‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 124 sur 158 · Corr. ««., juillet · texte numérisé non relu

Corr. ««., juillet

Lés Dialogues, dont le titre exact est : Mousseau juge de Jean-Jacques, sont une sorte de complément des Confessions. Ils ont la prétention d'être une justification de Tauteur ; mais une justification de crimes imaginaires. Jean-Jacques pose en principe que le monde entier est ligué contre lui, et il s'ingénie à en découvrir les prétextes, afin de les détruire. Il fait, dit-il, la part la plus belle à ses ennemis et cherche avec une entière bonne foi tout ce qu'ils auraient pu inventer contre lui. « Car, pour ne pas combattre une chimère^ il fallait bien supposer des raisons au parti approuvé et suivi par tout le monde ^ )> Mais qu'est-ce donc que de supposer des raisons, sinon s'en prendre à des cÛmères? Dans cet examen si approfondi, Jean-Jacques n'oublie qu'une chose, c'est de s'assurer qu'il a des ennemis. Son système, qui semble parfaitement lié, est tout hypothétique ; c'est un édifice en l'air auquel on ne voit pas de base. Peu de faits, mais beaucoup d'idées moroses, de considérations générales, de suppositions ridicules, tel en est le résumé. Rousseau regrette d'avoir écrit un livre si long. Que n'en supprimait-il les longueurs et' les répétions ; il l'aurait ainsi réduit facilement de moitié. Les Confessions ont, sous ce rapport, un bien autre intérêt.

Il parait que Jean- Jacques tenait beaucoup à sa réputation de musicien, car il revient à dix reprises sur son Devin et ses autres œuvres musicales. Mais qui donc lui en contestait la paternité à l'époque où il écrivit ses Dialogues ? Pas plus du reste qu'on ne lui contestait celle de la Nouvelle Héloïse et de

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