U EGLISE ET LE THEATRE
M^'' Ireland est, comme on sait, le plus hardi des prélats. Rien n'effraye son libéralisme. 11 accepte toutes les formes de l'esprit moderne. Il réconcilie TÉglise avec le siècle, avec la démocratie, avec la science. 11 entreprend, en outre, de la réconcilier avec le théâtre. Interrogé sur cette question par un publiciste belge, il lui a répondu : f< Pourquoi ne nous servirionsnous pas du roman et du théâtre ? 11 y a des millions d'hommes qui ne connaissent
que le roman et le théâtre, et, si nous voulons qu'ils nous écoutent, il faut bien que nous allions à leur rencontre. Les gens de lettres peuvent faire un bien immense à l'Église. » Ici, j'ose croire que M^^'Ireland s'abuse. ff
Je laisse de côté le roman. Le roman a pris de nos jours tant de formes et s'est modifié sous tant d'influences qu'on ne sait plus au juste, quand on parle de roman, de quoi on parle. Mais quelle illusion de croire que le théâtre puisse se faire Tallié de l'Église ! Supposez un peu quels résultats aurait la prédication religieuse au théâtre. J'entends quels résultats pour les âmes, et quels résultats aussi pour la caisse des directeurs. Le fait est qu'entre l'Église et le théâtre il n'y a pas d'accord