Jg-mtte, LU.- 2. /d
DE JEAN-JACQUES ROlîSSEAt. 61
vertu ne le sera pas pour le vice. « Tenez son Ame oisive », c'est facile à dire, mais Tâme n'est guère oisive; si elle ne fait pas le bien, elle fait le mal ; et puis Toisiveté de TAme serait-elle autre chose que ridiotisme? Vicieux ou idiot, voilà ce que sera rélève de Rousseau.
Cependant, pour remplacer la raison et la moralité, il faut quelque chose. Jean-Jacques a imaginé ^ la nécessttéy pauvre motif, s'il en fut, et bien peu *^ digne d'un esprit élevé et libéral. Il est vrai qu'à l'en croire, « la dépendance des choses, qui est de la nature, ne nuit point à la liberté et n'engendre point de vices ; tandis que la dépendance des hommes, qui est de la société... est désordonnée et engendre tous les vices*. » Nous avouons ne pas comprendre cette distinction. Il est parfaitement conforme à la nature, croyons-nous, d'obéir à ses parents, et nous ne voyons pas en quoi l'enfant qui se heurte à un obstacle insurmontable est plus libre que celui qui se soumet volontairement et affectueusement à sa mère. Mais ne parlons pas de soumission. « Ne lui commandez jamais rien, dit Rousseau, quoi que ce soit au monde ; absolument rien. Ne lui laissez pas même imaginer que vous prétendiez avoir quelque autorité sur lui. Qu'il sache seulement qu'il est faible et que vous êtes fort ; que par son état et le vôtre, il est nécessairement à votre merci. Qu'il le sache, qu'il l'apprenne, qu'il le sente ; qu'il sente de bonne heure sur sa tête al-