L ÉGLISE ET LE THÉÂTRE
possible, mais que Toppositioii est essentielle.
La question n'est pas neuve. Elle souleva au xvif siècle les polémiques les plus violentes. On a coutume de rappeler que le théâtre a eu en général des origines religieuses. Chez les Grecs, les représentations dramatiques étaient des cérémonies religieuses. Mais il n'y a aucune analogie à établir entre l'esprit des religions antiques et l'esprit chrétien qui en est justement l'opposé. Au moyen âge les « mystères » étaient la continuation et l'illustration de l'office divin. Bientôt ces mêmes « mystères » devinrent un objet de scandale. A mesure qu'elle se développe et prend plus nettement conscience d'elle-même, la littérature dramatique se sépare davantage
de la religion. On cite encore le théâtre de Corneille et Polyeucte, a tragédie sacrée ». Mais ce que goûtèrent les contemporains dans Polyeucte ce fut une intrigue toute mondaine : la situation piquante d'une honnête femme placée entre son mari qu'elle n'aime pas et son amant. Heureux temps, pour le dire en passant, que celui où on pouvait employer ce mot d'amant, sans y attacher un sens grossier ! Ce qui déplut dans la tragédie de Corneille ce fut précisément la religion. On reprochait au néophyte chrétien son zèle. On trouvait ce zèle indiscret.
Ce qui rend à la question quelque actualité, c'est que dans ces dernières années nos dramatistes ont mis beaucoup de religion dans leurs pièces. Le Christ était à la