‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 11 sur 158 · I. Contrat social, 1. II, ch. vil · texte numérisé non relu

I. Contrat social, 1. II, ch. vil

de rhomme ; grande entreprise eu effet ! Qui sera capable de raccomplir ? Il y faut « un homme à tous égards extraordinaire; » d'autant plus extraordinaire qu'il doit réunir « deux choses qui sont incompatibles : une entreprise au-dessus de la force humaine, et, pour Texécuter, une autorité qui n'est rien. »

« Autre difficulté qui mérite attention. Les sages qui veulent parler au vulgaire leur langage au lieu du sien, n'en sauraient être entendus. Or, il y a mille sortes d'idées qu'il est impossible de traduire dans la langue du peuple. Les vues trop générales et les objets trop éloignés sont hors de sa portée : chaque individu ne goûtant d'autre plan de gouvernement que celui qui se rapporte à son intérêt particulier, aperçoit difficilement les avantages qu'il doit retirer des privations continuelles qu'imposent de bonnes lois... Voilà ce qui força de tout temps les pères des nations de recourir à l'intervention du ciel et d'honorer les dieux de leur propre sagesse*. » La ruse, le mensonge, de faux prestiges et de faux miracles, tels sont les moyens que Rousseau préconise pour emporter les suffrages. Ne demandons pas jusqu'à quel point un vote ainsi obtenu est sincère, éclairé et valable.

La nature, l'organisation et le choix d'un gouvernement, telle est la troisième des questions fondamentales que Rousseau avait à traiter dans son

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