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LE « NOUVEAU JEU » ^A^ DIPLOMATIE

Il y a un ministère à supprimer. Afin de ne pas terrifierions les autres, je dirai tout de suite que c'est le ministère des affaires étrangères. Ambassadeurs, ministres plénipotentiaires, attachés et détachés, ceux de la <( carrière » et les autres, en vérité, à quoi est-ce qu'ils servent? Toute cette organisation compliquée et surannée se réfère à un état de choses qui n'est plus celui de l'Europe. La diplomatie, telle qu'on la pratiquait autrefois, avec force subtilités et

toute une épaisseur de mystère, cette diplomatie est morte. Le reportage Fa tuée, attendu que la diplomatie n'est, à la bien prendre, qu'un système de reportage international. Ce n'est plus dans les chancelleries que se traitent les affaires de l'Europe, c'est dans les bureaux de rédaction. Quand un souverain veut faire connaître sa pensée, il n'a garde de se confier à un ministre accrédité : il se fait interviewer. Quand le Pape veut parler à la chrétienté, il s'adresse à M. Judet, ou encore il envoie chercher M"® Séverine. Le Quirinal suit l'exemple du Vatican. « C'est nous qui sont les princesses, ^) disait cette dame du premier Empire. Et nous autres journalistes, avec plus de syntaxe et non moins d'assurance, nous pouvons dire : « C'est

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nous qui sommes les ambassadeurs... »

Telles sont les réflexions qui s'imposent quand on lit le récit de la conversation qu'un reporter, M. Gaston Calmette, vient d'avoir avec le roi Humbert. Ce récit est par lui-même un beau morceau, et qui, par endroits, touche presque aux hauteurs coutumières à M. Chincholle. Je goûte, par exemple, ces quelques lignes où nous pouvons voir l'attitude respective des deux interlocuteurs. M. Calmette est très digne, profondément pénétré de l'importance de son rôle, et convaincu des conséquences que peut avoir une entrevue désormais historique : « J'ai ressenti, je l'avoue, une émotion profonde, mêlée d'une inquiétude soudaine et d'une sorte de doute immense, mal réfléchi, sur l'étendue subite de mon

devoir... » Le roi d'Italie voit les choses de moins haut. Il est un peu familier. Il ne semble pas s'être mis tout à fait au ton. Mais M. Calmette ne lui en adresse aucun reproche. « Le roi s'avance souriant, la main tendue, le regard net et franc, ses deux grands yeux noirs largement ouverts : tout révèle une affectueuse bonhomie, avec la plus touchante simplicité. » Les premiers mots furent de congratulations réciproques. Puis on parla de choses in-^ times, le roi Humbert et M. Calmette ayant un certain nombre d'amis et de « camarades » communs.

Ne trouvez-vous pas que ce ton de bonne camaraderie remplace avantageusement le cérémonial usité jadis dans les cours ? C'est de même que, lorsqu'il jugea qu'il savait

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