‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 64 sur 158 · Lettre à M^* Guyenet · texte numérisé non relu

Lettre à M^* Guyenet

7. Lettre de Moultou à Bowsseau^ 1 •» j u i n; e t Réponse de Rousseau, 4 juin 176J. — 8. Rousseau trace lui-mAme le tablt-au de ses occupations daus une lettre à M»» Lalour du 25 décembre 1763.

plus précieuse. Par lui, il se metjtait au courant de tout ce qui s*y faisait ; il connaissait ses amis ; ceux qui étaient sûrs, Jalabert, Pictet, Deluc, Roustan; ceux qui étaient douteux, Vernet, Vernes, Marcet lui-même ; il savait les agissements de ses ennemis, Voltaire et Tronchin en tête'. Les deux amis n'étaient pas toujours d accord dans leurs appréciations. En règle générale, Jean-Jacques était pour la défiance. Moultou avait beau lui annoncer que l'opinion lui devenait plus favorable ; que dans quel- • ques mois, il pourrait revenir purger son décret; qu'il lui suffirait pour cela de s'aider un peu, de donner des explications ; Jean-Jacques se prêtait peu à ces ouvertures. Des explications lui semblaient friser de bien près des soumissions. Tous ses correspondants n'avaient pas d'ailleurs la discrétion et les égards de Moultou. Il faut voir l'accueil qu'il fait à leurs propositions. « Je souhaite de tout mon cœur, dit-il, de revoir Genève, et je me sens un cœur fait pour oublier leurs outrages ; mais on ne m'y verra sûrement- jamais en homme qui demande grâce ou qui la reçoit *. » w En un mot, je ne puis pas dire que je suis fâché d'avoir écrit, puisque, au contraire, si ce que j'ai écrit et publié était à écrire et à publier, je l'écrirais aujourd'hui et le publierais demain. Les éclaircissements nécessaires sont tous dans mes écrits et dans ma conduite ; je n'en ai pas d'autres à donner*. » « Ce n'est point à l'offensé à demander pardon des outrages qu'il a reçus ; je

1. Lettres de Moultou à Rousseau, !•' juillet, 4 et 21 août, 13 octobre, 9 novembre 1762, 19 mars 1763, et passim, —

2. Lettres à Moultou, 25 novembre 1765 ; voir aussi Lettre du 13 novembre 1762.— 3. Lettre àDetuc, 26 février 1763.

m'en tiens là ^ » La conclusion était que sans doute il ne remettrait jamais les pieds à Genève *.

Ce n*est pas qu'il consentit à renoncer à son titre de chrétien. Nous connaissons ses raisons. <i Làdessus^ écrit-il à M"" de Boufflers, nos lois sont formelles, et tout citoyen ou bourgeois qui ne professe pas la religion qu'elles autorisent, perd par là mèine son droit de cité '. »

Est-ce sous l'empire de cette préoccupation qu'il aurait résolu d'étonner le monde par un acte éclatant de religion et qu'il exprima le désir d'approcher de la sainte Cène ? Son action a été très diversement appréciée : les uns y ont vu une inspiration de la foi et de la piété, les autres, un trait d'hypocrisie ; les uns Font regardée comme un coup de maître, les autres comme une finesse qui n'en pouvait imposer à personne. On ne peut nier, en tout cas, qu'elle n'ait eu en elle-même, et surtout dans ses conséquences, une grande importance. Il écrivit à cette occasion à son pasteur, M. de MontmoUin, une déclaration de foi, de respect et d'attachement à la religion réformée, à laquelle il voulait être uni jusqu'à son dernier soupir *, et MontmoUin l'admit à la communion le dimanche suivant (c sans difficulté

1. Lettre à Moultou, 17 fô- 1 M«« de Boufflers, 30 octobre vrier 1763. Voir aussi Lettres i 1762. — 4. Lettre de Rousseau à

de Marcet à Roitsseau, 3 août, et Réponse de Rousseau, 20 août 1762; de Rousseau à Moul-tou, 8 ei 21 octobre 1762, etc. — 2. Lettres diverses, notamment du 23 septembre

MontmoUin, 12 août, d'après Toriginal, ou, diaprés MuntmoUin, 24 'août 1762. Voir Lettre de MontmoUin à Sarasin, 25 sepiembre 1762. Voir aussi pour tout ce qui concerne la

1762, à Pictet ; du 6 juillet, I communion de Rousseau, un

du 15 novembre, du 19 <lérem- i autre ouvrage de Fa. Ber-

bre 17rt2; du 30 jauvier 1763, ! thoud, J.-J. Rousseau et le

à Moultou. — 3. Lettre à pasteur de MontmoUin, III.

et même avec empressement; sans qull ait même été question d'explication ni de rétractation *. » Était-ce suffisant? Moutinoilin le crut. On lui avait recommandé Rousseau comme « une personne de mérite et de mœurs ; » il avait pu admirer sa douceur, son affabilité, sa modération, ses aumônes; il Tavait vu fréquenter avec assiduité, respect et dévotion les saintes assemblées, au point d'être devenu un objet d'édification pour tout le pays; il avait des motifs de croire qu'il avait renoncé à écrire ; il avait pu juger de sa prudence et d^ sa sagesse en face des questions indiscrètes ; il en avait obtenu les assurances les plus formelles sur son attachement à la religion réformée et l'expression la plus nette de son désir d'approcher de la sainte table. Rousseau avait d'ailleurs fourni les explications les plus favorables sur les équivoques auxquelles avait donné lieu son livre. On s'était mépris, avait-il dit, sur ses intentions ; il avait eu, en le composant, un triple but : combattre l'Église romaine et surtout son principe, hors de l'Église, point de salut ; s'élever contre louvrage infernal De l'Esprit et son matérialisme ; foudroyer nos nouveaux philosophes, qui sapent par les fondements et la religion naturelle et la religion révélée. Enfin MontmoUin ne s'était pas livré uniquement à son propre jugement, mais il avait pris l'avis de son consistoire, sorte d'assemblée de paysans, fort peu compétente sans doute en fait d'orthodoxie ; surtout il avait agi avec l'assentiment de la classe des pasteurs de Neuchâtel qui, sans renoncer à poursuivre

1. Lettrée à Jacob Vemet, 1 à M"« de Boufflers^ 30 octobre 31 août; d ATouZ/oti, septembre; [ 1762.

Y Emile, avait cependant incliné vers le parti de la charité et de la tolérance ^ Ces raisons, quoique présentées avec beaucoup d'art, n'eurent pourtant pas l'avantage d'être unanimement acceptées.

Rousseau, qui comptait sans doute sur sa cominunion pour se réhabiliter dans Tesprit de ses concitoyens, ne manqua pas d'en informer ses amis, et même un peu ses adversaires '. Grande nouvelle en effet, qui d'abord parut répondre à son attente. « Votre lettre à. M. de MontmoUin, lui répondit Moultou, a ranimé le courage de vos amis. On en a bien deux cents exemplaires *. » Par malheur il n'y eut pas que les amis à la lire. Vernet la lut, ce qui ne l'empêcha pas, comme on sait, de publier sa réfutation de ï Emile ; Sarasin la lut aussi et prit en main les intérêts de l'orthodoxie protestante. «L'ouvrage, d'après M. Rousseau, porte avec soi tous ses éclaircissements ; mais c'est précisément, dit Sarasin, parce que le livre est assez, et trop clair, qu'il n'est pas possible, ne fût-ce qu'à cause de l'édification publique, d'en admettre l'auteur à la communion , sans une rétractation formelle des principes d'incrédulité qu'il a mis au jour, et qui sont connus de l'univers*. » Voilà donc, dès le premier jour, deux courants, et entre les deux, le pauvre MontmoUin désorienté, car il aurait bien voulu satisfaire tout le monde, et par surcroît, remplir ses devoirs de pasteur.

Chacun, à Genève, s'intéressait à cette affaire ; Rousseau et MontmoUin étaient assaillis de visites

1. Lettre de MontmoUin à Saraêin. s. d. — 2. Lettres à Jncob Veniet, 3t aoûU cl à Moultou, Iw septembre 17ô2. —

3. Lettre de MouHou à Poilssfau, 22 septembre 1762. — /i. Lettre de sarasin à AJoutmol^ lin, 14 septembre 1762. —

et de questions ; on aurait voulu exploiter la lettre de MontmoUin à Sarasin comme on avait fait de celle de Rousseau; il n^est pas d'instances qu'on n'ait tentées auprès du pasteur, pour en obtenir la publication ou au moins des copies. La connaissance de cette lettre, disait d'Ivernois, est d'une absolue nécessité. On n'en espérait rien moins que la révision du procès de V Emile et le retour de Rousseau dans sa patrie ^ MontmoUin, malgré son désir d'être utile à son paroissien, ne se prêta qu'à moitié à ces demandes.

Ceux des partisans de Rousseau qui l'auraient voulu plus chrétien n'étaient pas, du reste, les moins empressés à solliciter la publication de la lettre. Ils espéraient, en effet, qu'elle favoriserait le retour complet à la religion de leur illustre compatriote, retour que hâterait encore la douceur et la tolérance du pasteur*.

Ainsi l'on ne rêvait à rien moins qu'à convertir l'auteur du Vicaire savoyard. MontmoUin s^attacba à cette ingrate besogne avec un zèle qui, plus d'une fois sans doute, dut faire sourire le néophyte. Il multiplia auprès de lui ses conversations et ses exhortations ; stimulé par Sarasin, il lui proposa une formule de rétractation, ou du moins, lui demanda des explications écrites. Un moment, il s'imagina être à la veiUe de réussir. « Entre nous, dit-il, je crois qu'il ne s'écoulera pas bien du temps pour que le pubUc et TÉgUse ne reçoivent de rédification de la part de M. Rousseau. L'ouvrage est heureu-

1. Mire de d'Ivernois, 23 no- — 2. Lettre de Boustan à Mont" vembre 1762, et de Deluc, ! moUin, 18 octobre 1762. 22 janvier 1763, à MontmoUin. \

sèment commencé, et je crois que je ramènerai à sa perfection*. » Brave pa^^teur ! sa naïv té a- rait de quoi surprendre, si Jean-Jacques n'avait lui-même travaillé à Tentretenir. Non content de subir tous les sermons qui lui étaient infligés, n'alla-t-il pas jusqu'à annoter et corriger de sa main une lettre, précisément la fameuse lettre du 25 septembre, dans laquelle MontmoUin exposait ses sentiments religieux. Plus tard, quand il fut brouillé avec MontmoUin, il chercha, il est vrai, à atténuer la valeur de cet acte, à montrer qu'il n'était pas responsable des idées qu*on lui prêtait^; mais ses annotations et ses corrections peuvent-elles être autre chose qu'une approbation, aussi bien de ce qu'il avait laissé que de ce qu'il avait écrit ?

Une maladie qu'il fit alors vint encore réchauffer le zèle du pasteur'; mais les exhortations suprêmes ne furent pas plus efficaces que les autres. Jean- Jacques guérit et ne donna point à l'église protestante l'édification tant désirée \

La communion de Rousseau prêtait au ridicule auprès des libres-penseurs; Voltaire n'eut garde de laisser échapper une aussi bonne occasion de plaisanter*. Rousseau d'ailleurs , en parlant de Voltaire, montra que, lui aussi, savait au besoin avoir de l'esprit et manier agréablement la plaisanterie ^

1. Lettres de MontmoUin à Boustan^ 30 octobre 1762. — 2. Uttre à Duppyrou, 8 août 1 765.

— 3. Lettres de Rousseau à MouU tau, 19 décembre; de MontmoU lin à Sarasin^ fin décembre

1762. — 4. Lettres de Sarasin à MontmoUin, 9 février et 5 mars

1763. — 5. Lettres de Volttiireà DamilavilU, 9 et 18 septembre

1 762, et Réponse de DamilaviUe ; — à d'Alembert^ 18 septembre, et Réponse de d*Alembert, le 23 septembre 1762. -- 6. Voir par exemple la Conversation de M. de VoUaire avec un de ses ouvriers, dans une lettre à 3f-« de Bouf fiers du 30 novembre 1732.

M"' de Boufflers , presque la seule personne qui eût conservé avec Rousseau une certaine liberté de langage, le blâma nettement. L'autre s'expliqua, donna des raisons, dit des choses dures ^ et chacun, comme il arrive d'habitude, garda son sentiment. M"* de Boufffers ne voyait dans la conduite de Rousseau qu'une habileté qui n'en imposerait à personne et donnerait une nouvelle prise à ses ennemis; Rousseau, plus convaincu ou plus adroit, présenta sa communion comme un acte de conscience et de loyauté, et sans rien rétracter de ses idées, se donna comme un bon chrétien et un calviniste fervent. Il avait l'absolution de son pasteur; bien exigeant serait celui qui lui en demanderait davantage *.

On comptait sur la communion de Rousseau pour préparer son retour à Genève. Il est certain qaon manœuvra dans ce sens, et peut-être aurait-on réussi, si le principal intéressé s'était prêté aux bons offices de ses amis. « Des foules de Genevois, ditil, sont accourus à Motiers, m'embrassant avec des larmes de joie, et appelant hautement M. de Montmollin leur bienfaiteur et leur père. Il est même sûr que cette affaire aurait des suites, pour peu que je fusse d'humeur à m'y prêter". »

Deluc, le plus ardent des amis de Rousseau, avait tout un plan à ce sujet. Plus de quatre cents citoyens et bourgeois s'étant abstenus de voter aux élections des magistrats, « Je n'ignore pas, écrivit Deluc, que la violation de nos lois à votre égard en est le principal motif. J'ai vu MM. les sjiidîcs,

4. Lettres de M^* de Boufflers à Rousseau^ 22 octobre, 10 novembre, 15 décembre 1762; liépanses de Rousseau, 30 octobre

et 26 novembre 1762. Conf,, 1. XII. - 2. Lettre à AT-» de Boufflers, 30 octobre 1762.

que j'ai trouvés disposés à concourir à mes vues, pourvu que je leur remette les raisons de Monsieur votre pasteur, qui Font déterminé à vous admettre à la sainte Cène... Je leur remettrai la lettre de M. le professeur de MontmoUin , et je ne doute pas qu'ils ne soient satisfaits... Si mon plan réussit , comme je Tespère , vous viendrez alors à Genève... Dès que vous seriez arrivé, nous irions ensemble chez M« le premier syndic, auquel vous diriez ce que vous jugeriez à propos. Vous communieriez à Noël ; huit jours après , vous donneriez votre suffrage au Conseil général, pour Félection de MM. les syndics , sans aucune formalité préliminaire. Par ce moyen, vous seriez réhabilité, et vos envieux auraient la bouche fermée*. » D'autres engageaient Jean-Jacques à venir et à se présenter, entouré de ses amis^ dans la pensée que le Conseil n'oserait jamais l'expulser; ou bien, comme Moultou , voulaient qu'il donnât des explications. On sait la manière dont il répondait à ces ouvertures. Le pays, au fond, était très divisé. Voltaire avait de nombreux partisans , surtout dans l'aristocratie ; plusieurs cependant, même parmi les membres des Conseils, ne voyaient pas sans inquiétude les conséquences possibles de ces conflits et n'auraient pas été fAchés de rouvrir la porte à leur illustre concitoyen. A une condition toutefois, c'est qu'il ferait quelque soumission, ou au moins, donnerait des explications. Quel est le tribunal qui consent à se déjuger sans nouveaux motifs? Quant au peuple, il tenait franchement pour Jean-Jacques. Entre les

i. Lettre de Delucà Rousseau, î MaughaS, ch. xi. 23 novembre 1762. Voir G. 1

deux , le clergé , qui était à la fois peuple et aristocratie, qui avait une mission de paix, aurait voulu la conciliation. Nous savons que, parmi les pasteurs, il y en avait que les idées religieuses de Rousseau n'offusquaient qu'à moitié : n'étaient-ils pas couverts par Montmollin, lé propre pasteur de Jean-Jacques? Du reste , comme on n'avait guère qu'à choisir entre l'impiété de Rousseau et celle de Voltaire, il ne pouvait y avoir d'hésitation. Voltaire lui-même, avec sa légèreté habituelle, aurait assez facilement pris son parti du retour de son adversaire. Il s'y était attendu dès le principe. « Jean-Jacques reviendra, avait-il dit. Les syndics lui diront : Monsieur Rousseau, vous avez mal fait d'écrire ce que vous avez écrit; promettez de respecter à Tavenir la religion du pays. Jean-Jacques le promettra, et peut-être il dira que l'imprimeur a ajouté quelques pages à son livre ^ » Mais précisément Jean-Jacques ne voulait entendre parler ni de rétractation, ni de promesses, ni de soumission d'aucune sorte. Ses amis s'y étaient employés, mais en vain. Il en revenait toujours à son refrain : « Depuis quand est-ce à l'offensé de demander excuse? Que Ton commence par me faire la satisfaction qui m'est due; je tâcherai d'y répondre convenablement*. » On était loin de s'entendre.

Cependant Jean-Jacques n'avait pas attendu ces satisfactions, qui ne devaient jamais arriver, pour préparer sa défense. L'idée lui en avait été suggérée par Moultou '. Il est vrai de dire que d'abord il la rejeta vivement *. Moultou s'était alors offert à faire

1. Lettre de Moultou à Rous- | Moultou à Rousseau, 22 juin et seau, 7 Juillet 1762. — 2. Utlre 1» juillet 1762. — 4. Lettre à à M. X,, 1763. — 3. UUres de \ MouUou, 6 juillet 1762,

lui-même le travail, à la condition que Rousseau lui donnerait un canevas*. Celui-ci, que son expulsion du canton de Berne rendait plus accommodant, accepta Toffre de Moultou, mais refusa de lui donner le canevas demandé, quoique certainement la lettre qu'il écrivit à Marcet, sous le couvert deMoultou lui-même, en pût bien tenir lieu. On la croirait rédigée par un vieux procureur chicanier. Jean- Jacques y réduit ses moyens de défense à six chefs : 1* Sa Profession de foi est-elle si évidemment contraire à la religion établie à Genève, qu'on ait pu se dispenser de consulter les théologiens? 2'' Jean- Jacques Rousseau est-il Fauteur du livre qui porte son nom? Comment s'est-on dispensé de le lui demander? 3° Le Parlement de Paris, prétendant que le livre a été imprimé à Paris, a, par une procédure îrrégulière, décrété l'auteur sans l'entendre; le Conseil de Genève n'a pas même ce prétexte. 4' La Profession de foi est- elle Texpression des sentiments de Rousseau , ou la citation d'un écrit dont il se fait simplement l'éditeur? 5° A l'égard du Contrat social^ si Ton admet avec l'auteur qu'une religion est toujours nécessaire à la bonne constitution d'un État, se trouve-t-on obligé d'en conclure que le Christianisme est cette religion indispensable à toute bonne législation civile? Ne peut-on pas regarder par exemple Sparte et Athènes comme ayant été bien constituées, quoiqu'elles n'aient pas cru en Jésus-Christ? Et si l'auteur s'est trompé à cet égard^ a-t-il commis un crime punissable, une hérésie, ou une erreur politique? 6** Ses deux grands principes de gouvernement sont que, légitimement,

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