‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 43 sur 158 · Comparer avec Diderot · texte numérisé non relu

Comparer avec Diderot

Pensécê phxL, LVllI. — 2. Les objections de Rousseau sur le salut des sauvages sont pres-

que copiées d'une lettre de Diderot à M"« Volant, du 27 septembre 1760.

contient le plus bel éloge qu'il ait jamais fait de l'Évangile et de Jésus-Christ. Ce morceau ayant été cent fois cité, nous pouvons nous dispenser de le citer de nouveau. « Oui, dit-il en finissant, si la vie et la mort de Socrate sont d*un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu. Dirons-nous que l'histoire de TÉvangile est inventée à plaisir? Mon ami, ce n'est pas ainsi qu'on invente, et les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont m'oins attestés que ceux de Jésus-Christ... L'Évangile a des caractères de vérité si grands, si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur •en serait plus étonnant que le héros. » Voilà Rousseau bien près d'être chrétien ? Non. « Avec tout cela, Gontinue-t-il, ce même Ëvan^le est plein de choses incroyables, de choses qui répugnent à la raison, et qu'il est impossible à tout homme sensé de concevoir ni d'admettre. » Et Rousseau reste sceptique, et il conserve dans son esprit l'amalgame incohérent des opinions les plus opposées. Réservant tous ses anathèmes pour l'athéisme^ qu'il regarde comme plus pernicieux que le fanatisme lui-même, et pour l'iudifférence philosophique, il est prêt à regarder toutes les religions positives comme également bonnes. « Que d'œuvres de miséricorde, dit-il, sont l'ouvrage de l'Évangile ! Que de restitutions , de réparations la confession n'a-t-elle pas fait faire chez les catholiques ! Chez nous, combien les approches du temps de la communion n'opèrent-elles point de réconciliations et d'aumônes ! Combien le jubilé des Hébreux ne rendait-il pas les usurpateurs moins avides*! » Et il a, malgré cela, la conscience d'a-

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