Lettres à M"« de Bouf fiers
9 avril; à F. H, Rousseau,
10 avril ; à lord A'., 19 avril ; à M. X., avril ; à Malesherbes, 10 mai 1766. — 2. Villemain,
Cours de littérature, xvin* siècle, 28« leçon. — 3. Grimm, Correspondance littéraire, 15 octobre 1766.
BE JISAN-JAGQUES BOUSSEAU, 393
connaissait Hume depuis longtemps, avait plus d'autorité que tout autre pour parler de lui. Il expliqua certains faits, en atténua d'autres, insista sur les malentendus et plaida en faveur des intentions *. M"* de Verdelin venait précisément de voir une lettre où Hume , faisant le plus bel éloge de Rousseau^ disait de lui : « C'est un homme selon mon cœur. » M"** de Verdelin ne peut donc regarder les appréciations de Rousseau que comme des soupçons, auxquels peut-être Thérèse n'est pas étrangère. «Et si Hume n'est pas coupable, dit-elle, quel coup affreux pour lui; j'oserais dire pour vous, qui avez le cœur si bon, si juste!... et puis quel effet dans le monde pour tous les deux. Je vous assure que mon sang se glace de toutes ces pensées ^. »
Rousseau va-t-il au moins se déclarer sûr de ce qu'il avance? Pas le moins du monde. « Telle est, dit-il, la déplorable situation de mon âme, que, sans être absolument convaincu, je suis tous les jours plus persuadé. Mais tôt ou tard, le temps découvrira la vérité. Avec quelles larmes de joie je confesserai alors mon erreur et mon indignité ! Mais non; chaque jour, des indices nouveaux achèvent de m'accabler , et jusqu'à ma iernière heure , mon cœur sera déchiré de cette persuasion funeste que le meilleur des hommes s'est pour moi seul transformé, dans le plus noir '. »
Pendant ce temps-là. Hume, ne se doutant de rien, se croyait au mieux avec Jean- Jacques, lui écrivait sur le ton de l'amitié et s'occupait de ses in-
i. Lettre de Miiord Maréchal i Rousseau, 27 avril 1766. — à Rousseau, 26 avril 1766. — 3. Lettre à 3f-o de Verdelin,