Lettre à d*lvemois, 30 décembre
âlS LA VIE ET LES OEUVRES
savoir qu'il court quelques chiffons de papier où il est question de lui. S'ils lui tombent sous la main, qu'il n'y fasse pas attention ; ils étaient écrits avant que je connusse ses sentiments. » Et là-dessus, s'engagea entre d'Ivernois et Voltaire, en présence de Deluc, une discussion en règle, où chacun prit à tâche de détruire les raisons de son adversaire et de faire valoir les siennes propres. « Le Vicaire savoyard y dit Voltaire, m'a toujours paru un excellent ouvrage, et susceptible du sens le plus favorable. J'ai condamné hautement, je condamne et je condamnerai toujours ceux qui ont cru flétrir cet ouvrage en le faisant brûler. Il n'y a qu'un scélérat qui puisse dire que j'ai eu la moindre part à la condamnation de M. Rousseau. J'aimerais autant qu'on dit que j'ai fait rouer Calas que de dire que j'ai persécuté un homme de lettres... Il est faux et calomnieux que j'aie jamais écrit à Paris ni ailleurs contre M. Rousseau ; il est également faux que je me sois entretenu de lui avec M. Bertrand de Berne... Je ne me suis vengé qu'en plaisantant. M. Marc Ghapuis est témoin que j'ai offert une maison à M. Rousseau ; écrivez-lui, Monsieur, que je la lui offre toujours, et que, s'il veut, je me fais fort auprès des médiateurs de le faire rentrer dans tous ses droits, à Genève. J'offre de vous donner cette déclaration signée de ma main, que vous pourrez rendre publique, si vous le trouvez à propos. » Ce fut, en effet, dans cette circonstance qu'il écrivit à Lullin la lettre dont nous avons parlé ci-dessus ^
D'Ivernois, sans être entièrement persuadé, jugea qu'on pouvait, en tout cas, profiter des bonnes dis-