FEMMES D'ECRIVAINS
Il a paru dans ces derniers temps quelques volumes de souvenirs dus à des femmes portant le nom d'écrivains connus. Ces femmes ne se souviennent de rien qui ne soit à l'honneur de celui qu'elles ont aimé et dont elles gardent le culte. Cela est très convenable. Tout de même nous pouvons faire nos réflexions et raisonner sur ce rôle de <( femme d'écrivain », difficile à tenir entre tous, l'un de ceux qui exigent le plus de tact et d'ingéniosité, et pareillement de patience et de résignation.
Sans doute . récrivain n'est pas cet être d'exception et cette sorte de monstre i que les romantiques se plaisaient à imagi- [ ner. Il est sensiblement pareil aux autres hommes et fait comme tout le monde. C'est le plus souvent un bourgeois rangé, qui aime bien sa famille et travaille pour ses petits. Il y a néanmoins un défaut qui sans doute ne lui est pas particulier, mais auquel il est particulièrement exposé par le métier qu'il fait. C'est la vanité. Nul n'y échappe de ceux qui, une fois, ont tenu une plume et de cette plume ont tracé dix lignes. Il arrive que cette vanité se déguise sous des formes charmantes et très douces. Elle n'est pas pour cela moins exigeante. Un écrivain n'est jamais modeste; aussi bien il ne doit pas l'être. Car, si c'est chose en-