STENDHAL ET VICTOR JACQUEMONT
et lui chantant son répertoire, pour le consoler d'une calomnie dont il avait été l'objet. Elle vint à Paris en 1824 ; et, en 1833, Mérimée « l'adressait » à son ami Sutton Sharpe à Londres...
Victor Jacquemont, ami intime intime de Beyle et Mérimée, a donc pu connaître M"^ Schiassetti, jolie quoique bossue, et en être amoureux, comme il le fut de Judith Pasta. Mais sa grande passion fut M^^ de Lavenelle. femme d'un espion possédant 40.000 francs de rente et qui avait charge de rendre compte aux Tuileries des actions et propos du général de Lafayette. Le portrait que nous en a laissé Stendhal n'est pas très flatteur, ce C'était une femme sèche comme un parchemin, sans nul esprit, et surtout sans passion. Elle ne pouvait être émue que par les belles cuisses d'une compagnie de grenadiers défilant dans le jardin des Tuileries en culottes de Casimir blanc. » « Elle acheva de me dégoûter, ajoute Beyle, des propos libres en français. »
C'est sur les instances de sa famille, qui déplorait cette liaison, que Jacquemont aurait entrepris ses excursions scientifiques dans l'Inde, d'où il ne devait pas revenir. (Cf. Souvenirs d'Egotisme et Correspondance de Stendhal, 1^*08, tome II, passim).