‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 76 sur 158 · Lettres de la Campagne^ lettre III · texte numérisé non relu

Lettres de la Campagne^ lettre III

écrasant ses adversaires sous les coups d'une polémique implacable, qu'il pouvait se flatter d'apaiser les esprits. Qu'il ait précédemment abandonné la lice, c'est possible ; mais il y rentrait ce jour-là, non en simple combattant, mais comme le chef d'un des partis. Il avait deux objets en vue : d'abord luimême, et en second lieu ses amis les Représentants; or, dans l'un comme dans l'autre cas, il se montrait également ardent et agressif.

Lui reproche- t-on ses erreurs? — Quel livre, dit-il, n'en renferme pas, et qui les lui signalera? Il n'est pas infaillible ; — ses juges ne le sont pas davantage. Qu'on laisse donc? le public arbitre de ces questions *. Mais si Ton tient à toute force à les trancher, qu'on charge un tribunal ecclésiastique, le Consistoire, de décider sur les dogmes et la reli-' gïon '. Lui reproche-t-on d'être infidèle à ses serments de bourgeois? — Qu'on dissèque sa vie, qu'on dise s'il est un homme à pratiques et à machinations*. Veut-on entrer dans le détail de ses idées? — Ses livres sont là. Qu'on le juge sur ce qull a dit et non sur ce qu'on prétend qu'il a voulu dire. « Lisez et jugez : Malheur à vous si, durant cette lecture, votre cœur ne bénit pas cent fois l'homme vertueux et ferme qui ose instruire ainsi les humains! Eh! comment me résoudrais-je à justifier cet ouvrage, moi qui crois effacer par lui les fautes de ma vie entière ; moi qui mets les maux qu'il m'attire en compensation de ceux que j'ai faits ; moi qui, plein de confiance, espère un jour dire au Juge suprême : Daigne juger dans ta clémence un homme faible : J'ai fait le mal sur la

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