‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 22 sur 158 · ÈmiU, 1. II. - 2. W. — 3. Id · texte numérisé non relu

ÈmiU, 1. II. - 2. W. — 3. Id

Que va-t-on lui enseigner, et comment va-t-on le lui enseigner? Surtout, pas un seul livre; pas de leçons écrites; ne faites rien apprendre par cœur. L'enfant, d'ailleurs, sait-il lire? Dans tous les cas, on ne le lui a pas appris. Pas de leçons verbales non plus, mais seulement celles des faits, de Texpérience et de la nécessité*. Les leçoîis de cAo5é?5, aujourd'hui à la mode, étaient entendues d'une manière bien plus complète par l'auteur de YÉmile que par nos instituteurs communaux, puisqu'il n'admet ni livres ni explications, et se contente de placer l'enfant en face de l'objet ou du fait dont il doit tirer son profit. Libre à Rousseau de s'imaginer qu'il prépare ainsi des progrès rapides à son élève.

C'est d'après cette méthode que l'enfant apprendra à lire. Gardez- vous de vous en occuper ; il est convenu que vous n'avez rien à lui enseigner, et que lui-même ne doit savoir que ce qu'il juge à propos d'apprendre. Il s'agit donc de lui inspirer le désir de savoir lire. Rien de plus simple : mettez en jeu son intérêt. Il reçoit des billets d'invitation pour un dîner, pour une promenade, pour une partie sur l'eau ; il faut que quelqu'un les lui lise. Faites en sorte que ce quelqu'un ne se trouve pas à point nommé ou manque de complaisance ce jour-là, et voUà notre Emile forcé de les hre lui-même. Il y sera pris dans le commencement, il manquera quelques parties ; mais il y aura bien du malheur, si l'envie de manger de la crème ou d'aller en bateau ne le détermine pas promptement à apprendre, sans le secours de personne ou à peu près. « Parlerai-je à présent de l'écriture, continue Rous-

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