pied tout son vain paradis Et. pleurant, en jeta les morceaux à la terre.

Et depuis lors, toujours, des constellation-.

Ils descendent, peuplant les vastes deux de ûamme.

Et l'homme sent, après les bonnes actions,

Ces bouts de paradis qui lui tombent dan- Tàrne.

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