‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 59 sur 158 · Lettre de Milord Maréchal à Rowiseau, 22 mai · texte numérisé non relu

Lettre de Milord Maréchal à Rowiseau, 22 mai

M., 30 juillet, 26 octobre 17t>{5;

de RoiMseau à Milord Maréchal, 20 septembre 1766 ; d Dupeyrou, 29 mars 1766.

DE JEAN-JACQtJES ROtlSSEAF. 211

suffise, pour le moment, de dire qu'après un dissentiment, dans une circonstance grave, ils cessèrent de s'écrire, sans pour cela cesser de s'aimer.

M"' Bot de la Tour, qui était la nièce de Roguin, était chez son oncle quand Rousseau y arriva. Il s'attacha, par les liens de la plus tendre amitié, à elle et à sa fille aînée. Quand il fut forcé de quitter le territoire de Berne, elle fut heureuse de lui offrir sa maison de Motiers. Ne pouvant la lui faire accepter gratuitement, elle n'en voulut au moins qu'un prix très modique, trente livres par an, et ne négligea rien pour rendre l'habitation commode et agréable à son hôte. Elle-même vint présider aux arrangements, et elle en aurait été satisfaite, si une vilaine petite cour, celle sur laquelle donnait la chambre de Rousseau, n'avait troublé sa joie. L'amitié et les dispositions obligeantes de M""" Boy de la Tour n'en restèrent pas là. Comme elle demeurait habituellement à Lyon, elle était à portée de faire beaucoup de commissions pour son locataire. Elle, ses fils et ses filles^ se mirent entièrement à son service. Les fournitures pour le costume d'Arménien leur donnèrent sui*tout beaucoup d'embarras, depuis les fourrures pour le bonnet jusqu'aux ceintures roses, vertes ou bleues, et aux lacets jaunes pour les bottines.

M"® Boy de la Tour, non contente de donner à Rousseau son logement de Motiers, lui en prépara un autre sur la montagne, plus agréable pendant l'été. Il ne parait pas qu'il l'ait jamais habité ^

Jean-Jacques, qui n'aimait à rester l'obligé de personne, se féUcite de son côté d'avoir rendu un

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