‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 106 sur 158 · U le uomme plus loin Hippophae · texte numérisé non relu

U le uomme plus loin Hippophae

DE JEAN-iAGQtES ROUSSEAU.

vous pas? — Ah! Monsieur, me répondit-il d'un ton respectueux, je n'osais pas prendre cette liberté. Je me mis à rire de cette humilité dauphinoise,, en discontinuant néanmoins ma petite collation Cette

aventure me parut si plaisante que je ne me la rappelle jamais sans rire de la singulière discrétion de Monsieur l'avocat Bovier*. »

Quand, vingt ans après, Bovier lut cette page des Rêveries, il ne put retenir un cri de surprise et de douleur et voulut raconter aussi la même scène Et d'abord il la place sur la rive droite du Drac, ce qui parait plus vraisemblable, Thippophae y croissant en abondance , tandis qu'on en rencontre à peine quelques pieds au bord de l'Isère ; mais surtout il s'élève contre le rôle coupable et ridicule que lui prête Rousseau. Il se borna, dit-il, à lui demander s'il connaissait les vertus du fruit qu'il mangeait, et sur sa réponse affirmative, il ne jugea pas qu'il appartint à un profane comme lui d'en remontrer à un botaniste. Nous pourrions même ajouter que probablement Rousseau ne^ mangea point de baies d'hippophae, mais plutôt de celles de l'épine viuette. Les deux plantes en effet se trouvent mêlées sur les • bords du Drac; mais tandis que les fruits de la seconde ont un goût acide qui ne déplaît pas, ceux de la première n'ont qu'une saveur fade et désagréable. Quand on donne dans l'anecdote , il faudrait au moins garder la vraisemblance. L'aventure est de médiocre importance ; elle a .néanmoins donné lieu à plusieurs discussions et réfutations. Il esi inutile d'y insister davantage '.

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