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parlant de lui, à élever et à généraliser les questions. Avec son incomparable tarent de polémiste, il était donc dans les meilleures conditions pour produire un chef-d'œuvre.
Tronchin, qui était Tàme du Petit Conseil, avait vraisemblablement dicté les réponses qui avaient été faites aux représentants ; son livre n'en est que le développement. Parmi beaucoup de points trop spéciaux à la constitution de Genève pour qu'il soit utile de s'y arrêter, il remarque que Rousseau luimême, par une délicatesse patriotique qui l'honorait, avait rendu le retrait de sa condamnation sans objet, en déclarant son abdication irrévocable. — Mais la flétrissure ? Il n'y en a point, répond Tronchin. Rousseau a été décrété comme l'auteur présiimé de deux ouvrages jugés mauvais. Cette mesure, dans la pensée du Conseil, n'est qu'un appointement provisoire, une mise en accusation, nullement une condamnation. Qu'au point de vue philosophique, il soit permis ou non, de tout dire en religion, le Conseil n'a pas à s'en occuper, mais simplement à appliquer la loi. Or, elle est formelle. Le premier article du serment des bourgeois « les oblige à vivre selon la réformation du saint Évangile ; le premier devoir des Syndics et du Conseil est de maintenir la pure- religion. » C'est bien à eux d'ailleurs qu'il appartient d'appliquer cette loi, car « tout ce qui est du ressort de l'autorité, en matière de religion, est du ressort du gouvernement. C'est le principe des Protestants, et c'est singulièrement le principe de notre Constitution, qui, dans le cas de dispute, attribue aux Conseils le droit de décider sur le dogme*. »