‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 44 sur 158 · Voir aussi Lettre à l'abbé de X,.„ 11 novembre · texte numérisé non relu

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124 LA VIE Et LKS GEUVRES

voir fait, par Tensemble de sa Profession de foi, une œuvre méritoire et utile à son siècle. Tant qu'il reste, s'écrie-t-il , quelque bonne croyance parmi les hommes, il ne faut point troubler les âmes paisibles ni alarmer la foi des simples par des difficultés qu'ils ne peuvent résoudre et qui les inquiètent sans les éclairer ; mais quand une fois tout est ébranlé, on doit conserver le tronc aux dépens des branches ^ » Il eût été plus fier et plus franc de ne sacrifier ni le tronc, ni les branches. Ou la révélation est vraie, et il faut la soutenir ; ou elle est fausse, et il faut la combattre. L'Opportunisme n'est point ici de saison. Quel droit avons-nous donc sur la vérité, pour la mutiler, sous prétexte de lui être utiles? Défendons-la d'abord, advienne que pourra, et soyons sûrs qu'elle saura bien ensuite retrouver son compte.

Est-ce à dire que le chrétien confonde le déisme de Rousseau avec l'athéisme de certains philosophes? Non, mais il combat l'un et l'autre, quoique par des raisons différentes. On ne confond pas non plus la guerre avec la peste, ce qui n'empêche pas de les reg-arder comme deux fléaux. Mais Jean-Jacques, qui faisait campagne contre deux adversaires différents, la philosophie et ce qu'il appelait le fanatisme, s'est imaginé qu'en se posant entre les deux, il les vaincrait plus facilement; il a fait de la politique et de l'habileté au lieu de faire de la doctrine, et il s'est trouvé engagé dans une foule de contradictions et d'inconséquences.

Elles sont si évidentes qu'on se demande si elles ont pu échapper à sa clairvoyance , et s'il ne les a

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