‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 100 sur 158 · Lettres diverses, à Damilaville, à d'Alembert, etc · texte numérisé non relu

Lettres diverses, à Damilaville, à d'Alembert, etc

3. Lettre à Coindet, 5 juillet 1767. — 4. Et encore il serait plus exact de dire qu'ils donnaient tort à tous les deux ;

que si personne ne croyait Hume coupable {LettredeM»" de Verdelin à Bousseau, 9 octobre 1766), presque tous le trouvaient peu généreux et plaignaient Jean-Jacques autant qu^ls le blâmaient.

LA VIE ET tES OEVYBES

reste. L'abandon de cet excellent ami était, au contraire, une épreuve dont il n*avait pas Tidée. Mais Milord Maréchal avait les embarras en horreur et tenait surtout à son repos. Il avait rêvé de faire le bonheur de son ami Jean-Jacques, en le confiant à son autre ami Hume ; il voyait qu'il s'était trompé ; que ses conseils de sagesse avaient été mal suivis ; qu'avec une tète conune celle de Jean-Jacques, il n'aurait jamais fini dé l'apaiser ni de le guérir de ses folies. Il avait voulu, pour y réussir mieux, s'entendre avec Dupeyrou ; il n'y avait gagné que d'aigrir le malheureux Rousseau. « Je suis vieux, infirme, lui écrivit-il alors ; j'ai peu de mémoire ; je ne sais plus ce que j'ai écrit à Dupeyrou ; mais je sais que je désirais vous servir, en assoupissant une querelle, sur des soupçons qui me paraissaient mal fondés, et non vous ôter un ami. Peut-être ai-je fait quelques sottises. Pour les éviter à l'avenir, ne trouvez pas mauvais que j'abrège là correspondance, comme j'ai fait déjà avec tout le monde, même avec mes plus proches parents et amis, pour finir mes jours dans la tranquillité. Bonsoir. Je dis abréger ; car je désirerai toujours avoir de temps en temps des nouvelles de votre santé, et qu'elle soit bonne*. »

 partir de ce jour, en effet, nous n'avons plus qu'une seule lettre de Milord Maréchal à Rousseau. Celui-ci fit les plus grands efforts pour le faire revenir sur sa détermination ; lui, si fier d'habitude, ne recula ni devant les larmes, ni devant les supplications : tout fut inutile*.

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