‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 10 sur 158 · Stuart MiLL, La LibeiHé, ch. i · texte numérisé non relu

Stuart MiLL, La LibeiHé, ch. i

peuple est toujours juste, toujours droite, toujours bonne, toujours tout ce qu'elle doit être, on ne voit pas, dans son système, pourquoi la volonté de chacun ne serait pas également juste, également droite, également bonne, également tout ce qu'elle doit être. La raison pour laquelle un peuple n*est pas lié, c'est qu'il est la source du droit et de la justice ; ne suis-je pas au même titre, et à un titre plus élevé, la source du droit et de la justice? Mes intérêts sont la racine primordiale et la base de ceux du peuple. Tout' ce qu'il peut, je le puis comme lui, et plus que lui. Du moment que la justice n'oblige pas le peuple, elle n'oblige pas davantage l'individu ; car l'individu est lui-même, par naUirey son maître absolu et ne dépend de personne.

L'idée de loi appelle naturellement celle de législateur. En principe, il n'y a qu'un législateur, le peuple ; mais ici encore prenons garde aux subtilités. Aucune loi ne peut exister que par la volonté du peuple, c'est convenu ; mais si cela signifie qu'il doit approuver et ratifier toutes les lois, cela ne veut pas dire qu'il doive les préparer et les proposer. La préparation et la proposition des lois, tel^ est l'office du législateur. Office merveilleux, car « celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi 3ire, la nature humaine; de transformer chaque individu;... d'altérer la constitution de Thomme pour la renforcer;... d'ôter à Thomme ses propres forces, pour lui en donner qui lui sont étrangères et dont il ne puisse faire usage sans le secours d' autrui *. » Changer la nature humaine ; altérer la constitution

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