‹ La vie & la mortChapitre 28 sur 43 · SYMPHONIE · texte numérisé non relu

SYMPHONIE

La forêt dort. Tous noirs, tous inertes, tous graves, Enveloppés de nuit, leurs gros bras détendus, Muets comme des rocs, debout comme des braves, Dorment, dorment en paix les arbres confondus.

Ils dorment. PassezlRespectezleurslourds sommes: Ils rêvent aux oiseaux sous leurs feuilles blottis, Peut-être aux moucherons de nuit, peut-être aux homme s: grands daignent parfois rêver aux tout petits.

Bien. Superbes, hautains comme de vieux burgraves. Fraternels, s'embrassant de leurs membres tordus. Lement, tous noirs, tou in rt . ls graves,

Donnent, dorment en paix les arbres confondus.

up, entre eux, huant, le vent se lève. — Holà les arbres noirs J — Entre eux, huant, le veni ! la tempête éclate, et, comme un glaive. L'éclair taille les cieux livide- et les fend.

— Holà! holà ! holà : — Tout à coup, effroyables, S'éveillent en sursaut les arbres noir-. — Holà? — Fiers, grondants, hérissés, hurlant comme des di Hurlant au vent qui hurle et qui les bouscula.

Holà! holà'! holà! — Vlin! Vlan! Et les ramures Se choquent, et les troncs craquent, et Ton entend, Dans la nuit rouge, comme un heurt strident d'armure: Géantes s'éventrant et vous épouvantant!

Vlin ! Vlan ! — Homme des ours au seuil de leurs repaire-. Les chênes sur leur- pieds se courbent, font des saut-. Puis s'empoignent. — Vlin! Vlan!— Et. comme des vipères. Les lierres dans leurs nœuds tordent les arbri -seaux.

Vlin ! Vlan! Et lourdement, les pins, les hêtres sombre; Entrechoquent leurs fronts comme des boucs baveux. Ylinl Vlan! Et l'on entend monter au fond des ombres De vagues cris qui font hérisser les cheveux.

Vlin: Et tout le Lois geint. Vlan: Et toutes les tiges. - - avenant d'avoir été des bras humains. Portent de lâches coups qui font choir, — ô vertige- : — Di'grands rameaux palmés qu'on prendrait pour des main:

Vlini des bras tombent. Vlan: des platanes s'acharnent Sur de maigres bouleaux, sur des acacia : Et les troncs mutilés et roux qui se décharnent, Vlin: Vlan: Vlin:... semblent tous d'énormes tibias.

Vlan! Et la forêt tremble, et les arbres ent

Avec des grondements sinistres, et là-bas,

Les tonnerres lointains, ces tambours de Dieu, roulent

Des rafla fias vainqueurs au milieu des combats.

Vlin: Et le vent, tordant Les sylvestres crinièrt -. Emporte — Vlan! Vlin! Vlan! — dan> l'air épouvan'.é, Jusqu'aux foudre-, jusqu'aux tempêtes meurtrières. Jusqu'aux haillons poudreux du ciel déchiqueté,

Jusqu'au zénith, jusqu'à la lune, jusqu'aux astres, Jusqu'au couvercle noir dont Dieu clôt l'univers, Le formidable écho de ces mornes désastres Et le rugissement de ces combattants verts!

Vlin! Vlan! Vlin ! Vlan! Mais, comme un aigle aux ailes lasses, — Vlin! Vlan! — l'àprevent, — Vlin! — parvolsdiminutifs, Vlan! — tombe; et les bras noirs s'affaissent— Vlin — mollasses Et les troncs amputés — Vlan ! — se dressent, plaintif.-.

Et la paix. leDtement, se fait; — Vlin!— les huées Cessent, les bois blessés n'ont plus de cris grognons. Vlan! — Et la lune épanche, à travers les nuées, Des flots de baume blanc et doux sur les moignons.

Et des préludes lents surgissent. Et des brises Risquent des bouts de phrase harmonieuse. — Vlin I jndement, là-haut, aux immensités gri»

- mit un astre ainsi qu'un œil câlin.

Et moi, voyant cet œil brûlant d'étoile luire.

3 des maux anc a ce qu'un œil de femme peut produire. TTélène. à Troyens.

Je me suis demandé ces choses ténébreu- Femmes mortes, si le- étapes sont vos yeux? 3t pour votre œillade, aïeules amou:

se battent toujours les arbres, no? aïeux?

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