‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 12 sur 158 · Contrat social, 1. II, ch. vii · texte numérisé non relu

Contrat social, 1. II, ch. vii

Contrat social. Gardons-nous de confondre la sou-, veraineté avec le gouvernement ; Tune est la puis-sance législative et appartient essentiellement au peuple ; Tautre est la puissance executive et appar- ^ tient à des agents chargés d'exécuter la volonté ; j^éaérale. Qu'ils s'appellent magistrats, princes, rois . ou empereurs, ils ne sont, dans tous les cas, que de simples commis ou officiers du peuple, choisis par lui, et tous les jours révocables par lui. Ils répondent assez exactement à nos ministres actuels et à l'armée des fonctionnaires placés sous leurs ordres. Du reste, que le gouvernement soit démocratique, aristocratique ou monarchique, et chacune de ces formes a, suivant les temps et les lieux, ses avantages, il n'y a, dans tous les cas, qu'une constitution légitime, c'est la constitution républicaine. « Le gouvernement civil, dit Voltaire, résumant très bien ici, contre son habitude, la pensée de Rousseau, est la volonté de tous, exécutée par un seul ou par plusieurs, en vertu de lois que tous ont portées *. »

On a vu quelle autorité Rousseau confère au souverain; il se montre beaucoup plus parcimonieux pour le gouvernement. Emile rapporte de son grand voyage d'exploration à la recherche de la meilleure des constitutions « l'avantage d'avoir connu les gouvernements par tous leurs vices, et les peuples par toutes leurs vertus *. » Un peuple fort et un gouvernement faible, tel parait être Tidéal de l'auteur du Contrat social. Sous ce rapport, il a été écouté, nous le savons ; mais nous n'ignorons pas non plus combien peu les gouvernements se

Page 1